Invitée sur le plateau de l'émission Quelle Époque ! sur France 2 samedi 11 avril 2026, la créatrice de mode française Isabel Marant s'est exprimée avec franchise sur le positionnement tarifaire de sa marque éponyme. Alors qu'Hugo Clément, reconnaissant ne rien y connaître à la mode, lui a demandé le prix de ses créations, la styliste s'est exprimée ouvertement sur le sujet. "Non, c'est raisonnable", a -t-elle répondu. Face aux sourires et aux doutes exprimés sur le plateau de l'émission présentée par Léa Salamé, Isabel Marant a toutefois concédé la réalité financière de ses créations, sans pour autant se départir de sa ligne de conduite. "C'est pas donné, mais c'est vrai que j'ai toujours essayé d'être le plus raisonnable possible sur mes prix parce que j'ai envie de toucher toutes les femmes", a-t-elle expliqué. Soulignant son refus de réserver ses collections à une stricte élite, celle qui avait habillé Ambre et Léa lors de la finale de la Star Academy a ajouté : "Je n'ai pas envie de faire une mode que pour les plus fortunées, malheureusement ça coûte quand même..."
Hugo Clément a demandé combien coûte par exemple une veste de sa maison. La créatrice l'estime "entre 600 et 700 euros", admettant avec lucidité : "C'est quand même des sous." Léa Salamé a alors rappelé au public qu'il s'agit ici de "prêt-à-porter de luxe" et non de haute couture. Un segment de marché où Isabel Marant se positionne comme une alternative aux mastodontes historiques du secteur : "Par rapport à des prix de très grandes marques, effectivement c'est moins cher, mais c'est quand même un budget", a conclu Isabel Marant. C'est d'ailleurs pour pallier cette barrière financière qu'a été créée "Étoile", une ligne secondaire mentionnée lors de l'interview, pensée pour être "moins chère et plus accessible".
Cette philosophie du vêtement s'inscrit dans un parcours atypique, célébré lors de cette émission pour ses "30 ans et toujours à la mode". Née de l'union d'un père photographe et directeur d'une société audiovisuelle, et d'une mère mannequin puis directrice de l'agence Elite, Isabel Marant baigne très tôt dans l'univers de l'image. Pourtant, son rapport à la mode naît d'une forme de rébellion. Comme elle l'a raconté avec humour dans Quelle époque !, adolescente, elle refusait de s'habiller comme une jeune fille classique, préférant piocher dans le vestiaire paternel. Se sentant "très très moche" à côté d'un petit frère qui attirait tous les regards, elle décide de s'habiller pour être remarquée, allant jusqu'à se rendre au lycée en robe de chambre et en charentaises — une excentricité qui lui vaudra d'être renvoyée, mais qui posera les bases de son identité.
Forte de cette vision décalée, elle fonde sa propre marque en 1994. Rapidement, la griffe Isabel Marant s'impose grâce à une esthétique bohème-chic inédite, incarnant à la perfection l'allure de la Parisienne faussement négligée (effortless). Devenue une maison de mode incontournable à l'international, l'entreprise a su croître (plus de 300 millions de chiffre d'affaire par an) tout en préservant son indépendance pendant des décennies, proposant des pièces iconiques comme la basket à talon compensé ou la veste structurée. Aujourd'hui, l'histoire de la maison prouve que cet équilibre entre sophistication artisanale et dégaine décontractée, bien qu'ayant un coût, a su trouver et fidéliser un public mondial.
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