C'est la nouvelle lubie qui envahit nos fils d'actualité en cette fin de vacances. Sur les réseaux sociaux, de nombreux baigneurs s'amusent à récupérer de l'eau de mer pour en extraire du sel une fois de retour à la maison. Une astuce "DIY" qui semble inoffensive et 100% naturelle pour prolonger l'été en cuisine. Pourtant, les experts tirent la sonnette d'alarme : cette pratique est non seulement hors de prix, mais surtout très dangereuse pour la santé.
Sur le papier, l'idée de ramener un petit bout de plage dans sa cuisine pour assaisonner ses petits plats est pourtant séduisante. La technique partagée est de faire bouillir l'eau de mer dans une casserole jusqu'à évaporation totale pour récupérer les précieux cristaux blancs.
Mais selon un biophysicien qui s'est penché sur la question pour TF1, faire bouillir l'eau de mer ne fait que concentrer absolument toutes les particules solides qui s'y trouvent. Et malheureusement, l'océan n'est pas composé que de sel pur. Le verdict du spécialiste fait froid dans le dos : "On va avoir tous les polluants, des résidus de pesticide, de médicaments, d'hydrocarbure, tout ce qui est métaux lourds aussi et tout ça, ça va largement contaminer le sel."
En résumé : vous ne fabriquez pas un condiment naturel, mais un sel hautement toxique. Une situation qui n'a absolument rien à voir avec le sel cultivé par les paludiers dans les marais salants. Ces professionnels travaillent avec une eau qui fait l'objet de contrôles sanitaires stricts en amont, garantissant un produit sain et propre à la consommation avant toute récolte.
Si l'argument santé ne suffit pas à vous dissuader de jouer les apprentis chimistes, parlons budget. En plus d'être dangereuse, cette lubie est un véritable désastre économique.
En effet, pour espérer obtenir 1 kg de sel, il vous faudra faire bouillir pas moins de 30 litres d'eau de mer. Ce processus d'évaporation extrêmement long va consommer environ 25 kWh d'électricité. Avec un tarif moyen de 20 centimes le kWh, votre kilo de sel "maison" vous reviendra alors à environ 5 euros de facture énergétique. En revanche un kilo de gros sel de mer classique et contrôlé ne coûte qu'entre 50 centimes et 1 euro dans les rayons de n'importe quel supermarché.