Contrairement à ce que l'on pourrait croire, marcher les mains derrière le dos ne serait pas seulement une question de confort ou d'habitude. En psychologie comportementale, cette posture est souvent associée à une période de réflexion, durant laquelle l'attention se tourne davantage vers ses pensées que vers l'environnement.
Selon les experts du langage corporel, placer ses mains derrière soi limite les gestes spontanés que nous effectuons habituellement lorsque nous interagissons avec le monde qui nous entoure. Le corps se fait alors plus discret, laissant davantage de place à la réflexion. Cette posture ne signifie pas nécessairement que la personne est introvertie, mais plutôt qu'elle traverse un moment d'introspection.
Pour autant, ce comportement ne s'interprète jamais seul. En communication non verbale, c'est l'ensemble de la posture qui permet de comprendre l'état émotionnel d'une personne. Si la marche est lente, le dos droit et les mouvements détendus, les mains derrière le dos traduisent généralement une réflexion calme. La personne semble simplement organiser ses idées ou prendre du recul sur une situation.
À l'inverse, si cette même posture s'accompagne de pas rapides, d'une tête penchée vers l'avant ou d'une mâchoire crispée, elle peut davantage refléter une forme d'inquiétude ou de tension. Le geste reste identique, mais le contexte corporel en modifie complètement la signification.
Notre façon de marcher est souvent révélatrice de notre état d'esprit, car il s'agit d'un comportement largement inconscient. Ainsi, marcher les bras croisés contre la poitrine est parfois interprété comme un besoin de protection ou une certaine réserve face à son environnement. Les mains dans les poches, associées à des épaules légèrement voûtées, peuvent évoquer de la timidité ou une volonté de se faire discret.
À l'inverse, une démarche énergique, avec de grandes enjambées et des bras qui accompagnent naturellement le mouvement, est souvent associée à un état d'esprit positif, à une bonne humeur ou à une grande confiance en soi. Enfin, une allure irrégulière, alternant accélérations et ralentissements sans raison apparente, ou une marche lente, le regard constamment dirigé vers le sol, peuvent parfois accompagner des périodes d'anxiété ou de rumination.
Depuis plusieurs années, les neurosciences s'intéressent aux effets de la marche sur le cerveau. Plusieurs travaux suggèrent que les mouvements rythmiques favoriseraient les connexions entre différentes régions cérébrales, ce qui faciliterait l'émergence de nouvelles idées ou la résolution de problèmes. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes disent avoir leurs meilleures idées en se promenant plutôt qu'en restant assises devant leur bureau.
Dans cette optique, marcher les mains derrière le dos pourrait renforcer cette sensation de concentration. En limitant les gestes parasites et en adoptant une posture plus stable, certaines personnes auraient plus de facilité à canaliser leur attention sur leurs pensées.
Cette façon de marcher est d'ailleurs souvent associée à plusieurs grandes figures de l'histoire. Aristote enseignait en se déplaçant avec ses disciples. Charles Darwin, lui aussi, avait pour habitude d'effectuer chaque jour une promenade sur un itinéraire qu'il appelait son "chemin de la pensée". Selon plusieurs récits, il marchait fréquemment les mains jointes derrière le dos.
Si ce geste ne permet évidemment pas de tirer des conclusions définitives sur la personnalité de quelqu'un, les spécialistes du langage corporel rappellent qu'il peut constituer un indice intéressant lorsqu'il est observé avec l'ensemble des autres attitudes. Après tout, notre corps exprime souvent, sans que nous en ayons conscience, ce que notre esprit est en train de vivre.