Ancienne chroniqueuse emblématique de TPMP sur C8, Enora Malagré officie désormais sur les antennes de France Télévisions, où elle intervient notamment au sein du Magazine de la Santé sur France 2. Depuis la rentrée, l'animatrice est également de nouveau présente à la radio. Après avoir été l'une des chroniqueuses de Sophie Davant sur Europe 1 le temps d'une saison, elle est aujourd'hui la présentatrice d'un nouveau programme quotidien diffusé de 12h à 13h sur la station publique Ici (ex-France Bleu, ndlr). Parmi ses différents chroniqueurs, on peut notamment citer Elsa Wolinski. La journaliste s'est fait remarquer le mercredi 7 octobre 2026 en choisissant de revenir en direct sur son travail d'aidante auprès de sa mère Maryse Wolinski. Cette dernière est décédée le 9 décembre 2021 à Paris des suites d'un cancer du poumon, à l'âge de 78 ans.
"Au début, on lui avait donné six mois. Elle a tenu six ans durant lesquels j’ai pris 25 kilos. 25 kilos de pains au chocolat, de cookies, de bonbons engloutis la nuit pour supporter le jour. J’ai été ce qu’on appelle une aidante mais ma mère m'a prise pour une dame de compagnie. J’ai détesté être aidante. Je sais que ça peut heurter. Moi-même, ça me bouscule de l’avouer. J’ai détesté voir ma mère fragile, devenir une enfant", a premièrement indiqué Elsa Wolinski. Elle a donc fait partie des 8% de la population française qui apportent une aide régulière à un proche en raison d'une maladie, selon les enquêtes officielles réalisées sur le sujet par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, ndlr).
"J’ai détesté devoir inverser les rôles et devenir sa maman, j’ai détesté qu’elle m’appelle 3 fois par jour pour me dire à quel point la maladie était difficile. J’ai détesté ses caprices, ses douleurs, sa tristesse. J’ai détesté que ses cancers prennent toute la place. J’ai pleuré quand elle a perdu la parole et qu’elle levait son doigt pour me dire à demain. J’ai détesté être son tout et son rien. Et je me suis détestée de tout détester. Parce qu’on voudrait être généreux tout le temps. Patient tout le temps. Disponible tout le temps. Aimant tout le temps. Mais on ne l’est pas. On est fatigué. En colère. Égoïste. Impatient. On en a marre", a également ajouté la journaliste, qui figurait donc parmi les 5,3 millions d'aidants présents en France d'après une enquête menée par Autonomie-Ménages.
"Être aidant c’est comme un métier que tu n’as pas choisi et pour lequel tu n’as jamais postulé et pour lequel tu n’as jamais été formé. Et quand tout s’arrête. Le vide est abyssal et en même temps une forme de liberté pointe son nez pendant que les larmes coulent. Ma mère voulait être incinérée. Mais elle avait des dents magnifiques, toutes refaites. Alors, et parce que j’avais besoin de rire au milieu du cauchemar, j’ai demandé au conseiller funéraire : 'Est-ce que je peux les récupérer ?'. Il n’a pas ri", a par ailleurs souligné la chroniqueuse d'Enora Malagré. "Et comme je la trouvais très belle, ma maman, j’ai ajouté : 'Sinon, est-ce qu’on peut la faire empailler ?'. Ça non plus, ça ne le l’a pas fait rire. J’ai détesté être aidante. Mais je suis fière de l’avoir été. J’ai détesté Maryse malade. Mais elle manque terriblement aujourd’hui. Une pensée tendre à l’occasion de la journée nationale des aidants", a finalement conclu Elsa Wolinski. La maladie de sa mère a donc réellement eu un impact négatif sur sa propre santé physique ou morale, comme la moitié des aidants, si l'on en croit les chiffres publiés par l'Insee et l'Institut des politiques publiques (IPP).