C'est une disparition brutale qui laisse un vide immense. À 56 ans, Mathilde Favier et son compagnon Nicolas Altmayer sont décédés. La directrice des relations publiques monde de Dior Couture et le producteur de cinéma, à qui l'on doit notamment des films comme Brice de Nice et la saga OSS 117, ont été victimes d'une collision sur une route départementale à Airvault, dans le nord du département, selon les informations de l'AFP.
Mathilde Favier incarnait l'élégance parisienne, le chic sans effort et une générosité légendaire. Très attachée à son cocon, elle avait accepté en 2023 d'ouvrir les portes de son sanctuaire pour l'émission Une fille, un style de Vogue Japan. Situé dans les plus beaux quartiers de la capitale, à deux pas du Trocadéro, cet appartement haussmannien était le reflet fidèle de sa personnalité.
Dès les premières secondes de la vidéo, le ton était donné avec son sourire communicatif : "Bienvenue à la maison, j'y suis arrivée il y a douze ans, j'y suis particulièrement bien, c'est un refuge, je pense que c'est très important d'avoir une tanière."
Dans ce grand séjour où se mêlaient miroirs dorés, canapés aux imprimés fleuris pointus et fauteuil blanc offert par son amie Ondine, Mathilde Favier revendiquait une décoration dictée par l'émotion pure, loin des diktats des magazines : "Je travaille au coup de cœur et je voulais que cette ambiance soit très personnelle, que tout se ressente beaucoup, donc vive les fautes de goût, vive les erreurs, tant que c'est personnel."
Et de la personnalité, les murs n'en manquaient pas ! Au-dessus de la cheminée trônait une magnifique toile colorée représentant des poissons rouges. Une œuvre lourde de sens : il s'agit du tout premier tableau de sa sœur, Victoire de Castellane. Si cette dernière est mondialement connue pour dessiner la joaillerie de Dior, elle s'était mise à la peinture, pour le plus grand bonheur de Mathilde. À côté, une immense toile signée Alexandre Renoir achevait de donner à la pièce des airs de galerie d'art intime.
Le contraste était saisissant en passant dans la cuisine. Si les meubles modernes captaient l'œil, c'est la couleur des murs et les incroyables étagères murales qui faisaient toute l'âme de la pièce. Face caméra, Mathilde expliquait ses choix audacieux : "La cuisine, je l'ai voulue rose, très Boulevard Lafayette, il y a un truc un peu vieille anglaise, il y a la collection de barbotine de ma mère et puis derrière, un verre qui s'appelle le Verre de Clichy, c'est un peu comme des berlingots." Une explosion de couleurs pastel et de verreries torsadées qui donnait à la pièce un côté irrésistiblement vintage.
Pour recevoir ses amis, Mathilde Favier avait aussi imaginé une salle à manger aux murs tapissés de motifs Persan. Une ambiance feutrée et presque mystique, car comme elle le soulignait, c'était un espace "calme, réservé pour les dîners et non pour les déjeuners".
Impossible, enfin, d'évoquer Mathilde Favier sans parler de son impressionnant dressing tout en bois. Véritable musée personnel, il regorgeait de merveilles accumulées au fil de sa prestigieuse carrière. "Cette pièce est le témoin de l'histoire de la mode", s'amusait-elle à répéter en caressant ses robes de créateurs et ses innombrables paires de souliers.
Ce goût exquis pour les objets qui ont une âme, Mathilde Favier l'avait d'ailleurs célébré en grande pompe il y a quelques mois à peine. En janvier dernier, à l’occasion de l’exposition Mathilde & Friends in Paris organisée chez la prestigieuse maison Christie’s, elle avait mis aux enchères une sélection d’objets, de bijoux et de pièces de mode lui ayant appartenu, ainsi qu’à ses amis. Une ultime façon pour elle de faire circuler la beauté et l'amitié, deux valeurs qui auront guidé sa vie jusqu'au bout.