Les téléspectateurs de TF1 peuvent actuellement l’admirer à l’affiche de La Belle et le boulanger, le lundi soir. Dans cette mini-série franco-belge, Mathilda May interprète Myriam Mercier, la maman du héros Benjamin Mercier (campé par Amir Haddad). Ce dernier travaille dans la modeste boulangerie familiale de son père, dans la banlieue de Paris. Un jour il tombe fou amoureux d’une top-modèle internationale. À l’écran, le mari de Mathilda est Lionnel Astier, le papa d’Alexandre. Elle rêve d'une vie de couple plus trépidante et d’un mari qui s’intéresserait davantage à sa nouvelle coiffure… Dans la vraie vie, la comédienne a, elle aussi, rencontré l’amour. C’était il y a trente-deux ans, en 1994, et le prince charmant s’appelait alors Gérard Darmon.
À l’époque, Mathilda May enchaîne les longs-métrages, après son César 1988 du meilleur espoir féminin pour Le Cri du hibou, de Claude Chabrol. Elle est apparue dans Grosse fatigue de Michel Blanc et joue dans la pièce Le Retour d'Harold Pinter au théâtre parisien de l'Atelier avec, notamment, Patrick Chesnais. Elle vient de rencontrer Gérard et admire son charisme. “Il apparaît quelque part, n’importe où, et on ne voit que lui. Alors que moi, je peux très facilement passer inaperçue”, confiera la native de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) dans le magazine Paris Match en 2018. À l’Atelier, Mathilda sait que son nouvel amoureux est dans la salle. Cela la paralyse tant qu’elle devient aphone. “Plus un son. Je me racle la gorge, je force, je pousse, rien. Chesnais m’apporte un verre d’eau, la salle entière souffre pour moi. Je vais crever, là, devant tout le monde. Ils ont pitié. Finalement, dans un râle, chuchotant comme après une trachéotomie, ma voix est revenue.”
© BestImage, RINDOFF-GARCIA / BESTIMAGE
Malgré ces débuts difficiles, Mathilda et Gérard Darmon resteront ensemble jusqu’en 1999. Ils auront deux enfants, Sarah et Jules, nés en 1994 et 1997, les seuls qu’aura leur maman. Avant leur père, elle confiera avoir été malchanceuse côté cœur avec de mauvaises rencontres. “Des prédateurs, des cerveaux pervers m’ont infligé des violences psychologiques que je n’aurais jamais imaginées. Mais comme j’avais une mauvaise estime de moi, je ne me sentais pas digne d’être aimée. Alors j’avais bien de la chance qu’ils veuillent de moi ! Il m’a fallu faire le ménage dans ma tête.” Elle a donc eu le courage de suivre une psychanalyse. “Je n’avais pas le choix, j’étais dans un mal-être tellement profond. Pour trouver ma vérité, j’avais besoin de me faire aider. Je n’étais plus en état de fonctionner.” Surtout, elle devait être bien dans sa tête pour ses enfants. “J’étais responsable de leur avenir, je risquais de leur transmettre des douleurs, un héritage qui ne m’appartenaient pas.”
© Abaca Press, Hahn Lionel/ABACA
Elle a réussi son pari car ses rejetons sont devenus des adultes bien dans leur peau. Mieux, ils sont des créateurs comme leurs parents. Sarah a suivi une école de gestion puis a fondé Kosame, une marque qui imagine et commercialise toute une gamme de tables, sièges, bibelots en bois de tek magnifiques, sobres, en bois de teck, d’Indonésie. Sur son site, Sarah partage son “rêve de créer une communauté engagée qui partage nos valeurs à travers des projets durables et éthiques”. Dans un autre domaine, son petit frère a suivi une école de musique. Après son baccalauréat au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, Jules a intégré, de 2014 à 2016, la formation ATLA en musiques actuelles, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Nanti d’un cursus en batterie guitare, il a rejoint le groupe Halley avec des camarades rencontrés à l’ATLA. Ils proposaient alors un rock alternatif, progressif et pop. Il a ensuite le groupe Kim Logan & the Silhouettes comme batteur. Sa dernière collaboration connue est avec Sly Johnson. Membre du collectif hip hop Saïan Supa Crew, Sly a été marié… à Mathilda May de 2022 à 2025. Recevant récemment le magazine Gala, Mathilda a eu ces mots : “Je ne me suis jamais sentie aussi libre qu’à 60 ans. Je suis débarrassée de toutes les injonctions. Mes freins ont sauté. C’est surtout un sentiment d’accomplissement qui domine. Aujourd’hui, ma vie me ressemble.” Celles de ses enfants aussi.
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