À l'affiche du long-métrage Garance, réalisé par Jeanne Henry, Adèle Exarchopoulos renoue une nouvelle fois avec une fiction où le désir s'affranchit des étiquettes. Un registre familier pour celle qui avait crevé l'écran dans La Vie d'Adèle, avant de poursuivre sa trajectoire avec Les Cinq Diables. Mais si la star française brille régulièrement par sa sincérité désarmante à l'écran, elle ne triche pas non plus lorsqu'il s'agit de revisiter sa propre histoire. Interrogée dans les pages du magazine Têtu, la comédienne a partagé un souvenir intime et particulièrement marquant de ses 16 ans. Une anecdote adolescente liée à la découverte du sentiment amoureux, vécue avec une spontanéité déconcertante.
Pour Adèle Exarchopoulos, l'attirance amoureuse n'a jamais été une affaire de barrières ou de conventions. Preuve en est : le souvenir de ses années de lycée, lorsqu'elle a éprouvé un véritable coup de cœur pour une camarade de classe. "À 16 ans, je rentre du lycée et mon père me demande si j'ai quelqu'un dans ma vie et si je veux l'inviter à déjeuner. Je lui réponds qu'elle s'appelle Christina, que c'est la plus belle fille du lycée et que je suis amoureuse d'elle", confie l'actrice. Loin de dramatiser la situation, la jeune femme a immédiatement mis des mots sur ce qu'elle ressentait, partageant tout naturellement ce premier sentiment amoureux avec son père.
Alors que cette déclaration aurait pu susciter des interrogations ou de l'incompréhension, la réaction paternelle a immédiatement balayé toute inquiétude. "Il me dit simplement : 'Ramène-la demain'", se remémore l'interprète de L'Amour ouf. Une réplique simple et chaleureuse, qui a profondément marqué la future comédienne. "Je suis consciente que c'est une chance. La Vie d'Adèle m'a amenée à rencontrer des personnes qui n'ont pas eu cette évidence-là", poursuit-elle dans les colonnes du mensuel. Une ouverture d'esprit qui lui a permis de vivre ses sentiments sans avoir à les dissimuler.
Cette franchise sur sa vision des relations continue d'accompagner Adèle Exarchopoulos, aussi bien dans sa vie que sur les plateaux de tournage. Dans Garance, où elle partage des scènes d'intimité avec Sara Giraudeau, elle mesure encore le décalage dans le regard du public lorsqu'elle tourne en extérieur. "Je vois bien dans le regard des gens que ce n'est pas perçu de la même manière que si j'embrassais un homme. Moi, j'aime autant embrasser une fille qu'un garçon", affirme-t-elle. À travers ses confidences comme ses rôles, la comédienne défend ainsi une approche libre des sentiments, loin des schémas préétablis.