Une très belle soirée se prépare. Le 24 mai prochain, le Palais des Congrès sera en fête. Chico y fêtera ses 45 ans de carrière. Un grand moment qu'il ne vivra pas seul puisque l'artiste de 70 ans sera entouré de ses musiciens et d'un orchestre symphonique de 80 musiciens. "Un événement unique pour se plonger dans l’univers onirique de Chico et les Gypsies avec un spectacle tout en musiques mais aussi en images … 2h00 de tubes légendaires et planétaires réorchestrés pour l’occasion en version symphonique", peut-on lire sur le site du Palais des Congrès.
Entre flamenco, rumba et symphonie, cette fusion unique transportera le public au cœur d’une expérience sonore et émotionnelle hors du commun. Ainsi que des guests comme notamment Yuri Buenaventura. Une rencontre musicale inédite à l’occasion des 45 ans de carrière de Chico. En plus de quatre décennies, l'artiste, a conquis le monde avec sa musique ensoleillée et festive. De Bamboleo à Djobi Djoba, en passant par Volare, ses chansons sont devenues des hymnes intergénérationnels. Pour la première fois, ces mélodies intemporelles prendront une nouvelle dimension grâce à la richesse et la profondeur d’un orchestre symphonique. Des images inédites seront projetées sur un écrans géant pour illustrer cette incroyable carrière. Sous la direction artistique de Vahan Mardirossian, ce projet ambitieux proposera une relecture inédite du répertoire de Chico & The Gypsies, combinant la chaleur de la musique gitane et la puissance évocatrice des instruments classiques.
A quelques jours de cette grande soirée anniversaire, Purepeople a rencontré Chico au Palais des Congrès. L'occasion pour lui de ce confier sur ce spectacle à venir, sa musique, sur ses rapports avec Nicolas Reyes, fondateur des Gipsy Kings, avec qui il s'était fâché il y a trois décennies, son fils et ses amis.
Purepeople : Pouvez nous parler de ce spectacle ?
Chico : Alors le spectacle symphonique, c'est 45 ans de carrière, de musique, de belles rencontres, d' une vie incroyable, d' une aventure extraordinaire. C’est tout ça que nous allons montrer sur scène, chanter, partager. Et c'est surtout la fusion avec un orchestre symphonique, nos guitares, nos coeurs, nos émotions, tout ça accompagné par un symphonique.
Vous gardez votre formation avec l’orchestre qui vous accompagne en spectacle ?
Exactement. Notre orchestre est avec nous et c'est très important. Justement, qu’il y ait ce mélange de musique classique avec cette musique gypsy.
Pendant ce spectacle, à quoi on peut s'attendre ? Est- ce qu'il va y avoir des surprises ? Des invités particuliers ? Des duos ?
Déjà le spectacle, c'est une surprise ! De monter sur scène avec tous ces musiciens, ça va être quelque chose ! Puis, on a des amis qui ont voulu partager avec nous la scène et ça va être des moments de fusion incroyable.
C'est vous qui avez monté la setlist du concert ?
Avec mes amis musiciens, on a monté la setlist. Et puis surtout, on s’est laissé aussi porter par les coups de coeur de qui nous ont accompagnés pendant toutes ces années.
Dans quel esprit l'avez-vous pensé ? Plutôt sur la fête, sur l'émotion, la nostalgie, avec des morceaux peut- être un peu plus récents ?
En fait, tout le spectacle est monté sur l'amour que nous avons, l'amour que nous partageons avec le public, celui qui nous accompagne depuis 45 ans. En fait, c'est simplement pour leur dire en chansons que nous les aimons. Alors évidemment, sans amour, c'est compliqué. Donc nous, dans l'amour, il y a quoi ? Il y a des belles chansons, il y a des beaux morceaux. C'est une invitation au voyage musical.
Après toutes ces années, vous parlez de 45 ans, mais vous avez toujours la même émotion quand vous montez sur scène, quand vous interprétez toutes ces chansons qui ont fait vibrer tellement de générations…
On est tellement privilégiés que ça serait difficile de ne pas l’être … on a des coups de cœur à chaque fois qui se renouvellent sans cesse avec le public. Dans le sens d'avoir une musique qui nous emmène dans le monde entier, qui n'a pas de barrière d'âge, pas de barrière sociale, pas de barrière ! c'est sans cesse un coup de cœur et c' est un coup de foudre avec le public qui est là. On a toujours l'impression de se redécouvrir. Et en fait, ça fait 45 ans que nous sommes là.
Il y a 45 ans, vous avez commencé avec les Gipsy Kings. Quel est le premier souvenir qui vous revient tout de suite en mémoire ?
En fait, avant les Gipsy Kings, on s'appelait Los Reyes. Et on a démarré à Saint- Tropez, dans les restaurants, on a commencé par faire la manche et puis on a commencé à faire des petites soirées qui sont devenues de grandes soirées. Et puis, ce qui me vient à l'esprit là tout de suite, c'est que vraiment, nous sommes des privilégiés dans ce monde de faire ce qu'on aime, de vivre de notre passion depuis tant d'années. Et je crois que si je devais définir ce que nous vivons en permanence, c'est simplement quand on regarde les yeux du public et qu'on voit briller cet amour qu'ils ont pour nous, pour notre musique… On est obligé de leur rendre au centuple.
Vous avez évolué dans la musique gitane. Mais vous ne vous êtes jamais démarqué de votre identité...
Évidemment qu'on a évolué avec notre musique, mais en même temps, on a toujours gardé les racines. C'est toujours ce retour aux sources, c'est toujours à l'ADN de cette musique. C'est le chant, c'est la guitare, c'est l'émotion. Mais en fait, avec tous les chanteurs que j'ai dans ce groupe qui sont merveilleux, quand ils chantent, je crois que ça transcende un peu les personnages qui sont en entendant la voix d'un peuple derrière eux. C'est pour ça qu'en fait, cette musique gitane, elle vient de loin. Ce n'est pas simplement des musiciens qui ont leur âge aujourd'hui. Je crois que c'est le langage d'un peuple qui s'insert lui- même entre eux. C'est un peu comme le blues américain. D'ailleurs, cette musique, moi, je dis toujours que c'est du blues européen.
Il y a toutes les générations dans la salle et autant les petits tapent dans les mains parce qu'ils ont vu leur maman, leur tata…
Et ça nous a tous accompagnés en réalité. Bien sûr que les enfants tapent dans les mains parce qu'ils ont vu leurs parents ou leurs grands- parents. Et c'est surtout par ressenti qu' ils tapent dans les mains. C'est ce qu'ils reçoivent. Ce n'est pas du mimétisme. C'est parce que quelque part, on touche les gens que ce soit les enfants, que ce soit les parents ou les grands- parents. Je crois que c'est ce langage universel que nous avons. C'est le langage du cœur, celui de la musique, et celui- là, il n'a pas d'âge!
En parlant de cœur, il y a quand même votre fils Mario qui vous accompagne sur scène maintenant...
Pour moi, Mario, c'est une fierté. C'est que du bonheur de l'avoir avec moi. Vous imaginez, on est dans la transmission. On est là aussi, on est dans l' amour du partage, de ce qu' on aime tous les deux, de découvrir ensemble plein de choses, que ce soit le public, que ce soit des pays où nous allons et de nos morceaux que nous composons. C'est magnifique. Il est prometteur ce petit Mario.
Par le passé, vous avez perdu votre frère Ahmed. Je crois que c'est lui qui vous a offert votre première guitare quand vous étiez petit garçon...
Oui, c'est mon frère Ahmed qui a disparu, qui m'a offert ma première guitare. Et en même temps, quel cadeau il m'a fait. Je crois qu'en fait qu’en me donnant ma guitare, il m'a montré un chemin. Il m'a montré un chemin de bonheur, d'amour, de destin, un destin très atypique et particulier. Et j'ai toujours l'impression qu'il est autour de moi. Je parle toujours de lui parce que d'abord, de parler des gens qui ne sont plus là, ils existent, on montre qu'ils sont là en fait. Ils sont toujours près de nous. Moi, j'ai toujours l'impression que quelque part, je suis guidé par lui et par mes parents.
Est-ce que vous allez lui rendre hommage pendant ce spectacle ?
Tous les concerts que je fais, tous les moments de bonheur que je vis, c'est une façon de lui rendre hommage et de le remercier de m'avoir offert un jour cette guitare et de m'avoir montré ce chemin de vie. J'avais 12 ou 13 ans.
Et vous n'aviez jamais joué ?
J'ai toujours écouté de la musique. En fait, c'est lui qui m'a fait découvrir la musique en général, que ce soit le blues, la musique classique, Manitas à l'époque. Il m'a fait vraiment rentrer dans un univers musical que j'ai découvert, que j'ai partagé avec mes amis gitans à l'époque, avec Nicolas Reyes, qui était mon ami de 45 ans. Et en fait, c'est cet apport de cette culture musicale que j'avais avec eux, leur héritage gypsy, espagnol, flamenco.
Vous évoquez quelqu’un d’important, Nicolas Reyes. Quels sont vos rapports avec lui aujourd'hui ?
Nicolas Reyes, d'abord, dans ce concert, c'est aussi lui rendre un hommage. Parce que si je vis tout ce que je vis, c'est parce que Nicolas Reyes, un jour, m'a invité dans sa famille et je n'en suis plus sorti. C'est lui qui m'a quand même montré ce chemin musical aussi. Et ensemble, nous avons vécu toutes ces époques de Los Reyes à Gipsy Kings. Aujourd'hui, les rapports sont magnifiques parce qu'on s'est retrouvés il y a quelques mois et je suis très heureux de ces retrouvailles parce que ça nous a apaisés. Lui et moi, ça nous a apaisés. Il y a quelques jours, on a dîné encore ensemble et c'est que du bonheur. En fait, malheureusement, on s'aperçoit qu'on a perdu du temps, mais ce n'est pas grave. L'important, c'est que, aujourd'hui, on se retrouve et qu'on soit heureux ensemble et que nos familles soient heureuses, que tout soit résolu bien sûr.
Peut-on espérer, peut-être, le voir le soir du concert ?
Pour moi, quel cadeau incroyable que Nicolas vienne au Palais des congrès et partage avec moi la scène. En fait, ce n'est pas que ma scène, c'est sa scène à lui. Je parle de 45 ans. C'est votre scène. C'est notre scène à tous les deux. C'est votre histoire. C'est notre histoire qu'on a vécue. Vous imaginez si on avait cette joie qu'il soit avec nous, ça serait magnifique. Quel cadeau ? Le vrai cadeau, ce serait celui-là, que j'aimerais partager avec le public.
Alors, on lui lance un appel. S'il veut venir…
On l’accueille à bras ouverts ! Nicolas, si tu veux venir, tu es le bienvenu avec moi, avec mes amis musiciens, et puis surtout avec notre public qui nous suit depuis tant d'années. C'est merveilleux. ne On va pas parler de votre âge, mais vous avez 70 ans.
Comment vous faites pour garder cette authenticité, ce côté toujours dans l'air du temps, ce côté indémodable ?
C'est parce que déjà cette musique, elle est intemporelle. Elle n'est pas intemporelle grâce à nous. Elle existe depuis tellement longtemps. Je parlais d'une musique, d'un chant d'un peuple. Donc ça veut dire que c'est vraiment une histoire qui vient de loin. Et on garde cette spontanéité parce qu'on est comme on est. Je veux dire, toute notre vie, on m'a toujours demandé, mais vous n'avez pas peur qu'un jour, ça vous prenne dans la tête et tout. Et moi, j'ai toujours répondu que d'une caravane, on ne tombe pas de haut. Et dans une caravane, on aime entendre le bruit de la pluie…
S'il devait rester une seule chanson, laquelle vous garderiez dans votre cœur toute votre vie ?
Jusqu'à la fin, une seule. Moi, je garderai La Donna, qui veut dire la femme. Et en fait, cette chanson, un jour, on l'a dédiée à mon amie Brigitte Bardot. Parce qu'en fait, c'est quand même grâce à elle que nous avons pris un chemin incroyable. C'est la première qui a cru en nous, quand personne n’y croyait. Et son amitié a été d'une fidélité jusqu'à aujourd'hui incroyable.
Dans la nouvelle génération, la nouvelle scène française ou internationale est-ce qu'il y en a quelques-uns que vous aimez particulièrement ?
Oui, il y a beaucoup de chanteurs, bien sûr, il y en a qui sont incroyables. Je pense à Louane que j’aime beaucoup.
Et Kendji Girac ?
Kendji Girac, évidemment. Il est la suite de notre musique. Lui, il est dans la transmission aujourd'hui. Je suis content parce qu'il a montré que notre musique avait beaucoup d'avenir. Et surtout quand il a fait The Voice, il a passé toutes les étapes avec nos chansons. Donc on était heureux de dire : tu vois, quand même, nous sommes les patriarches de cette musique. Et il a fait son chemin qui est super. C'est un gentil garçon, il chante bien, il a bien évolué. Il n'a pas fini de le surprendre. C'est un bon garçon.
Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Purepeople
player2
player2
player2
player2