C’est depuis sa voiture, sur la route entre Clermont-Ferrand et Toulouse, que Claude Dartois nous répond. Loin des plages de Koh-Lanta, l’aventure qui l’a fait connaître, il vient de démarcher en Auvergne un magasin afin de pouvoir y distribuer la marque qu’il vient de lancer. Un produit pensé pour les sportifs comme lui… mais pas seulement, comme il nous l’explique, évoquant également le grand changement de vie que lui et sa famille ont connu ces dernières années...
Purepeople : Koh-Lanta a repris il y a trois semaines, est-ce que vous suivez toujours l’émission ?
Claude Dartois : Pas vraiment. Koh-Lanta, j’aimais le faire. Le regarder, c’est moins drôle. (Rires).
Il n’y a donc pas forcément le rendez-vous familial du mardi soir ?
Pas forcément, non. Globalement, nous ne regardons pas trop la télé.
D’autant que vous aussi avez une nouvelle aventure qui commence : l’entrepreneuriat.
Exactement. Je me suis lancé avec une marque qui s’appelle H3ro. L’idée, c’est d’aider les gens à mieux manger. Nous proposons des barres énergétiques, plus précisément des barres protéinées. Notre idée : quelque chose de très simple, avec peu d’ingrédients, compréhensibles par tous et clairement affichés sur le packaging. Il n’y a rien de superflu, rien de trop transformé. L’idée est d’apporter une énergie plus saine que ce qu’on trouve souvent aujourd’hui, qui est très sucré ou très transformé.
Comment est née cette idée ?
D’un constat avec mes enfants. Andréa, mon fils de 11 ans, fait de l’athlétisme et je ne savais jamais vraiment quoi lui donner avant ou après l’entraînement. À part un fruit comme une banane, le reste est souvent trop sucré, avec peu de valeur nutritionnelle. Je me suis rendu compte qu’il n’existait pas vraiment de barres adaptées pour les enfants. C’est là que l’idée est née avec mon associé, qui travaillait déjà dans la distribution alimentaire. Nous avons finalement commencé par une barre pour adultes, parce que le marché est plus large. Mais l’idée de développer une version pour enfants reste clairement dans nos projets.
Concrètement, qu’y a-t-il dans ces barres ?
Il y a l’équivalent de trois blancs d’œufs dans chaque barre. Ensuite, nous avons plusieurs recettes : amande, noix, cacahuète beurre salé et une version plus fruitée. Pour le liant, nous utilisons des dattes et un peu de miel qui apportent du sucre naturel.
Cela fait longtemps que vous travaillez sur ce projet ?
Environ un an. Aujourd’hui, nos produits sont déjà distribués dans une enseigne de la grande distribution. Cela fait un mois qu’ils sont en rayon et les ventes sont très encourageantes.
L’argent qui vous a permis de lancer l’entreprise vient-il de Koh-Lanta ?
Non. J’ai simplement bien travaillé et économisé. J’ai aussi eu quelques opportunités qui m’ont permis d’investir. Je prends un risque, bien sûr, mais un risque mesuré. Si cela fonctionne, tant mieux. Si ça ne fonctionne pas, ça ne mettra pas ma famille en danger.
Chauffeur de maître, votre ancien métier, c’est terminé ?
Oui, j’ai arrêté il y a trois ans après quinze ans d’activité. Cela a correspondu avec notre nouvelle vie loin de Paris.
Vous vivez désormais à la campagne, c’est ça ?
Oui, dans un petit village d’environ 700 habitants dans le Gers. J’ai des champs en face de chez moi et le premier supermarché est à six kilomètres. Mais c’est exactement ce que je voulais. J’avais dit à ma femme Virginie : soit nous vivons en plein centre de Toulouse, soit nous partons complètement à la campagne. Je ne voulais pas d’entre-deux.
Vous avez rénové votre maison ?
Elle était déjà très bien. J’ai simplement fait quelques aménagements : on a transformé le garage en salle de sport, arrangé les extérieurs… Quand on a une maison, il y a toujours des choses à faire. Et je suis assez manuel, donc cela ne me dérange pas.
Les enfants se sont bien adaptés ?
Très bien. Ils sont scolarisés dans les environs. Ce sont des écoles de village, mais il y a une vraie vie locale. Les enfants sortent, voient leurs amis… C’est très agréable.
Virginie est toujours professeure ?
Oui, elle cherche d’ailleurs un poste dans la région, maintenant qu’elle a obtenu sa mutation. Mais il y en a moins qu’à Paris.
Paris ne vous manque pas, vous qui y êtes né ?
Aujourd’hui, j’ai 46 ans. À 30 ans, je ne serais sans doute pas parti de Paris. Mais à 46, ce n’est plus la même chose. Quand je remonte dans la capitale, quand j’arrive à l’aéroport et que je vois les embouteillages et le stress permanent, je me rends compte que j'étais pris dans une sorte de course contre le temps sans même m’en apercevoir. Je suis beaucoup plus tranquille à la campagne. C’est une autre organisation. Ce qui me manque parfois, c’est la spontanéité du quotidien : prendre la moto, aller voir des amis, boire un café au coin de la rue. Mais si j’ai envie de voir du monde, je vais à Toulouse. C’est une très jolie ville où il fait bon vivre… et il y a un peu plus de soleil que là-haut.
Comment se passent vos journées ?
Je travaille beaucoup pour H3ro : mails, rendez-vous, développement, déplacements… Je m’occupe aussi de mes partenariats sportifs. Je prépare notamment le marathon de Barcelone que je cours ce dimanche 16 mars (NDR, il l'a fini en 2h56 !). Et surtout, je passe beaucoup de temps avec mes enfants. Je peux les emmener à l’école le matin et souvent les récupérer le soir, ce qui est une vraie chance.
Ils semblent très sportifs eux aussi.
On veut leur faire découvrir un maximum d’activités en extérieur. Mes parents travaillaient énormément quand j’étais jeune, donc je n’ai pas forcément vécu cela avec eux. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir le faire avec mes enfants.
Ils sont aussi casse-cou que vous ?
Peut-être pas autant. Ou peut-être que Virginie et moi sommes plus prudents avec eux…
Vous êtes mariés avec Virginie ?
Nous sommes pacsés. Mais avec deux enfants, ça vaut un mariage ! (Rires)
Quel mari êtes-vous au quotidien ?
Avec des qualités et des défauts. Mais on est surtout très complémentaires. Nous nous faisons confiance et nous nous laissons de la liberté. Si elle veut partir une semaine avec ses copines, elle sait que je gérerai la maison et les enfants. Et inversement.
Un troisième enfant ?
Non, deux c’est très bien ! C’est déjà beaucoup de travail.
Seriez-vous tenté par d’autres défis, notamment à la télévision ?
Je suis quelqu’un qui aime les challenges. Si un projet me parle et que je sens que je peux y apporter quelque chose, je suis ouvert. J’ai déjà eu une expérience d’animation avec Mauvais joueurs sur Netflix, tourné au Mexique pendant trente jours. Ça m’a permis de découvrir l’envers du décor. Avec le recul, j’étais peut-être un peu scolaire parce que je voulais bien faire, mais c’était une super expérience. Aujourd’hui, je suis plus à l’aise face caméra. Donc si un projet se présente, je l’étudierai avec attention.
Et repartir dans Koh-Lanta ?
Si on me le proposait, je me poserais forcément la question. Mais j’y suis déjà allé quatre fois, parfois un peu égoïstement, en laissant libre cours à mon envie sans demander trop la permission. J’avais dit : plus jamais. Mais bon… Si on me le reproposait, cela me titillerait, forcément, sauf que cette fois je ne serais pas le seul à décider. Pour qu’un mariage tienne, il faut être deux…
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