Il y a des souvenirs de vacances qui restent particulièrement gravés dans la mémoire. À 69 ans, André Manoukian se rappelle encore avec une étonnante précision de celui qui a marqué son adolescence. Le souvenir de son premier baiser. Le lieu, les circonstances et même le prénom de celle qui le lui a donné ne l’ont visiblement jamais quitté.
Interrogé par Amandine Bégot dans "Dans ma valise", le rendez-vous estival de RTL consacré aux souvenirs de vacances des personnalités, le pianiste n’a d’ailleurs pas hésité une seconde lorsque la journaliste lui a demandé s’il se souvenait du prénom de son premier amour. "Oui", a-t-il répondu en riant. Avant de révéler : "Elle s’appelait Chantal." L’histoire se déroule alors qu’André Manoukian n’a que 16 ans. L’adolescent passe quinze jours en colonie de vacances dans les Hautes-Alpes, plus précisément au Bez, un petit village situé entre Villeneuve-la-Salle et Le Monêtier-les-Bains, dans la vallée de Briançon. Un décor de montagne qui semble avoir laissé une empreinte particulière dans la vie du musicien.
Et pour cause, André Manoukian est depuis toujours beaucoup plus attiré par les sommets que par les longues journées passées sur une plage. "Parfois je rêve de mer, de plage… Au bout de trois heures, je regarde ma meuf et je lui dis : “Qu’est-ce qu’on fait ? Je m’ennuie”", raconte-t-il avec son franc-parler habituel. Son attachement à la montagne ne relève pourtant pas seulement d’une préférence personnelle. Enfant, André Manoukian avait dû renoncer aux vacances à la mer pour une raison médicale. Après un vaccin antituberculeux reçu à six ans qui ne s’était pas très bien passé, son médecin avait alors donné une consigne très claire à ses parents : "Dorénavant, c’est fini la mer ! Les vacances, c’est la montagne." Des années plus tard, c’est justement au cœur de ces montagnes qu’il allait vivre l’une de ses premières grandes émotions sentimentales.
Durant sa colonie, il rencontre donc Chantal. Il ne donne que peu de détails sur leurs quinze jours passés ensemble, mais se souvient parfaitement de ce qui s’est joué au moment de se quitter. “Avant de partir, je l’ai serrée très fort, j’ai senti qu’il pouvait se passer un truc”, raconte-t-il sur RTL. Seulement voilà, ses parents viennent le récupérer et André Manoukian quitte la colonie sans que ce fameux “truc” ait eu le temps de se produire. Pour beaucoup d’adolescents, l’histoire aurait probablement pris fin à cet instant. Lui en a décidé autrement. À 16 ans, pas question pour André Manoukian de rester avec le regret de ne pas avoir tenté sa chance.
Heureusement, ses parents ne l’emmènent pas très loin après son départ de la colonie. Le soir venu, le jeune homme décide donc de repartir à la recherche de Chantal. Pas de voiture pour parcourir la distance, il embarque quelques copains dans son aventure et se lance à pied. “J’ai pris des potes et on a fait 5 km à pied pour la retrouver”, se souvient-il. Une véritable petite expédition avec, au bout du chemin, l’espoir de revoir celle qu’il venait à peine de quitter. Son intuition était la bonne. Après ces kilomètres parcourus pour retrouver Chantal, la jeune fille finit par faire le premier pas. "On ne sait pas comment faire à 16 ans, vous savez… Et c’est là qu’elle m’a embrassé", raconte-t-il avec un sourire.
À l’écoute de cette histoire, Amandine Bégot ne peut s’empêcher de souligner la tendresse du récit. "C’est un super souvenir", lui lance-t-elle. Une remarque avec laquelle André Manoukian est entièrement d’accord : "Oui, c’est un très bon souvenir." Et près de cinquante-cinq ans après les faits, le musicien adresse même un petit clin d’œil à celle qui en était l’autre protagoniste : "Chantal, si tu nous écoutes…", plaisante-t-il. Depuis cette aventure adolescente, la vie sentimentale d’André Manoukian a évidemment connu bien d’autres chapitres. Le musicien est père de trois enfants : Julie, née en 1982 de sa première union avec Sophie, puis Anton et Aris, nés respectivement en 2000 et 2001 de son histoire avec Stéphanie, sa compagne depuis 1993.