Marilyn Monroe demeure, plus de soixante ans après sa disparition, l'icône absolue du cinéma mondial. Star de chefs-d'œuvre tels que Sept ans de réflexion ou Certains l'aiment chaud, elle a marqué l'histoire par son talent, sa beauté et sa vulnérabilité. Sa vie s'est tragiquement arrêtée le 4 août 1962, alors qu'elle n'était âgée que de 36 ans. C’est dans sa maison de Brentwood, un quartier chic et paisible de Los Angeles, que l’actrice a rendu son dernier souffle. Aujourd'hui, ce bungalow de style espagnol est au cœur d'un litige. Ses nouveaux propriétaires se battent contre la ville de Los Angeles pour décider du sort de cette bâtisse chargée d'histoire.
L’affaire, qui dure depuis 2023, oppose Brinah Milstein et Roy Bank à la municipalité, comme le rappelle AD Magazine. En février 1962, Marilyn Monroe avait acquis cette propriété des années 1920 pour la somme de 77 500 dollars, soit environ 66 000 euros. Ce bien revêtait une importance symbolique majeure : c’était la première et unique maison qu’elle ait jamais possédée. Six mois après son installation, elle y était retrouvée morte, succombant à une overdose de barbituriques. En 2023, le couple Milstein-Bank a déboursé 8,35 millions de dollars - soit environ 7 millions d'euros - pour acquérir la demeure, située au 12305 Fifth Helena Drive, avec l'intention initiale de la raser pour agrandir leur propriété voisine. Aujourd'hui, ils estiment que le bien "ne vaut plus rien". Si les permis de démolition avaient d'abord été accordés, une mobilisation citoyenne massive a poussé la conseillère municipale Traci Park à intervenir pour faire annuler ces autorisations, déclenchant une saga judiciaire qui vient de franchir les portes de la justice fédérale.
Le bras de fer a pris une dimension politique et patrimoniale sans précédent. En juin 2024, le conseil municipal de Los Angeles a officiellement voté le statut de monument culturel et historique pour la villa, empêchant ainsi toute destruction. Traci Park avait alors justifié cette urgence par une volonté de justice mémorielle. "Perdre ce morceau d’histoire - la seule maison que Marilyn Monroe ait jamais possédée - serait un coup dur pour la préservation du patrimoine, dans une ville où moins de 3 % des monuments classés sont liés à des femmes", regrette-t-elle. Cependant, pour les propriétaires, cette décision est une entrave illégale à leur droit de propriété. Ils affirment que ce classement a transformé leur vie en cauchemar, citant une recrudescence des intrusions et des cambriolages dus à la notoriété soudainement protégée du site.
En janvier dernier, le litige a basculé devant les tribunaux fédéraux. Brinah Milstein et Roy Bank, désormais épaulés par la Pacific Legal Foundation - un cabinet d’avocats libertarien intervenant à titre gracieux - invoquent le cinquième amendement de la Constitution américaine. Ils soutiennent que la ville leur impose une charge financière et sécuritaire disproportionnée pour un bien dont ils ne peuvent plus disposer. Dans un communiqué officiel, la fondation a fustigé la méthode employée par Los Angeles : "La Constitution américaine garantit à tous les Américains le droit à une juste indemnisation lorsque le gouvernement s’approprie leur propriété. Si la ville veut un musée, qu’elle le finance elle-même, plutôt que de faire payer des propriétaires privés pour un monument public." Alors que les propriétaires réclament le droit de démolir ou, à défaut, une indemnisation massive, la ville de Los Angeles ne compte pas céder. Selon des informations rapportées par le New York Post, la municipalité a récemment déposé une requête en irrecevabilité pour tenter de mettre fin aux poursuites fédérales. Affaire à suivre.
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