Les personnes qui cachent leur colère répètent souvent ces 6 phrases qui semblent anodines, selon certains psychologues repris par le site Economic Time. Toutes les personnes en colère ne haussent pas le ton. Certaines préfèrent garder leurs émotions pour elles, quitte à laisser leur frustration s'installer en silence. D'après plusieurs spécialistes de la psychologie, cette façon de faire peut se traduire par des expressions du quotidien qui paraissent banales, mais qui cachent parfois un mal-être plus profond.
Les chercheurs expliquent que de nombreuses personnes choisissent de taire leur colère par crainte du conflit, du rejet ou de faire de la peine à leur entourage. Le problème est que cette émotion ne disparaît pas pour autant. Au fil du temps, elle peut ressurgir sous d'autres formes, comme un retrait émotionnel, une communication passive ou encore une sensation de fatigue persistante.
La première est sans doute la plus connue : "C'est bon." Prononcée après une remarque ou une situation désagréable, elle sert parfois davantage à mettre fin à la conversation qu'à exprimer un réel apaisement. Les travaux du psychologue James J. Gross sur la régulation des émotions montrent d'ailleurs que refouler une émotion ne la fait pas disparaître. Elle continue d'agir en arrière-plan et peut accroître le stress.
Autre formule fréquente : "Ne t'inquiète pas pour ça." Derrière cette apparente volonté de passer à autre chose peut se cacher une déception qui n'a pas été exprimée. Le psychologue John Gottman, spécialiste des relations de couple, souligne que les conflits laissés de côté favorisent souvent l'accumulation de ressentiment avec le temps.
Lorsque quelqu'un répond simplement "Peu importe", cela peut également traduire un découragement. Selon l'American Psychological Association (APA), l'évitement émotionnel est une stratégie courante chez les personnes qui pensent qu'elles ne seront pas entendues ou comprises. Plutôt que de poursuivre la discussion, elles préfèrent s'en retirer.
La phrase "Je suis juste fatigué" mérite aussi parfois qu'on y prête attention. Bien sûr, la fatigue est souvent bien réelle. Mais, comme l'explique la psychologue Susan David, spécialiste de l'agilité émotionnelle, certaines personnes utilisent cette explication parce qu'elle paraît plus facile à formuler que l'expression d'une colère ou d'une frustration.
Autre exemple : "Laisse tomber." Cette formule peut donner l'impression que le sujet est clos, alors qu'elle traduit parfois l'inverse. Les spécialistes de la communication estiment que cette attitude permet d'éviter une discussion inconfortable sur le moment, mais ne règle pas ce qui pose problème.
Enfin, le classique "Je vais bien." est l'un des masques émotionnels les plus répandus. Le psychologue Paul Ekman, connu pour ses recherches sur les expressions du visage, a montré que les émotions finissent souvent par transparaître malgré les efforts pour les dissimuler. Un regard fuyant, des réponses très courtes ou un silence inhabituel peuvent ainsi raconter une tout autre histoire.
La colère n'est pas une émotion négative en soi. Les psychologues rappellent qu'elle joue un rôle important en signalant qu'une situation est perçue comme injuste, frustrante ou douloureuse. Les difficultés apparaissent surtout lorsqu'elle est systématiquement étouffée.
Les études montrent que la suppression chronique des émotions peut favoriser le stress, peser sur les relations avec les autres et avoir des répercussions sur le bien-être physique. Derrière un simple "Ça va" ou "Je vais bien", il peut donc parfois être utile de prendre le temps d'écouter ce que l'autre n'ose pas encore exprimer.