Le pape Léon XIV arrive en France ce vendredi 25 septembre, et son passage ne se résume pas aux rendez-vous religieux et aux images historiques. De Paris à Lourdes en passant par Metz, des centaines de milliers de personnes sont attendues pour assister aux différents temps forts de cette visite prévue jusqu’au 28 septembre. Et derrière cet immense rassemblement se joue aussi une véritable affaire économique. Selon une estimation relayée ce jeudi 24 septembre dans Bonjour !, la matinale de TF1 portée par Bruce Toussaint, les retombées économiques de la venue du pape en France pourraient atteindre 150 millions d’euros. Un joli pactole, même s’il reste inférieur à celui généré par le passage de certaines grandes stars internationales.
Car si l’accès aux célébrations est gratuit, les visiteurs doivent bien se loger, se déplacer et se restaurer. Et dans les villes traversées par Léon XIV, les professionnels constatent déjà un afflux. A Lourdes, l’effet est particulièrement visible dans les transports. Selon les données communiquées par Trainline, les réservations de trajets à destination de la cité mariale ont bondi de 171 % par rapport à la même période de 2025. Près de 150 000 personnes sont attendues au sanctuaire pour la grande messe du 27 septembre. L’hôtellerie profite elle aussi de cet afflux. Dans Bonjour !, Killian Defois, directeur commercial de SiteMinder France, évoque une hausse des réservations de 32% sur la période entourant la visite. Et à Paris comme à Lourdes, certains établissements ont déjà fait le plein. Les restaurants ne sont pas en reste. Autour de Notre-Dame, où le pape se rendra le vendredi 25 septembre pour les vêpres, certains établissements affichent déjà complet depuis plusieurs semaines.
Autrement dit, derrière le rendez-vous religieux, toute une économie locale bénéficie du passage des fidèles. Autre secteur qui profite de l’événement : les souvenirs. La boutique officielle de Notre-Dame propose notamment une médaille millésimée au 25 septembre 2026 à 5 euros, mais aussi des bracelets à 2 euros, un stylo BIC à 6 euros ou encore un sweat à capuche à 30 euros. Et il n'y en aura pas pour tout le monde. En effet, la boutique prévenait d’ailleurs ses clients qu’il fallait commander avant le 18 septembre pour espérer recevoir les articles à temps, précisant : "Victimes de leur succès certains de nos produits sont en cours de réassort." La vente de ces produits contribue au financement du voyage apostolique.
Et cette visite va aussi prendre des airs de grand spectacle. Le vendredi 25 septembre, 80 000 personnes sont attendues au Stade de France pour une grande veillée de prière avec Léon XIV. Plusieurs artistes se produiront avant le début de la veillée, parmi lesquels Anisha Jo, Natasha St-Pier, Grégory Turpin, Monroe, Les Frangines, Les Guetteurs et le rappeur Tagra. La gagnante de la Star Academy 2022 avait annoncé sa participation avec émotion. "Le 25 septembre prochain, j’aurai l’honneur de chanter au Stade de France, à l’occasion de la venue du Pape Léon XIV, aux côtés d’artistes lumineux. C’est une occasion d’unir nos voix et de partager beaucoup de lumière, d’amour et d’unité", écrivait-elle sur Instagram.
Mais si l’événement génère des retombées pour les commerces, il représente également une facture importante pour son organisateur. L’Eglise de France évalue à 27 millions d’euros le budget de ce voyage de quatre jours. Environ 20 millions concernent l’étape parisienne, 3,7 millions Lourdes, entre 600 000 et 700 000 euros Metz, auxquels s’ajoutent 2,2 millions pour les dépenses propres à la Conférence des évêques de France. Cette somme ne constitue toutefois pas une facture directement réglée par l’État. L’Église finance son organisation grâce notamment aux dons et aux recettes liées à l’événement. De son côté, l’État prend en charge la sécurité des personnes et de l’espace public, avec un dispositif exceptionnel pouvant mobiliser jusqu’à 15 000 membres des forces de l’ordre au plus fort de la visite. Le passage de Léon XIV représente donc un paradoxe économique : une organisation qui coûte plusieurs dizaines de millions d’euros, mais qui pourrait générer environ 150 millions d’euros de retombées pour les territoires traversés. Entre hôtels, restaurants, transports et commerces, le "phénomène pape" est déjà bien visible avant même son arrivée.