Jérôme Bocuse a pris la parole sur Facebook pour la première fois. Dans une lettre ouverte publiée le 17 octobre 2026, le fils du célèbre chef Paul Bocuse exprime son indignation après que la statue de son père qui trônait à Lyon a été déboulonnée et saccagée. Installé aux États-Unis depuis plus de 35 ans, il dénonce également les dégradations commises contre des commerces et critique vivement la gestion de la situation par le gouvernement français.
C’est un message particulièrement ferme qu’a choisi de publier Jérôme Bocuse. Celui qui représente la France au Pavillon de France d’Epcot, en Floride, explique n’avoir jamais publié de message sur Facebook auparavant. S’il décide aujourd’hui de prendre la parole, c’est pour exprimer son indignation face aux événements survenus en France. "Ce soir, je suis en colère. Profondément en colère. Et dégoûté", écrit-il dès les premières lignes de sa lettre ouverte.
Le fils de Paul Bocuse revient notamment sur la statue de son père, déboulonnée et saccagée. "Des millions de visiteurs du monde entier découvrent chez nous un peu de notre pays, et quand on prononce le nom de Bocuse, les gens sourient. Ils parlent de la France avec respect. Et aujourd’hui, j’ai vu la statue de mon père déboulonnée et saccagée par des voyous.", écrit-il avec tristesse. Mais il insiste également sur les conséquences des dégradations pour les commerçants, les artisans et les familles touchés. "Ce sont eux, les premières victimes de cette journée", souligne-t-il, en évoquant les bâtiments incendiés et les boutiques pillées.
Dans son texte, Jérôme Bocuse distingue le droit de manifester des actes de destruction. "Manifester est un droit. Brûler, piller, détruire, salir la mémoire d'un mort, c'est une honte", affirme-t-il. Il rappelle également le parcours de son père, fils de cuisinier, qui a consacré sa carrière à faire rayonner la gastronomie française, à former des milliers de cuisiniers et à faire vivre de nombreuses familles.
Jérôme Bocuse tient aussi à remercier Paul Maurice Morel, directeur des Brasseries Bocuse, son fils et les équipes de La brasserie Le Sud. Selon lui, ils ont fait face aux casseurs pour tenter de sauver la statue. "Ils l'ont fait par fidélité, par courage, par amour pour mon père", écrit-il, avant de leur adresser ses remerciements.
Il félicite par ailleurs les forces de l'ordre pour leur intervention, estimant qu'elles ne disposent pas du soutien et des moyens nécessaires. Jérôme Bocuse s’en prend ainsi au gouvernement, qu’il juge "totalement inefficace", l’accusant de ne pas donner aux forces de l’ordre les moyens nécessaires pour protéger les Français, leurs commerces et leur patrimoine.
Enfin, Jérôme Bocuse réclame que les personnes responsables soient identifiées et condamnées. Il demande également des mesures concrètes en faveur des commerçants touchés. Malgré les dégradations, il conclut sa lettre en rappelant l'héritage transmis par son père : le travail, le partage et la générosité. "Cet héritage-là, aucun vandale ne pourra jamais le déboulonner", affirme-t-il, avant de terminer par ces mots : "Vive la France. La vraie. Celle qui travaille, qui construit et qui se tient debout."