Pour ses 69 ans qu’il fête ce 2 février 2026, Phil Barney a accepté de répondre aux questions de Purepeople. L’occasion de rappeler que le chanteur n’a aucune intention de quitter la scène. Dès le mois de mars, il retrouvera le public avec la nouvelle tournée Stars 80, baptisée Forever, aux côtés de figures emblématiques de la chanson française, et y interprétera une fois encore Un enfant de toi, disque qui a marqué le début de sa carrière il y a près de quarante ans, sur la pochette duquel figurait un enfant devenu une star...
C’est depuis sa maison du Val-de-Marne, à la lisière de la forêt, que l’artiste se confie. Travail, vie de famille, relation avec sa femme Doriane et nouvelles de son fils Keenan : Phil Barney se livre avec sincérité, toujours animé par la même passion pour la musique et la scène.
Vous fêtez vos 69 ans ce 2 février. Pas encore l’heure de la retraite ?
On m’a dit que c’était une bonne année… (rires) Non, pas de retraite. Tant qu’on est présentable, qu’on chante juste et qu’on fait plaisir aux gens, je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais.
Vous travaillez sur quoi en ce moment ?
Je travaille beaucoup. Dans un mois, on part pour la nouvelle tournée Star 80. Début le 6 mars à Marseille. Là, on est dans l’apprentissage des textes, les mises en scène, savoir qui chante quoi… On va traverser la France pendant deux mois. Et puis je bosse sur un nouvel album : j’ai plein de chansons à terminer et à moderniser.
“Un enfant de toi” va fêter ses 40 ans l’an prochain. Comment vous la faites vivre ?
Je la chante toujours comme si je la chantais pour la première fois. Je pense que l’émotion, c’est ça qui compte. On le voit sur les visages : des gens pleurent, viennent m’en parler… Même si j’ai fait neuf albums, on me parle toujours de celle-là. Donc, quand je la chante, j’y mets tout mon cœur. Et j’ai fait un arrangement un peu différent : un côté plus R’n’B, tout en gardant le dramatique, mais avec du groove.
Vous l’avez vraiment écrite en 10 minutes ?
Oui, paroles et musique. Tout est totalement inventé. Je vivais, à l’époque, une histoire qui n’en finissait pas de finir. Mais le morceau n’a rien à voir avec ma vie. Je pense que si ça avait été vrai, je n’en aurais pas fait une chanson.
Vous avez été père bien plus tard ?
Oh oui. À l’époque, je n’étais même pas marié. J’avais une vie de célibataire endurci, une vie sentimentale agitée : je sortais beaucoup, je m’amusais. Mon public était à 90% féminin. Certaines fans voulaient m’accrocher à leur tableau de chasse, du genre : “Je me suis fait un chanteur.” Mais ce n’était pas mon truc d’être un trophée…
Votre fils Keenan a 24 ans. La paternité vous a changé ?
Complètement. Ça a commencé à la première échographie. La relation que j’ai avec lui est unique. Quand il était petit, les huit premiers mois ont été une vraie révolution : plus le temps pour rien, il fallait s’en occuper tout le temps. Mais ça m’a ouvert des émotions incroyables. Il m’a apporté douceur, patience… alors que je ne l’étais pas du tout. Aujourd’hui, il est ingénieur dans l’informatique, il vit à la maison, il est dans son époque. Il ne fait pas de musique, mais il en écoute énormément, il fréquente des DJ. Et il m’évite de vieillir trop vite.
Vous vivez toujours avec sa maman, Doriane ?
Oui, on s’est connus en 91-92, on s’est mariés en 2001 et depuis, elle me martyrise du matin au soir… Je plaisante. Elle s’occupe vraiment bien de moi. Elle est du métier : elle fait de la production, de l’édition musicale, elle est aussi attachée de presse, et toujours de bons conseils. Même si, à trop parler musique, on se prend parfois la tête : moi, je vois la musique comme de la création, et mon épouse voit plus le côté gestion. Donc parfois, ça gueule. En même temps, c’est la vie d’un couple.
Un enfant de toi a déjà été reprise ?
Oui, mais souvent c’était n’importe quoi : certains changeaient les textes, d’autres faisaient une version rap ou orientale… Là, j’ai des copains DJ qui ont fait une version en anglais, plus dance, avec une fille qui chante. C’est en train d’être finalisé, j’adore le résultat.
La tournée Star 80, c’est la “colo des vieux”, dites-vous…
(Rires) Un peu. On a tous à peu près le même âge, et on est contents d’être sur la route et de chanter encore des titres écrits il y a 40 ans. L’ambiance est super. On voyage ensemble, souvent en bus, mêmes hôtels, petit déjeuner en commun… Et surtout, désormais, l’heure, c’est l’heure : plus personne n’arrive trois quarts d’heure après un rendez-vous. Plus personne ne tire la couverture à lui. C’est bien rodé.
On vous sent très “bande”.
Oui, je m’entends bien avec tout le monde. J’ai une affection particulière pour William de Début de soirée, Patrick Hernandez -un vrai gentleman- et Jean-Louis Pujade du groupe Images. Sur cette tournée, il y a aussi Zouk Machine, Vivien Savage, Jean-Pierre Mader, Sabrina… Bref, une super troupe !
Après les shows, c’est fiesta ou tisane et dodo ?
On boit un coup tous ensemble. La personne qui gère les voyages demande souvent à l’hôtel de laisser le bar ouvert. Certains montent tôt dans leur chambre, d’autres restent discuter, et il y a parfois des fans qui viennent dire un petit mot. C’est simple, convivial.
Jamais de débordement ?
Cookie Dingler semait la pagaille, je l’adore. Mais il a eu des pépins de santé, donc il ne tourne plus.
Un enfant de toi vous rapporte encore aujourd’hui ?
C’est vrai qu’elle continue d’être diffusée en radio ou sur les sites de streaming. Je n’ai pas les chiffres en tête -comme je vous l’ai dit, ce n’est pas mon truc- mais elle doit rapporter entre 5 000 et 6 000 euros par trimestre, soit un peu plus de 1500 euros par mois. Ça reste très loin de “Born to be alive”, de Patrick Harnandez, qui est un standard mondial sans barrière de langage.
Vous vivez où aujourd’hui ?
Dans le Val-de-Marne, dans une maison au bord de la forêt. J’ai un studio au sous-sol, la pièce fait environ 40 m². J’essaie d’y ranger mes guitares, mais ce n’est pas évident ! J’en ai 22, dont une Gibson Les Paul de 1989, ma plus belle. Je ne suis pas matérialiste : je ne fais pas ce métier pour être riche. Mais les guitares, c’est mon péché mignon.
Comment gardez-vous la forme ?
Là, je reprends le sport avec un coach. Je n’ai jamais complètement lâché, sauf cette dernière année où je me suis mis un peu au calme. Là, je m’y remets, notamment pour être en forme pour la tournée… et pour la suite.
Pas d’arrêt de carrière en vue donc ?
Je ne sais même pas ce que ça veut dire. Je vis au jour le jour. J’ai juste toujours peur qu’un accident m’oblige à arrêter. Ça, ça me ferait mal. Mais tant que ça va, je continue.
Contenu exclusif ne pouvant être repris sans la mention Purepeople.
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