L'aventure entreprenariale prend fin pour Jeffrey Cagnes. Placé en redressement judiciaire ces derniers mois, le réseau de boutiques portant le nom du célèbre pâtissier va cesser son activité sous cette enseigne, faute de repreneur, comme l'annonce L'Informé. Après un appel d'offres organisé par le tribunal des affaires économiques de Paris, aucun candidat n'a accepté de reprendre l'ensemble de l'activité. Les différents points de vente seront cédés séparément, mettant un terme à l'aventure entrepreneuriale lancée en 2021 par le chef.
Selon les informations de nos confrères, le tribunal des affaires économiques de Paris a retenu plusieurs offres distinctes pour les principaux emplacements de l'enseigne. Le magasin emblématique situé au 73, rue Montorgueil, dans le IIe arrondissement de Paris, sera repris par l'entreprise Josette, déjà à la tête d'un coffee shop à Neuilly-sur-Seine. Celle-ci a proposé 300 000 euros pour la reprise du site et s'est engagée à investir 200 000 euros supplémentaires afin d'y développer son concept. De son côté, la boulangerie de la rue des Moines, dans le XVIIe arrondissement, reviendra à la société exploitant Maison Louis, une pâtisserie artisanale installée près du Panthéon, dans le Ve arrondissement, pour un montant de 280 000 euros. Jeffrey Cagnes avait pourtant amélioré sa propre offre entre les deux tours de l'appel d'offres. Il proposait 49 000 euros afin de récupérer ces deux établissements ainsi que le showroom développé avec la marque Cupra, mais cette proposition a été jugée insuffisante face aux offres concurrentes.
La société Jeffrey Cagnes Paris a été placée en liquidation judiciaire le 12 juin, après plusieurs mois de difficultés. Créée en 2021, l'entreprise a accumulé un passif important et souffert de "conflits entre associés", selon le rapport de l'administrateur judiciaire cité par L'Informé. Ce document évoque également plusieurs éléments susceptibles d'être qualifiés de "fautes de gestion". Malgré sa forte notoriété et près de 650 000 abonnés sur les réseaux sociaux, Jeffrey Cagnes ne détenait qu'une participation minoritaire dans la société. Chargé de créer les recettes et d'assurer le pilotage opérationnel des boutiques, il ne contrôlait pas la gouvernance de l'entreprise. Conséquence directe de cette liquidation, 15 des 41 salariés seront licenciés pour motif économique, tandis que les autres emplois seront repris dans le cadre des cessions validées par le tribunal. Une issue qui met fin à une aventure entrepreneuriale pourtant portée par l'un des pâtissiers les plus médiatisés de sa génération.
Par l'intermédiaire de son agence, Jeffrey Cagnes tient toutefois à apporter plusieurs précisions. Premier fait important : le pâtissier était associé minoritaire de Jeffrey Cagnes Paris et n'en assurait pas la gestion opérationnelle, et se retrouve lui-même victime de la situation ayant conduit à la liquidation de la société. On apprend ainsi qu'il a choisi de confier la gestion de l'entreprise à un entrepreneur afin de se consacrer pleinement à la création pâtissière et au développement de sa marque. Face aux difficultés rencontrées, il indique avoir obtenu la désignation d'un administrateur provisoire par le président du Tribunal des activités économiques de Paris. Jeffrey Cagnes souligne également avoir présenté une offre de reprise destinée notamment à préserver le plus grand nombre d'emplois, finalement écartée au profit des propositions retenues par le tribunal. Le chef assure désormais se tourner vers un nouveau chapitre de sa carrière avec une structure indépendante, qu'il pilote directement, et une boutique installée place de la Madeleine, développée avec le soutien de CUPRA. Ouf, on pourra retrouver son cookie chocolat et fleur de sel ou encore ses flans aux saveurs d'ailleurs toujours au sein de la capitale.
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