Les Molière au théâtre, ce sont un peu ce que sont les César au cinéma. Chaque année, une cérémonie (organisée cette fois-ci ce lundi 28 avril aux Folies Bergère et présentée par l'audacieuse Caroline Vigneaux) récompense les plus grands acteurs du milieu. Qu’il s’agisse de la mise en scène, de la création ou de comédiens, l’académie des Molières attribue des trophées à ceux qu’ils estiment être méritants pour le rôle qu’ils ont joué dans l’industrie au cours de l’année. Malheureusement, tout le monde n’est pas récompensé. Voire même carrément nommé. Un constat que déplorent certains comédiens parmi lesquels Clémentine Célarié.
Dans son autobiographie Ce feu qui me brûle, à paraître dès le 7 mai prochain aux éditions du Cherche Midi, Clémentine Célarié a “confié son amour de la scène avec passion et sensibilité” peut-on lire dans le résumé de l’ouvrage. “Le théâtre m’a sauvée. Il nous relie instantanément à notre humanité. Il est la vérité. Il est un lieu sacré qui a besoin d'être nourri par notre générosité, notre écoute. Sur scène ou devant une caméra, je me sens vibrer dans un devenir, une histoire qui ne finira jamais, une quête immense qui s'étend au-delà du définissable, parce que l'art et la recherche vont plus loin que les limites du monde” écrit elle.
Malheureusement pour elle, Clémentine Célarié n’a jamais reçu de statuette ou une quelconque reconnaissance de la part du métier, en dépit de tout l’amour et toute la passion qu’elle y met. Dans cette même autobiographie justement (que Télé Loisirs a pu consulter), la comédienne de 67 ans, dont le cancer a été annoncé à ses enfants par erreur, a fustigé la cérémonie et son académie.
L’an dernier, alors qu’elle avait toutes ses chances d’être nommée pour son rôle dans Je suis la maman du bourreau, Clémentine Célarié, déjà zappée par l'industrie du cinéma, a appris qu’elle ne l’était finalement pas. Un coup dur qui lui a fait tirer définitivement un trait sur les espoirs de se voir un jour honorée par le milieu.
Si elle peut entièrement entendre que tous n’ont pas la chance de concourir, elle a en revanche un peu plus de mal avec le fait que ce genre de cérémonies ne soit visiblement tourné que vers une catégorie de personnes : “J’ai reçu ça comme une bombe qui a longtemps continué d’exploser dans mon ventre, écrit-elle. Je pensais vraiment que mon métier, qui ne m'a pas toujours reconnue ni encouragée, me tendrait la main cette fois. Ça n’a pas été le cas. Au contraire, le métier me ferme une porte et ne comprend manifestement pas. Je suis absolument démunie, je me sens abandonnée, rejetée, punie."
Malgré tout, Clémentine Célarié n’a pas choisi de changer pour rentrer dans un moule pour avoir peut-être un jour l’opportunité de se voir nommer : “C’est très rare que l'abnégation, la passion infinie, absolue, le total don de soi, le sacerdoce dans le travail soient reconnus par quelque académie que ce soit. L'académie est là finalement pour nous brider, pour nous punir, surtout, surtout quand on sort des cases, quand on fait des choses de façon trop indépendante ou libre. Je suis encore punie pour la liberté avec laquelle je choisis mes spectacles." Une liberté à laquelle elle ne renoncera jamais.
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