"Le 19 février 1962, mon père part en Algérie pour vérifier la comptabilité. Et le 22 février, il se fait descendre dans la rue d'une balle dans le dos et dans la nuque." C'est ainsi que Jean-Pierre Foucault évoquait la triste disparition de son père, alors exportateur de fruits et légumes, en 2024 devant les caméras d'Un dimanche à la campagne. Il était à l'époque du drame âgé de 14 ans. Aujourd'hui, alors qu'il a 78 ans, il a enfin quelques éléments concernant le sujet. Invité du podcast Jamais dit d'Isabelle Farrugia, l'emblématique présentateur de Miss France est revenu sur cette enquête personnelle qui lui a permis de lever une partie du voile sur ce drame qui a bouleversé sa vie.
Pendant plus de six décennies, Jean-Pierre Foucault a vécu avec de nombreuses questions restées sans réponse. Grâce à l'intervention de Patricia Mirallès, alors secrétaire d'État chargée des Anciens combattants, il a finalement pu consulter des documents officiels. "J'ai eu des éléments il y a très peu de temps. J'étais chez un ami à Montpellier avec le préfet de l'époque et la secrétaire d'état aux anciens combattants et tous m'ont dit : 'Ecoute, on va trouver.' Et un jour, cette dame charmante, Patricia Mirallès, qui n'occupe plus son poste (...), m'a invité dans son bureau aux Invalides. Elle m'a dit : 'J'ai un cadeau pour toi.' Et là, elle m'a donné le PV de police secours, le PV du commissariat de police et le PV de l'hôpital", se souvient l'animateur. Et de poursuivre : "Donc j'ai tout su en quelques documents. Et elle m'a dit : 'En plus, je t'ai rajouté ce qu'a fait ton père pendant la guerre.' Elle a tout trouvé. Mon père s'est bien comporté, il a eu une médaille de la résistance dont il ne voulait pas parler (...). J'ai tout su il y a deux, trois ans." Une découverte particulièrement forte pour celui qui avait déjà raconté combien cette disparition l'avait contraint à grandir brutalement et avait profondément façonné sa personnalité.
Si ces archives lui ont permis de mieux comprendre les circonstances des faits, elles n'ont pas levé le principal mystère : celui du mobile du meurtre. L'animateur raconte que les procès-verbaux mentionnaient pourtant un indice important. "Malheureusement, c'est maintenant trop tard pour savoir pourquoi, qui. Parce que j'ai même le numéro d'immatriculation de la voiture qui est partie en trombe après l'assassinat de mon père. Quand il est mort, quand il a été assassiné, les policiers avaient le numéro d'immatriculation de la voiture. C'était le 22 février 1962. En mars, c'était l'autodétermination. Ils avaient autre chose à faire les policiers, ils faisaient leurs valises comme tout le monde, précise l'animateur installé dans son refuge méditerranéen avec sa femme Evelyne. Ils n'ont pas cherché, ils sont allés sur place là où habitait le présumé assassin et ils ont dit que personne ne se trouvait sur place et ont été obligés de partir. Je ne saurai jamais. Je pense que c'est un règlement de compte personnel, parce que ma mère m'a dit qu'il était allé vérifier la comptabilité. Mais ça reste une supposition très personnelle." Des confidences qui font écho à celles qu'il avait livrées à Frédéric Lopez, lorsqu'il expliquait avoir longtemps porté le poids de ce drame, lui qui était devenu à seulement 14 ans le chef de famille. Plus de soixante ans après les faits, Jean-Pierre Foucault dispose enfin de nouveaux éléments sur cette tragédie, même si certaines questions resteront sans doute définitivement sans réponse.