Elle a foulé les plus prestigieux tapis rouges du monde, mais c’est désormais dans un ancien repaire d’artistes new-yorkais qu’Angelina Jolie cultive une autre facette d’elle-même. Au 57 Great Jones Street, à Manhattan, l’actrice a installé l'Atelier Jolie, un projet qui dépasse largement les contours d’une simple marque de mode. Dans cet immeuble chargé d’histoire - il s'agit de l'ancien studio d'Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat - la star hollywoodienne veut faire dialoguer création, artisanat et cultures du monde.
Le lieu, ouvert au public en décembre 2023, avait d’abord été pensé autour de la mode. Angelina Jolie souhaitait réunir des artisans et des créateurs venus d’horizons différents, notamment autour de vêtements réalisés à partir de matières existantes. Mais l'Atelier Jolie a depuis pris une dimension plus large, en accueillant également artistes, designers, expositions et ateliers. Sur place, les murs extérieurs portent encore les traces de l’histoire artistique du quartier, tandis que la célèbre couronne associée à Jean-Michel Basquiat rappelle immédiatement le passé singulier de l’adresse. A l’intérieur, le décor change radicalement. L’espace, imaginé par les architectes Enrico Bonetti et Dominic Kozerski, joue avec les éléments bruts du bâtiment : briques, surfaces blanchies et traces de graffiti cohabitent dans une atmosphère volontairement dépouillée. Un écrin qui laisse surtout la place à ceux qui viennent y créer.
Car l'Atelier Jolie se veut avant tout un lieu de rencontres. L’actrice s’intéresse aux profils accueillis en résidence et à leurs univers, avec la volonté de favoriser les échanges entre disciplines et cultures. Parmi les artistes associés au lieu figure notamment la Française Prune Nourry, dont la fondation Catharsis Arts a investi les espaces pour une résidence consacrée à l’art et aux questions de société. La créatrice afghane Zolaykha Sherzad, fondatrice de Zarif Design, y a également présenté son travail, tandis que le créateur britannique Ozwald Boateng a fait partie des personnalités accueillies dans le cadre de la programmation. Une programmation qui ne s'arrête d'ailleurs pas à la mode. Photographie, arts visuels, artisanat, design : l'Atelier Jolie cherche à faire cohabiter plusieurs univers sous un même toit.
Dès le lancement du projet, Angelina Jolie avait tenu à se démarquer du fonctionnement traditionnel d'une maison de mode. "Je ne veux pas devenir une grande créatrice de mode. Je veux créer une maison qui permette à d’autres de le devenir", avait-elle expliqué lors de la présentation des lieux. Une déclaration qui résume assez bien la philosophie du lieu. L’actrice ne cherche pas seulement à apposer son nom sur des collections : elle souhaite mettre des outils et un espace à disposition de créateurs qui peuvent y développer leur propre langage. Dans ce lieu pensé comme un espace ouvert, la création se poursuit aussi autour d'une table. L'Atelier Jolie accueille notamment Eat Offbeat, un projet culinaire qui met en avant des chefs réfugiés et immigrés à New York. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir des cuisines venues de différents pays tout en profitant d'une programmation qui mêle ateliers, rencontres et événements. Une façon de faire de l'adresse autre chose qu'une boutique : un endroit où l'on peut entrer par curiosité et rester pour une exposition, un cours ou simplement un café.
L'Atelier Jolie n'est pourtant qu'une partie de la nouvelle vie professionnelle d'Angelina Jolie. La star reste également liée au Château de Miraval, cette propriété du Var acquise avec Brad Pitt en 2011 et devenue célèbre pour son domaine viticole et son rosé. Après leur séparation, la propriété est devenue l'un des principaux points de contentieux entre les deux ex-époux, notamment après la vente par Angelina Jolie de ses intérêts dans Miraval à Tenute del Mondo, société liée au groupe Stoli. La star conserve ainsi un pied dans l'univers du vin et dans cette Provence à laquelle elle reste attachée, tandis qu'elle développe à New York un projet radicalement différent. Deux univers, deux pays, deux activités : d'un côté, une propriété française chargée d'histoire et au coeur d'un long conflit judiciaire ; de l'autre, un espace new-yorkais tourné vers les artistes, les artisans et la transmission.