Derrière l'énergie communicative et le talent brut qu'elle offre sur scène, Hoshi revient de loin. À 29 ans, l'autrice-compositrice-interprète — à qui l'on doit des tubes poignants comme Ta marinière ou Amour censure — s'apprête à franchir une étape majeure dans sa carrière. Ce vendredi 9 octobre 2026, elle dévoilera son tout nouvel album intitulé Bonjour Docteur. Mais loin d'être un simple disque, cet opus de quatorze titres sonne comme une véritable mise à nu. Écrit cash et sans détour, il aborde sa rupture amoureuse mais surtout l'emprise qu'elle affirme avoir subie de la part de son ancienne compagne et manageuse Gia Martinelli durant leurs sept ans de relation, de 2017 à 2024.
Interrogée par Le Parisien sur ce que symbolise ce projet musical si intime, Hoshi résume en quelques mots l'intensité de sa démarche : “Une innocence perdue, je crois. Et quand même de la colère. Je dirais qu’il y a dedans tout un bordel d’émotions qui devaient sortir.” Et pour cause, le quotidien qu'elle décrit au cours de ces sept années s'est révélé être un engrenage destructeur.
C'est dans les colonnes du Parisien que l'artiste a accepté d’expliquer plus largement ce qu'elle affirme avoir subie durant sa relation passée : “De mes vingt ans à mes vingt-sept ans, je ne suis pas sortie seule dans la rue. J’avais fini par me persuader que je ne pouvais pas. Elle était avec moi partout, tout le temps. J’adorais cuisiner avant et ça non plus, je ne pouvais pas, elle ne me laissait pas. Elle voulait contrôler tout.” Une emprise qui a complètement eu raison d’elle : “Je suis sortie de cette relation complètement vidée. Un ramassis de traumas. Le pire, c’est de perdre la personne qu’on est profondément. D’avoir l’impression de ne plus savoir rien faire. Je n’étais plus humaine. Je suis retournée vivre chez ma mère. Au début, dans la rue, j’étais un zombie, j’avais peur, je me retournais en boucle. J’ai dû tout réapprendre.”
Cet isolement étouffant et cette perte de repères ont fini par générer une anxiété massive chez Hoshi. Dans son morceau justement baptisé Santé mentale, elle égrène sans tabou les symptômes venus gâcher son quotidien : tocs, phobie sociale, crises d'angoisse et idées suicidaires... Pour briser cet engrenage et reprendre possession de sa vie, Hoshi s'est tournée vers la thérapie, tout en choisissant de libérer sa parole : “J’ai libéré ma parole avec mes proches, mais la musique, c’est ce qui me fait le plus de bien, il fallait que ça sorte aussi sous cette forme.” Une catharsis nécessaire qui porte aujourd'hui ses fruits. Désormais tournée vers l'avenir avec un regard empreint d'espoir, la chanteuse, qui a porté plusieurs fois plaintes contre son ancienne compagne, retrouve peu à peu sa sérénité et confie même garder intact dans un coin de sa tête son désir profond d'être maman un jour.