On la connaît actrice césarisée, réalisatrice sensible d'Une jeune fille qui va bien et chanteuse à ses heures. On la découvre aujourd'hui sous un jour totalement nouveau, les mains plongées dans la terre. À 58 ans, Sandrine Kiberlain s'aventure sur un territoire inédit et dévoile sa première exposition d'art. Intitulée "Les Fruits", cette collection singulière s'installe au cœur de Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement de la capitale, au sein de la galerie Xavier Eeckhout. Loin du tumulte des tournages et de la frénésie du cinéma, l'artiste s'est prise de passion pour le modelage et l'émaillage. Une parenthèse intime, façonnée dans le secret de l'atelier. Alors qu'elle partageait récemment l'affiche de la comédie Ni vue, ni connue avec Isabelle Huppert, la voici qui prend les chemins de traverse. Avec ses volumes généreux et son regard tendre sur les objets du quotidien, elle offre une immersion vivante dans un univers poétique, accessible et profondément incarné.
Sous l'intitulé "Les Fruits", Sandrine Kiberlain revisite un motif classique de l'histoire de l'art pour mieux se l'approprier. Ici, pas de vaisselle sage ni de poterie purement décorative. La comédienne préfère bousculer les repères en reproduisant des éléments familiers avec des couleurs franches, des contrastes vifs et des jeux d'échelles surprenants. Réalisées en collaboration avec l'atelier parisien Sous Terre, ses créations en céramique naviguent constamment entre réalisme bienveillant et fiction joyeuse. Le résultat compose une série de pièces où chaque imperfection raconte une histoire. Les fruits prennent des allures de sculptures pop, presque vivantes, célébrant la beauté de ce que l'on manipule tous les jours. Le geste manuel et le contact direct avec la matière brute répondent chez elle à une envie de spontanéité. Dans ce travail d'artisanat, elle retrouve un rythme apaisé, à l'opposé du tempo millimétré des plateaux de cinéma.
Pour célébrer ses débuts d'artiste au 8 bis de la rue Jacques Callot, Sandrine Kiberlain a réuni ceux qui partagent sa route. Lors du vernissage parisien, sa fille Suzanne Lindon était naturellement aux premières loges pour découvrir les pièces et soutenir cette nouvelle aventure. Une complicité évidente, dans une ambiance chaleureuse typique des soirées de la Rive gauche. Plusieurs personnalités de son entourage culturel avaient également fait le déplacement. Le cinéaste Emmanuel Mouret, le compositeur Pierre Souchon ou encore l'architecte et designer Charles Zana sont venus saluer son travail aux côtés du galeriste Xavier Eeckhout. Tous ont pu admirer cette transition naturelle vers les arts appliqués, portée par la curiosité et l'absence de calcul.
Cette première exposition confirme surtout le tempérament indépendant d'une artiste qui n'aime pas rester figée dans un seul rôle. Passer de la mise en scène au travail de l'argile n'a rien d'un simple caprice : c'est une manière différente de raconter des histoires et de poser son regard sur le monde. Le façonnage de la terre lui permet d'explorer une autre facette de sa sensibilité, sans compromis ni faux-semblant. Présentée du 21 octobre au 20 novembre 2026 à la galerie Xavier Eeckhout, l'exposition "Les Fruits" invite le public à découvrir une Sandrine Kiberlain libre, facétieuse et résolument créative. Une belle preuve qu'il n'y a pas d'âge pour ouvrir une nouvelle porte et laisser parler son imagination.