Prise pour cible ce samedi soir lors d'un concert en Isère, où elle a dû être exfiltrée de toute urgence sous la pression de militants propalestiniens et LFI, la DJ Barbara Butch n'est plus seule face à la tempête. Non seulement le parquet de Grenoble est intervenu et a ouvert une enquête pour "délit d’entrave concertée aux libertés" mais au-delà de la réponse pénale, c'est un véritable élan de solidarité qui s'est organisé dans le milieu artistique pour soutenir la figure des nuits LGBTQ+.
À l'initiative de Jonas Pardo, directeur de l'association Boussole antiraciste, une tribune publiée dans les colonnes de Libération a rassemblé pas moins de 300 personnalités du monde de la culture.
Parmi les visages familiers ayant apposé leur signature, on retrouve les comédiens Alain Chabat, Géraldine Nakache, Vincent Elbaz et Ludivine Sagnier. Mais le monde du 7e art et des lettres est bien plus largement représenté : les célèbres réalisateurs belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, le directeur du Festival d’Avignon Tiago Rodrigues, l’écrivaine Marie Darrieussecq, sans oublier des figures intellectuelles comme l’historien Patrick Boucheron ou la sociologue Eva Illouz.
Tous dénoncent d'une seule voix une dérive intolérable. Si les auteurs du texte rappellent le droit légitime au combat politique, ils soulignent fermement que cela "ne saurait justifier la diffusion d’accusations infondées visant une personne en raison de son identité ou de supposées appartenances, ou même de ses opinions".
À l'origine de cette vive tension lors de sa soirée grenobloise, un appel au boycott avait été lancé en raison de son engagement passé. L'artiste avait en effet signé un texte appuyant une proposition de loi sur la lutte contre l'antisémitisme. Un geste qui lui vaut aujourd'hui, selon le collectif de stars, d'être "visée à travers des imaginaires antisémites et LGBTphobes dont l’histoire est ancienne".
De son côté, la DJ de 45 ans et son avocate Me Audrey Msellati sont sorties du silence dans les colonnes du Monde, expliquant que des plaintes étaient déjà prêtes à être déposées. Déjà victime d'une vague de cyberharcèlement alliant cyber-violence, grossophobie et lesbophobie après son tableau remarqué lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, la star des platines avait déjà déploré sur ses réseaux sociaux les amalgames incessants faits autour de ses origines et de sa foi.