Si l’histoire d’amour entre Cécilia et Richard Attias était une ville, elle serait New York. Sans aucune hésitation. D’abord car c’est entre les immenses buildings, les vendeurs de hot-dogs, les traders pressés et les taxis jaunes que tout a commencé entre eux. C’était à l’été 2005. Alors en couple avec Nicolas Sarkozy, encore ministre de l’Intérieur, Cécilia Attias quitte la France pour les États-Unis. Là, elle est photographiée main dans la main avec Richard Attias, publicitaire renommé de trois ans son cadet qui fête ce 19 novembre son 66e anniversaire. Les clichés sont affichés en Une de Paris Match le 25 août. "À Paris, à Manhattan, comme en mai à Pétra, Cécilia et Richard Attias ne font pas mystère de leur complicité", titre l’hebdomadaire.
Cette couverture coup de tonnerre oblige alors Nicolas Sarkozy à se justifier sur leur vie privée, déjà au cœur de rumeurs persistantes. “Comme de nombreux Français, nous avons connu des difficultés que nous essayons de surmonter", réagit alors le futur président de la République. Surmonter… ou plutôt jouer la comédie ? Bien qu’amoureuse de Richard Attias, Cécilia Attias est revenue au côté de Nicolas Sarkozy en 2006. Le chef de l’UMP s’était jeté dans la course à l’Élysée. Lui fallait-il une présence féminine pour la remporter ? “Il n’y avait aucun deal, jurera-elle plus tard sur les ondes de RTL. J’ai vraiment essayé avec mon cœur et toute mon âme de reconstruire ma famille.” Mais il était déjà trop tard. Devenue Première dame en mai 2007, Cécilia Attias a compris que son couple était fini.
© Paris Match, Paris Match
Pourtant, ils ont tout tenté. Dès son premier été à l’Élysée, le chef de l’État suit sa future ex-épouse aux États-Unis. On les retrouve à Wolfeboro, à une centaine de kilomètres de Boston. “Je sentais que plus rien ne plaisait à Cécilia. Elle eut l’idée étrange de passer nos vacances d’août aux États-Unis avec des amis qui y avaient loué une maison. J’aurais pu m’y opposer. Je ne l’ai pas fait”, écrira-t-il dans Le Temps des tempêtes, tome 1. Mais l’air du Massachusetts ne peut rien changer et leur couple se délite. En octobre, ils se séparent. Dans un communiqué laconique, l’Élysée annonce alors que Nicolas Sarkozy et Cécilia Attias “ont divorcé par consentement mutuel”.
Dans la foulée, leur avocate commune, Me Michèle Cahen, confirme sur Europe 1 que “tout a été réglé dans les termes d'une convention de divorce qui a été homologuée par le magistrat. Il n'y a eu aucun problème”. Il devient alors le premier président à divorcer pendant son mandat. Elle, quitte le père de son fils Louis pour retrouver son “amant”. Celui qu’elle avait rencontré trois ans plus tôt par l’intermédiaire… de Nicolas Sarkozy. C’est en effet lui qui avait engagé Richard Attias pour organiser son grand meeting au Bourget qui lui a permis de conquérir la tête de l’UMP. “Je me suis sentie redevenir moi-même sous le regard d'un homme que je connaissais à peine”, écrivait son ex-épouse dans son livre Une envie de vérité.
"Il dégageait une impression de sécurité qui le mettait totalement en accord avec lui-même, racontait Cécilia Attias. Il incarnait un monde à l'opposé de celui que je voulais fuir et où régnait la superficialité trompeuse (…) J’avais soudain devant moi un homme solide, précis, posé, rassurant pour la personne inquiète que j'étais devenue.” Entre eux, ça a été comme une évidence. Même si leur relation a fait jaser dans les plus hautes sphères. Politiques bien sûr, mais aussi entrepreneuriales. Car Richard Attias compte dans le monde des affaires. Directeur général de la SSII Econocom, patron de l’entreprise Naphtalie, PDG de Publicis Dialog, on lui doit l’organisation de l’Euro de football en 2000 et celle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, dès 1995. Cet homme qui pèse, amant de la Première dame ?
"Un grand chef d'entreprise est venu me voir pour me dire : 'J'aurais bien continué avec vous, mais on m'a fait comprendre que j'y perdrais plus que je n'y gagnerais'", racontera plus tard Richard Attias dans L’Obs. Qu’importe les pressions ressenties, l’amour est plus fort que tout. Débarqué de Publicis en 2008 juste après l'officialisation de leur idylle, Richard Attias a d’abord posé ses cartons à Dubaï avant de s’installer à New York. Il trouve alors pour sa nouvelle société des bureaux au 17e étage d'un immeuble au 555 Madison Avenue. "L'emplacement est idéal. À proximité du lycée français où est inscrit Louis Sarkozy, en plein cœur du quartier fréquenté par mes clients et à deux pas de Central Park", se réjouit-il. Un bureau où Cécilia Attias passe la plupart de son temps. Au sein de Richard Attias & Associates, elle a en effet fondé une structure pour défendre la cause des femmes, la Fondation Cécilia Attias for Women.
Et c’est à New York, toujours, que les deux se marient le 23 mars 2008. Cette nouvelle vie et cette nouvelle société, Richard Attias & Associates, Richard Attias les doit notamment à Cécilia. "J’ai fait tapis, nous étions galvanisés par notre nouvelle vie", dira-t-il plus tard. Et depuis 2016, elle travaille encore plus étroitement avec son mari. Dans cette “agence de communication stratégique internationale”, elle est devenue vice-présidente des affaires publiques. Un poste prestigieux. Et important à en croire l’organigramme de l’entreprise.
Sur les pages officielles, Cécilia Attias apparaît en effet soit en première position soit en deuxième, juste derrière son mari né au Maroc. Selon sa fiche sur le site de l’entreprise de Richard Attias, elle “accompagne les gouvernements dans l’accroissement de leur influence internationale et la création de plateformes pour promouvoir et positionner leurs nations”. Aux côtés de son époux, elle s’occupe “des chefs d’État et de gouvernements en Europe, en Afrique, dans le monde arabe ainsi que des institutions multilatérales”. On n’en sait pas vraiment davantage sur son poste, qui l’amène pourtant souvent aux quatre coins du monde. Parfois pour suivre son mari qui voyage inlassablement. Parfois pour rencontrer ses clients. Aujourd’hui, elle ne regrette rien. Même si quitter l’Élysée, Nicolas Sarkozy, ses repères parisiens et sa vie en France n’a pas été simple pour elle, comme elle l’écrivait dans son autobiographie en 2013.
"C’est difficile, à 50 ans, de perdre ses repères, ses racines. Mes enfants me disent : c’est comme retourner un sablier. Eux aussi ont vécu cela. Et cela les a endurcis, forgés. Cela les a aussi aidés à avoir une vie plus normale", confiait Cécilia Attias. À New York, elle est “repartie de zéro”. Avec Richard Attias bien sûr, mais aussi grâce à cette ville qui est pour elle “l’incarnation de l’optimisme” comme elle le disait à Paris Match. Aujourd’hui heureuse aux États-Unis où elle chérit son travail avec son mari, elle continue de soutenir publiquement son ex-mari. Restée proche de Nicolas Sarkozy, elle l’a épaulé après sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs mais aussi lors de son incarcération à la prison de la Santé.
Dans un message publié sur X, Cécilia Attias a dit son “bouleversement” et sa “révolte” face à une décision de justice qu’elle jugeait injuste. “Un homme avec qui j’ai partagé ma vie pendant vingt-cinq ans, et qui reste le père de mon fils, sera injustement privé de liberté”, écrivait-elle. Si elle n’a pas pu faire le déplacement à Paris, elle adressait son soutien “à Nicolas, à tous ses enfants et à Carla”. Elle, qui rêvait d’une existence “plus discrète” comme elle l’assurait à Paris Match, l’a trouvée de l’autre côté de l’Atlantique.
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