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Bob et Harvey Weinstein: On leur réclame 50 millions pour avoir saboté un film !

Robert Weinstein, producteur américain, 57 ans, est le financier.
Harvey Weinstein, producteur américain, 59 ans, est le cinéphile. Deux frères, deux enfants terribles du cinéma américain, qui, à eux deux, ont révolutionné le septième art, la façon de faire des films, et, à l'instar du Nouvel Hollywood dans les années 70, ont lancé les bases d'un nouveau cinéma indépendant qui allait rapidement devenir aussi rentable et important que le cinéma des studios. Mais à quel prix ?

Leurs méthodes prêtent le flanc à la polémique, et une nouvelle plainte vient le vérifier : en effet, hier, mercredi 2 mars, les deux frères ont eu à peine le temps de digérer leur triomphe aux Oscars qu'une nouvelle plainte a été déposée contre eux pour avoir "saboté" le développement d'un film d'animation, Escape from planet Earth. Ils sont poursuivis en justice et le réalisateur du film, Tony Leech, leur réclame 50 millions de dollars, avançant que par manque de compétences, explosion des délais, indécisions et interférences volontaires, le film pour lequel il était sous contrat avec la Weinstein Company, qu'il a mis quatre ans à écrire et pour lequel il a déménagé et changé de vie, a été complétement saboté et ne verra jamais le jour. Une nouvelle ombre qui vient entacher l'image des frangins...

En 1979, Bob et Harvey fondent la société Miramax (nom donné à leur boîte de production et né de la contraction des prénoms de leurs parents, Miriam - une secrétaire - et Max - un diamantaire), une enceinte de production installée à New York (et non à Hollywood !) qui va très vite exploser grâce au talent hors norme des deux frères comme dénicheurs de talents. Ils financent en effet successivement Sexe, mensonges et vidéo (Palme d'Or à Cannes en 1989), The Crying Game (Oscar du meilleur scénario en 1993), et tous les films de Quentin Tarantino (Reservoir Dogs, Pulp Fiction - Palme d'Or 1994 et Oscar du scénario 1995 -, Jackie Brown, Kill Bill, Boulevard de la Mort, et Inglourious Basterds), mais aussi Le patient anglais (Oscar du meilleur film 1996) ou Shakespeare in Love (Oscar du meilleur film 1999) pour ne citer qu'eux.

Miramax fait rêver depuis le début des années 90 les plus grands studios. Racheté par le mastodonte Disney en 1993 pour 80 millions de dollars, les deux frangins travailleront plus de dix ans avec le studio hollywoodien avant de s'embrouiller avec ses dirigeants en 2003, de quitter le bateau et de finalement devoir céder Miramax. Mais ils rebondissent et créent en 2005 une nouvelle structure totalement indépendante : The Weinstein Company, qui continue de produire des dizaines de films par an, notamment ceux de Quentin Tarantino et de Robert Rodriguez, via leur filiale Dimension Films (structure qui produit aussi les séries Scream et Scary Movie).

Leur dernier triomphe ? Le Discours d'un Roi (voir la bande-annonce ci-dessus), qui a remporté le 27 février pas moins de quatre Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur (Tom Hooper), meilleur acteur (Colin Firth) et meilleur scénario.

Un succès jamais démenti donc. Mais qui a un prix. Haïs, enviés, jalousés, ils le sont. Mais par dessus tout, redoutés. Car la célèbre et très ambitieuse fratrie sait utiliser quand il le faut des méthodes peu orthodoxes. Téléphones arrachés, coups de gueule monumentaux, ordinateurs qui volent à travers les bureaux. Dans leurs locaux, les employés quittent souvent l'aventure en larmes, épuisés psychiquement, usés par les humiliations, anéantis par l'exigence sans borne que demandent les deux frangins. Dans le milieu, les embrouilles ne manquent pas non plus. Ismaïl Merchant (le producteur de James Ivory) a évité Harvey pendant dix ans. Bernardo Bertolucci, qui travailla avec les Weinstein sur Little Buddha, compare Harvey au James Gandolfini des Sopranos. Enfin, Spike Lee a même laché : "Travailler avec Harvey ? Plutôt vendre des hot-dogs !"
Détestés mais aussi adorés. Quentin Tarantino, leur pépite, leur poule aux oeufs d'or, n'a-t-il pas grandement remercié Harvey lors de la remise de son César d'Honneur, le 25 février, comparant le nabab à son "père de cinéma", celui-là même qui l'a fait naître, qui lui a permis de faire ses films et de s'exprimer.
Mais avant tout, les Weinstein sont des génies du marketing (250 nominations et 86 trophées remportés aux Oscars auxquels il faut ajouter trois Palmes d'Or, rien à envier aux plus gros studios hollywoodiens) et ont un flair inouï pour dénicher ce que le public voudra voir.

Cependant, le succès appelle souvent la jalousie et les scandales. Ainsi, après Michael Moore - dont le documentaire Farenheit 9/11, Palme d'Or à Cannes en 2004 et produit par les Weinstein -, qui a porté plainte le mois dernier contre les producteurs pour irrégularités financières en leur réclamant 2,7 millions de dollars (le film en a rapporté 225), les frangins sont de nouveau au coeur d'un scandale financier.

Toujours au bord de la rupture depuis leurs débuts, surfant sur les succès et sachant courber l'échine lorsqu'il faut laisser passer l'orage, les deux frères Weinstein se sont toujours relevés des situations les plus délicates. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ?

A suivre...

Adam Ikx

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