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Gérard Depardieu dégraisse le ''Mammuth'' et parle d'amour... et d'alcool !

Chevelu, bourru et à moto, Gérard Depardieu revient à fond les manettes dans Mammuth, la nouvelle oeuvre de Gustave Kervern et Benoît Delépine, les membres du truculent Groland. Après Aaltra, Avida et Louise Michel, les deux compères continuent d'exploiter la fibre sociale du cinéma et signe un road-movie aussi déroutant qu'attachant. Les deux réalisateurs offrent surtout un rôle magnifique au monstre du cinéma qu'est Gérard Depardieu. Dans le magazine Première, les trois personnages se confient dans une interview passionnante et Gérard s'affiche en homme plus libre que jamais. Extraits.

Gérard Depardieu tourne beaucoup sans jamais vraiment choisir un plan de carrière, en témoigne sa filmographie. Ces dernières années, il a alterné entre le polar Diamant 13, la comédie de Gad Elmaleh, Coco, le drame A l'Origine, le "Chabrol" Bellamy et le film historique L'Autre Dumas. Le nouveau costume de Gérard est celui d'un retraité tout frais, qui parcourt les routes chevauchant sa Mammuth à la recherche des papiers qui lui manquent pour toucher sa retraite.

Pour Depardieu, ce rôle fait écho à son père, ce qui l'a touché quand les réalisateurs lui ont parlé du film : "C'était un homme qui ne savait ni lire ni écrire, et qui était un peu une victime. Par exemple, ma mère l'engueulait 'Mais enfin, tu fais chier à travailler le dimanche. Et en plus t'es même pas payé !' Il répondait : 'je vais quand même pas me faire payer le dimanche'." Profondément attaché à son père, il rapporte les propos que Jean Carmet lui disait : "Ton père, c'est un prince."

Dans ce film, les femmes sont reines : "Toutes les femmes du film sont très belles. Ce ne sont pas que des mères, mais elles sont des mères en puissance." Et quand Gérard parle d'amour, il a une vision plutôt... particulière : "Avant, les gens s'aimaient, même s'ils baisaient la bonne et qu'il y avait des gamins un peu partout. Pas grave, ça fait partie de la nature humaine. Mais la tragédie de la vie, c'est qu'on nous fait croire qu'il peut y avoir de l'amour à la con, alors qu'il n'y en a pas."

Gérard donne la réplique à Yolande Moreau, qui joue sa femme, mais aussi à Isabelle Adjani qui incarne le fantôme d'un amour du passé. Les cinéastes avaient peur que cette dernière n'apprécie pas le film et ont trouvé une idée pour pimenter ses scènes : "On lui a demandé de tourner elle-même, en caméra subjective, les moments où elle regarde le personnage de Gérard. Elle nous a fait ça sans hésiter. Ses plans sont surprenants, parce que c'est une artiste. Elle est barrée, et heureusement."

Lors de la cérémonie des César, Depardieu a remis le prix de la meilleure actrice à Isabelle, son cinquième César, pour La Journée de la jupe et leur embrassade sur la scène du théâtre du Châtelet était chargée en émotion. Il n'en manque pas quand il parle d'elle pour Première : "Isabelle est la même que j'ai connue. [Il a tourné avec elle Barocco, Camille Claudel et Bon Voyage, ndlr] Pour certains, elle est folle, géniale pour d'autres, comme moi je suis un alcoolo pour les uns et un gros péteur pour d'autres."

Parler de sa relation avec l'alcool ne lui fait pas peur. Quand Delépine lui rappelle une interview avec Jonathan Ross sur la BBC qu'il a faite et qui était un pur délire, Gérard précise : "En plus, à cette époque-là, je ne buvais pas."

L'interview est également l'occasion de lire des petites piques, çà et là, sur la profession. Gérard se plaint de "se faire chier" parfois dans le milieu et que les "accidents" permettent de rompre tout cela : "Je me souviens d'une pièce au théâtre avec Jean-Luc Bideau. Il était ivre mort, allongé en travers de l'entrée." Certains voulaient annuler le spectacle, pas Depardieu, trop heureux d'avoir un accident sur le plateau de Claude Régy : "Il faut dire quand même, ces gens sont chiants. Comme Patrice Chéreau, avec un doigt dans le cul. Là, au moins, celui qui n'était pas chiant, c'était Jean-Luc Bideau."

L'acteur n'épargne pas non plus Bernard-Henri Lévy, lorsqu'il parle des difficultés de financement du film : "Il a fallu un peu bousculer Arte parce qu'on n'a pas eu cette avance sur recettes qui nous aurait vraiment arrangé. BHL, paix à son âme et à son oeuvre, était dans la commission, et il disait qu'il n'y avait rien dans ce film. Bon, c'est un copain, c'est pas grave. Il en veut à beaucoup de gens de cinéma parce qu'ils l'ont écrasé quand il a fait son film avec Alain Delon [Le Jour et la nuit, avec aussi sa femme Arielle Dombasle, ndrl]."

Depardieu, figure emblématique du cinéma, a la tête remplie de souvenirs, de vécu. Et pourtant, quand Kervern lui demande, comme il a "pas mal bu dans sa vie", d'où lui vient cette mémoire, il répond : "Je n'ai plus de mémoire. Ce que je viens de raconter, c'est pas difficile car c'est du vécu. Mais pour garder la mémoire sur un texte de théâtre, j'ai une oreillette. Je n'aime pas être concentré sur un rôle." Toutefois, il n'utilise pas d'antisèche : "L'antisèche, je sais ce qu'il y a dessus. Je n'ai pas besoin d'ouvrir la feuille, le simple fait de la voir m'évite de me demander ce que je dois dire. John Malkovich [avec qui il a joué dans L'Homme au masque de fer et dans le téléfilm Les Misérables] a essayé, il n'y arrive pas. Je lui ai dit que c'est parce qu'il pense trop."

Homme au franc-parler réjouissant, Gérard est, malgré les blessures de la vie, resté emprunt de cette bonhommie regorgeant de liberté haute en couleurs. Il ne reste plus qu'à l'apprécier dans l'ovni poétique Mammuth, au cinéma le 21 avril. (Retrouvez la bande-annonce ci-dessus).

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le numéro 398 du mois d'avril de Première.
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