Alain Souchon vit la musique en famille. C’est auprès de ses fils musiciens, Pierre et Charles (connu sous le pseudo Ours), que le chanteur s’illustre sur scène. Après son duo formé avec Laurent Voulzy, l’interprète d’Allô maman bobo forme donc un trio père-fils unique en son genre, à l'image des Chédid. Mais c’est sur son père à lui que l’artiste de 81 ans s’est livré dans 20h30 le dimanche ce 25 janvier 2026. Et il n’en a pas eu qu’un.
Sur France 2, Alain Souchon est revenu sur son enfance atypique : “J’ai pas été élevé de façon normale. C’est compliqué mais des gens qui divorcent (...) Tout un bazar !”. Interrogé dans l'émission de Laurent Delahousse, son frère Patrick Souchon clarifie la situation : le chanteur est né hors mariage, une situation “très difficile pour lui”. Et une chose en particulier l’a perturbé.
Alain Souchon ne s’est pas toujours appelé Souchon. À l’origine, il portrait le nom du mari de sa mère, Kienast. Il avait l’interdiction de porter celui de son véritable père, Souchon. Aujourd’hui, il résume ce chaos : “J’avais un nom que je ne pouvais pas porter… Enfin, c’était dingue !". Et cela n'a pas été sans conséquence : "Ça m’a rendu sûrement fouillis dans ma tête”.
Plus tard, sa mère divorcera de son premier époux et se mariera avec son père biologique. Malheureusement, ce bonheur a été de courte durée. En revenant d’un séjour à la montagne, alors qu’ils étaient tous en voiture, un camion se jette sur leur véhicule et son père meurt. Il n’avait que 14 ans. A posteriori, son frère Patrick l’analyse comme un choc psychologique pour leur mère et pour les enfants qui se résume en une phrase : “La vie a changé”.
Même s’il trouvait ça “impudique”, Alain Souchon parlera de cette tragédie dans la chanson 18 ans que je t’ai à l’œil. Il y évoque son fils, une “petite boule blonde” qui s’appelle comme son père, Pierre. Un hommage vibrant qu’il offre à celui qu’il a perdu très jeune. Pour subvenir à leurs besoins, la mère d’Alain Souchon écrira des romans à l’eau de rose et lui transmettra le goût de l’écriture. Les mots étaient son “refuge”. Après des petits boulots, il deviendra chanteur. Il s'avèrera être un poète maniant les jeux de mot et l'humour à la perfection, n'hésitant pas à donner sa propre version de la masculinité. Une vision avant-gardiste saluée dans le reportage par des artistes comme l'écrivain David Foenkinos.
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