Une chanson avait suffi à inscrire son nom dans les souvenirs de toute une génération. Tristan, de son vrai nom Pascal Dequatremare, est décédé à l’âge de 68 ans. La nouvelle de sa disparition a été confirmée auprès de l'AFP par son agent artistique, le galeriste Stéphane Mortier. L’artiste s’est éteint à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, quelques heures seulement après avoir célébré son anniversaire.
Son amie proche Anne Israël a apporté des précisions sur les circonstances de sa disparition. "Tristan est décédé hier, au lendemain de son 68e anniversaire, d’un cancer fulgurant", a-t-elle indiqué. Né le 3 août 1958 à Paris, le chanteur venait donc tout juste de franchir le cap des 68 ans lorsque la maladie l’a emporté. Pour le grand public, son nom reste indissociable d’un titre sorti à la fin des années 1980 : Bonne, bonne humeur ce matin. Avec son refrain immédiatement reconnaissable et son ton décalé, le morceau rencontre le succès en 1988 et offre à Tristan une soudaine notoriété. Le single avait alors atteint cette année-là la 51e place du classement des ventes.
Mais derrière cette chanson légère se cachait un artiste au parcours bien plus atypique. Car Pascal Dequatremare n’était pas seulement chanteur. La peinture occupait même une place essentielle dans sa vie depuis son adolescence. Au fil des années, il utilisera plusieurs pseudonymes, dont Tristan pour la musique et Tristam dans son travail de plasticien. Son tube de 1988 avait d’ailleurs déjà permis de faire se rencontrer ses deux univers. Plusieurs de ses propres toiles apparaissaient dans le clip de Bonne, bonne humeur ce matin. Une vidéo qui, près de quarante ans plus tard, possède également une autre particularité.
Et pour cause, elle avait été réalisée par un tout jeune Mathieu Kassovitz. Ce n’est d’ailleurs pas le seul futur grand nom du cinéma français associé à ce clip. Vincent Cassel y apparaissait également comme figurant. Bien avant de devenir l’un des acteurs français les plus connus de sa génération. Une étonnante réunion de talents à leurs débuts. Mais bien avant Bonne, bonne humeur ce matin, Tristan avait déjà une solide expérience artistique derrière lui. Son histoire musicale débute notamment dans le Paris punk des années 1970. En 1975, il se forme au sein des Guilty Razors, un groupe de punk rock français qui sortira quelques années plus tard le disque I Don't Wanna Be a Rich. L’aventure s’arrête en 1978.
Au début des années 1980, Pascal Dequatremare se tourne parallèlement vers une autre forme de création. Avec César Maurel et Philippe Waty, il participe à la fondation des Musulmans fumants, collectif d’artistes qui se fait remarquer dans le milieu de l’art urbain. Leur première exposition est organisée en 1981 dans un local situé rue des Blancs-Manteaux, dans le Marais, à Paris. Le collectif poursuivra son aventure jusqu’à la fin de la décennie. C’est au milieu de cette effervescence artistique que Pascal Dequatremare tente finalement sa chance seul dans la musique. En 1988, sous le nom de Tristan, il dévoile Bonne, bonne humeur ce matin. Le succès du titre lui ouvre les portes d’une carrière solo.
D’autres titres suivront. Après Bonne, bonne humeur ce matin, Tristan sort notamment Je veux un bébé en 1989, puis La chanson des poissons en 1991 et Costume jaune l’année suivante. Son premier album studio, Les femmes et les enfants d’abord, paraît en 1991 chez Disques Dreyfus. Le succès espéré n’est cependant pas au rendez-vous et son contrat n’est pas renouvelé. Entre-temps, l’artiste s’offre même une courte parenthèse télévisuelle. En 1991, il devient animateur sur M6 et intervient le matin, entre 7 heures et 9 heures. Après des années difficiles dans la musique, Pascal Dequatremare choisit finalement de tourner la page de la chanson. Il revient pleinement à l’une de ses premières passions : la peinture. Il installe notamment son atelier dans le quartier de la Croix-de-Chavaux, à Montreuil, en Seine–Saint-Denis, et poursuit son travail de plasticien sous le pseudonyme de Tristam.