On l’associe aujourd’hui spontanément aux saveurs du terroir, aux voyages gourmands et aux marchés colorés. Pourtant, avant de devenir l’animatrice emblématique des Carnets de Julie puis de l’émission Les voyages de Julie, Julie Andrieu a multiplié les expériences professionnelles. Curieuse, indépendante et avide de découvertes, elle s’est longtemps cherchée avant de trouver sa voie.
Tout commence juste après le baccalauréat. Très jeune, Julie Andrieu sillonne le monde en tant que photojournaliste. Ses clichés sont publiés dans des magazines prestigieux comme Paris Match ou Elle. Elle rejoint ensuite France Soir, où elle fait une rencontre déterminante. Celle de Jean-Marie Périer. Le célèbre photographe devient à la fois son mentor et son compagnon pendant plusieurs années.
C’est pourtant à contre-courant de ce milieu artistique qu’elle accepte, pendant près de deux ans, un emploi beaucoup plus classique. Julie Andrieu entre alors dans une agence immobilière parisienne. Un travail alimentaire, peu enthousiasmant pour la jeune femme, mais qui va la placer au cœur d’une anecdote raconté par Jean-Marie Périer lui-même sur Instagram il y a quelques jours.
C’est Jean-Marie Périer lui-même qui a sorti des placards cette anecdote savoureuse, en la racontant le 1er janvier dernier sur Instagram. À l’époque, Julie Andrieu n’a qu’une vingtaine d’années et travaille dans une agence immobilière parisienne. Un poste qu’elle occupe sans véritable passion. Comme le raconte son ancien compagnon, "dire que cette situation l’emballait serait mentir", même si, fidèle à son éducation, elle se rend chaque matin "dans la boutique d’une grande compagnie", où les journées lui paraissent longues et monotones. Très vite, son esprit s’évade ailleurs.
Jean-Marie Périer se souvient que son passe-temps favori consistait surtout à imaginer "les plats qu’elle allait préparer pour le dîner du soir", preuve que la cuisine occupait déjà une place centrale dans son quotidien. C’est pourtant dans ce contexte inattendu qu’un nom mythique surgit : Francis Ford Coppola. Le cinéaste cherche alors un pied-à-terre à Paris pour sa fille Sofia. Julie Andrieu est présentée au réalisateur et devient rapidement "sa personne de confiance" pour lui faire visiter des appartements dans la capitale. Une mission prestigieuse, mais semée d’embûches. "Curieusement, parmi tous les appartements que Julie lui proposait, rien ne correspondait à ses désirs", raconte Jean-Marie Périer, amusé par cette quête interminable.
Le réalisateur multiplie les allers-retours en France, visite des biens toujours plus beaux, sans jamais se décider. Pourtant, il reste d’une grande gentillesse avec la jeune femme, s’excusant même "de lui demander autant de travail pour rien". Une relation presque affectueuse s’installe, nourrie par la spontanéité de Julie Andrieu. Jean-Marie Périer se souvient notamment de cette scène improbable où Julie avoue avoir "laissé Coppola en double file dans sa petite auto pendant qu’elle faisait ses courses pour les légumes du soir". Une anecdote qui le fait encore sourire aujourd’hui : "Je me demande encore si elle se rendait bien compte de son insolence en laissant poireauter le metteur en scène du Parrain."
Le dénouement est à l’image de cette histoire hors norme. Lors d’une visite supplémentaire, Francis Ford Coppola refuse une nouvelle fois un superbe duplex en bord de Seine, puis se tourne vers Julie Andrieu avec une douceur teintée d’ironie : “Vous n’avez jamais vendu un appartement, n’est-ce pas ?”. Un peu gênée, elle le reconnaît. Alors il répondit : “Bon alors, OK, je prends celui-là !”". Jean-Marie Périer s’amuse même à imaginer que c’est peut-être "en fréquentant Paris grâce à Julie" que Sofia Coppola a trouvé l’inspiration pour tourner Marie-Antoinette.
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