Il y a plusieurs Laurent Gerra. Celui que la France écoute chaque matin enchaîner les imitations avec talent et une ironie piquante. Et l’autre, beaucoup plus discret, presque invisible, qui disparaît dès que le rideau tombe et que son micro s’éteint. Entre ces deux visages, l’humoriste qui fête son 58e anniversaire ce lundi 29 décembre 2025, partage sa vie entre Paris, cœur battant de sa carrière, et une vallée alpine perdue à la frontière italienne où il se réfugie loin du bruit et du tumulte de la capitale. Un grand écart intime qui fait aujourd’hui son bonheur.
À Paris, Laurent Gerra n’est presque jamais le temps de souffler : émissions, répétitions de spectacle, rendez-vous professionnels, interviews, chroniques radio… La capitale est le cœur de sa carrière, le lieu où il puise une grande partie de son inspiration, nourrie par l’actualité et les intrigues politiques. Mais dès que les projecteurs des scènes s’éteignent, dès que les micros sont rangés, l’humoriste a besoin de se ressourcer ailleurs. Et cet ailleurs, c’est la montagne. Mais pas n'importe laquelle.
Il y a plusieurs années, il a trouvé son nid douillet dans les Alpes françaises. À Lanslebourg, en Haute-Maurienne, Laurent Gerra a déniché un cocon tranquille qui tient une place particulière dans son cœur et dans sa vie. Dans son enfance, c’est en effet sur les pentes du Val-Cenis qu’il a appris à skier. C’est aussi dans le coin qu’il a découvert la nature grâce à son grand-père, soldat engagé dans l'armée en 1939, qui a rejoint la Résistance après s’être échappé d’un camp allemand. “Quand je suis ici, je revis, il y a les copains. C’est une évidence : j’aime être ici avec mes bouquins, mes disques. Quand il y a du soleil, je me mets sur la terrasse et je profite”, disait-il au Dauphiné Libéré.
Inadapté pour Paris, où il est pourtant obligé de se rendre pour son travail, Laurent Gerra aime vivre dans cette petite commune de quelques centaines d’âmes, nichée dans les Alpes. “Je rêvais d'avoir un chalet. J'en ai un qui donne sur cette magnifique Dent Parrachée”, décrivait l’humoriste à France 3. Profondément attaché à la Savoie, bien que né à Bourg-en-Bresse, Laurent Gerra s’y sent mieux que n’importe où ailleurs. “C’est l’endroit où je décompresse, je lis, j’écoute de la musique, je fais beaucoup de ski, j’ai commencé à skier dès 4 ans”, confiait-il à Paris Match.
Il lui arrive même parfois de faire ses chroniques depuis son chalet, les yeux posés sur ces montagnes qu’il aime tant. D’autant que Laurent Gerra a dû batailler pour vivre dans ce décor de carte postale. “Avoir un chalet en Savoie, c’était un rêve de gosse. Pas facile à réaliser. Quand on n’est pas d’ici, on ne vous octroie pas aisément une maison. Mais je l’ai trouvé, il est de 1989, l’année où j’ai commencé. C’est resté préservé, j’y ai mes amis”, se réjouissait-il. Et quand il ne travaille pas, sa vie s’organise autour de choses simples : balades en forêt, ski l’hiver, et dîners autour d’une bonne fondue devant un poêle qui réchauffe les corps et les cœurs.
Les habitants de la région racontent un homme accessible, qui apprécie autant la tranquillité que les conversations autour d’un verre de vin. Pourtant, même ce refuge n’a pas été exempt d’anecdotes : son ex-compagne de longue date, Christelle Bardet, a partagé sur les réseaux sociaux plusieurs épisodes cocasses vécus dans cette maison à cause d’une porte claquée ou d’une alarme récalcitrante. Mais ces petites mésaventures n’ont jamais réussi à ternir l’attachement de Laurent Gerra pour cette région. Au contraire, elles ont souvent été partagées comme des instantanés de la vie quotidienne, loin des strass et du stress de la capitale.
En 2020, la naissance de leur fille Célestine a encore renforcé ce besoin d’ancrage et de protection. Laurent Gerra l’a reconnu : devenir père a bouleversé ses priorités, l’incitant à lever le pied professionnellement pour savourer des moments du quotidien, surtout en Savoie. Non loin de la frontière italienne, l’imitateur est aussi un habitant engagé dans la vie locale. L’auditorium de ce petit village porte son nom et il a créé un festival qui s'intitule C'est l'printemps et fait le plein d’artistes tous les ans. “On est accepté ici parce qu’il y a une forme d’authenticité. Si j’aime revenir ici, c’est parce qu’il y a cette ambiance-là. J’ai envie de faire découvrir ça à d’autres”, assurait-il dans les colonnes du Dauphiné Libéré.
D’autres, d’ailleurs, ont pu découvrir le lieu préféré de Laurent Gerra dans plusieurs films. Après Noir comme neige (2021) et Morts au sommet (2023), l’humoriste et imitateur a de nouveau revêtu le costume d’Andreas Meyer dans Hors limites. Qui a été tourné à côté de son village d’adoption. Une belle façon pour l’imitateur de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Mais aussi de prendre la bouffée d’air frais dont il a besoin. "Je suis un amoureux de la neige, confiait-il au Parisien sur le tournage. Quand je repars à Paris et que je ne vois plus la Dent Parrachée, je pleure.”
player2
player2
player2
player2