Sa carrière a basculé en quelques minutes, précisément le 6 mai 2007, lors de la soirée de victoire de Nicolas Sarkozy à la Concorde. Ce soir-là, Faudel, star des années 90, est encore au sommet de sa popularité. Le "petit prince du raï" est aux côtés du nouveau président pour fêter sa victoire, tout comme Doc Gynéco, qui l'a également soutenu lors de sa campagne. Mais il se retrouve associée à ce moment politique. Et ce moment va durablement lui coller à la peau.
Près de 20 ans après, l'interprète de Je veux vivre s'est exprimé dans les colonnes du Parisien. Ce choix a marqué pour lui le début d’une longue traversée du désert. Selon Faudel, c'est définitivement sa présence sur la scène de la Concorde, aux côtés du président de droite, qui a marqué le tournant négatif de sa carrière. Ce soir-là, dit-il, "tout a éclaté" et le public ne lui a rien pardonné. "J’ai pris cher", résume-t-il, lucide. En effet, par la suite, sa tournée est annulée, sa maison de disque lui tourne le dos, tout comme une grande partie du public, qui se détourne de lui.
À cette époque, pourtant, tout réussissait au chanteur. Révélé adolescent, il enchaîne les succès dès la fin des années 99 et remplit les salles, devenant une figure incontournable de la chanson populaire. "C’était l’apogée", confie-t-il en repensant à ses Victoires de la musique, ses concerts à Bercy ou encore sa participation aux Enfoirés. Une ascension fulgurante, construite très tôt. Et trop vite ?
Dans d’autres interviews, l’artiste est souvent revenu sur ce concert devenu un véritable point de rupture. Ainsi que ses convictions, sincères à l'époque, envers Nicolas Sarkozy. "Quand il est devenu ministre de l’Intérieur, il tenait un discours sur l’égalité des chances qui collait à ce que j’avais vécu. J’y ai cru", a-t-il notamment confié à Paris Match en 2025.
Avec le recul, il reconnaît avoir "payé le prix fort" et s’être senti instrumentalisé : "J’ai été utilisé comme 'l’Arabe de service', je le sais. Pas forcément par lui, mais par tout un système." Une désillusion profonde, qui a laissé des traces.
Cependant, à l'heure actuelle, celui qui a connu un succès international compte bien (re)faire entendre sa voix. D'ailleurs, depuis cette mise à l’écart en France, l’artiste n’est jamais resté inactif. Comme il le détaille dans Le Parisien, il a construit en parallèle une véritable carrière au Maghreb et au Moyen-Orient, où il a continué à se produire régulièrement. Installé au Maroc pendant plusieurs années, il y a multiplié les concerts, les galas et les soirées privées, tout en chantant également en Arabie saoudite, à Dubaï, au Qatar, en Turquie ou encore aux États-Unis.
"Ce n’est pas parce qu’on ne nous voit pas à la télé qu’on ne fait rien", insiste-t-il, rappelant que le raï reste "apprécié dans le monde entier". Aujourd’hui, après ce long détour hors des radars français, il amorce un retour progressif avec de nouveaux projets scéniques, notamment une tournée et des dates de concerts à venir. Il est déterminé à renouer avec le public. Et ce, sans renier le chemin parcouru.
player2
player2