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Leslie, histoire d'une renaissance : confidences exclusives sur son absence, son retour, son amour et... son cinéma !

En septembre 2010, Leslie revient après trois ans d'absence avec A la recherche du bonheur, un album moins pudique que les précédents...
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En septembre 2010, Leslie revient après trois ans d'absence avec A la recherche du bonheur , un album moins pudique que les précédents...

25 ans, bientôt 10 ans de carrière, 4 albums (plus un avorté), et pourtant, il y a quelque chose de spécial dans le retour sur le devant de la scène de la délicieuse Leslie : "J'ai l'impression que ma vie commence aujourd'hui parce que je suis plus proche des réalités ; j'ai l'impression que je commence à naître", finit-elle par analyser, au cours de notre rencontre sous un doux soleil de septembre qui lui a dicté une petite robe noire ajustée tout en simplicité.

Son nouvel album (et le premier en près de 4 ans), A la recherche du bonheur (déjà disponible - un jeu concours original vous attend sur son site), porte effectivement les indices, les preuves et même les stigmates de l'entrée dans une nouvelle dimension. Réalisé par son bien-aimé Kore, son complice artistique depuis les débuts ("le premier qui a cru en moi", se souvient-elle), cet album au titre et au single-titre quasi performatifs, positifs, dresse un état des lieux multi-facettes et multi-tons, tant sur son auteure que sur ce qui l'entoure, abandonnant la pudeur adolescente :

"C'est le moment où je cogite. Parce que je prends de l'âge. Je n'appréhende pas les choses de la même façon, forcément. Quand j'ai commencé, j'avais 17 ans. Aujourd'hui, j'ai peut-être peur de plus de choses, mais a contrario, je me sens plus libre. Plus libre artistiquement, plus libre dans ma vie. Je suis une grande rêveuse à la base, j'ai l'impression que cet album est plus terre à terre. Je fais des albums qui correspondent réellement à des périodes de ma vie. D'une année à l'autre, ça peut changer. J'ai fait ma construction à travers la musique, et ma thérapie, mon exutoire, à travers mon écriture. C'est un album qui est dans le présent : il n'y a ni rétrospective, ni envie de voir l'avenir. Je vis au jour le jour, la seule différence, c'est que le côté pudique que je pouvais avoir auparavant dans mes textes, je l'ai beaucoup moins eu dans celui-là, où j'aborde mon enfance, les problèmes que j'ai eus avec mon père, des tas d'autres choses..."

"Ça a été mon grand démon, ça, depuis toujours..."

Pierre angulaire de ce dévoilement intime, c'est avec le single déchirant Tout sur mon père que la jeune femme a effectué son retour. Une bouteille à la mère et un réquisitoire sans animosité, à l'adresse d'un père biologique qu'elle n'a jamais connu, parce qu'il a fait le choix de partir. "Quand on est une fille, constate-t-elle, c'est d'autant plus difficile de vivre sans son père, parce que c'est ce qui nous construit à 90%, encore plus qu'une mère. Et quand on n'a pas eu cela, et qu'on évolue dès l'âge de 16 ans dans le milieu de la musique, qui n'est pas facile du tout, où il faut avoir des armes solides pour pouvoir perdurer, on pense toujours à cela..." Si la chanson n'a pas tout à fait résolu une situation par essence insoluble (le père de Leslie s'est manifesté, mais elle a préféré couper les ponts), elle a eu d'autres répercussions : "Sincèrement, ça n'a rien changé, mis à part que j'ai pu partager cette histoire avec une partie du public. Ça, ça a été très fort. A la suite de ce titre, j'ai reçu un nombre incroyable de messages de filles ou de garçons qui ont vécu dans des familles monoparentales et ont compris mon histoire. Est-ce que c'est exorcisé ? Parfois, j'ai l'impression que oui. D'autres fois, non. On ne sort pas indemne d'une famille qui se sépare, et, bizarrement, même quand on est heureux, on a une espèce de mélancolie en soi. Ce premier single correspondait très bien au titre de cet album. Chacun essaye de se battre contre ses propres démons. Moi, ça a été mon grand démon, ça, depuis toujours. J'ai revu mon père et j'ai fait le choix de couper les ponts, pas par méchanceté ni par vengeance, mais par le fait que j'ai fait un rejet de cette situation parce que je n'arrivais pas à créer ce lien. Lui , d'un coup, est arrivé de nulle part, hyper paternaliste, à m'appeler tous les jours, à me demandais ce que je faisais, c'était une super démarche de sa part, mais je pense que j'étais pas prête à ça. J'avais besoin d'explications, etc. Aujourd'hui, on n'est plus du tout en contact. C'est comme un couple qui divorce et un remariage : quand on s'est blindé et qu'on arrive à vivre seul, ça déstabilise tout, on se sent vulnérable. Et moi, l'idée de me sentir vulnérable par rapport à lui m'effrayait plus que tout."

L'American Dream

Judicieusement, le second single extrait de cet album, Never never, rééquilibre les choses quant A la recherche du bonheur, un album "pas plombant" qui, fidèle au fil rouge de Leslie, n'hésite pas à multiplier les influences et les références. Après le cathartique Tout sur mon père, Never never, ovni électro-pop made in Miami dévoilait la dimension quasi-club, très dense d'un point de vue sonore, qui anime une partie de l'album. Mais aussi tout un univers bubble-gum, qu'on retrouve dans le clip, tourné dans un esprit de spring break : "Kore fait ses allers-retours à Miami pour la musique, et je suis partie là-bas en vacances dix jours. C'est une ville que j'aime beaucoup, pour la mixité, pour le soleil ; c'est une ville magique. Ça m'a tellement plu que j'ai eu envie d'enregitrer une chanson qui s'adapte à Miami juste pour y tourner un clip. J'avais envie de ça pour l'été, et je trouvais que c'était une bonne approche pour l'album, qui n'est pas du tout plombant. Et puis je voulias aussi savoir comment se passe la musique là-bas. J'y ai fait de belles rencontres, j'ai collaboré avec un groupe qui est produit par le même label que Flo Rida, avec qui on a fait une version spéciale de Never never. J'aime l'état d'esprit des Etats-Unis : il n'y a pas de tabou pour l'argent, pas de tabou pour l'artistique, on ose tout. Il y a cette confiance qu'on fait aux artistes et qui manque encore en France."

Paris est également présente au coeur de l'album, avec Paris je t'aime, un regard sur le début de l'aventure de l'ancienne Mancelle : "Quand j'ai commencé, c'était un peu pour moi comme une sorte de ghetto, j'ai quitté ma banlieue pour revenir dans un appart de 20m2 et il fallait que je réussisse." Dans le livret, on distingue une photo de la Tour Eiffel vue depuis un mur de briques cassé : "La plupart des gens qui vivent en banlieue, à une demi-heure de Paris, c'est une vie à part, ils ne connaissent pas forcément Paris, c'était un clin d'oeil."

Si elle s'est ressourcée outre-Atlantique, Leslie profite tout de même de cet album pour affirmer ses opinions, ce qu'on retrouve dans les titres Hexagone, chanson sur les banlieues qui voulait à tout prix éviter le cliché d'être plaintive, et Politicien : "Ça faisait partie de mon approche d'une écriture plus directe, plus engagée. Si je me livrais sur ma vie, il fallait que je me livre aussi sur mes opinions, mes idées. Hexagone, c'est un titre sur la banlieue, mais pas plaintif. Politicien, qui est plus engagé socialement : j'ai pas envie être dans les clichés. Je ne suis pas une artiste engagée politiquement, je ne vote pas et je n'en ai pas envie. En revanche, socialement, je m'engage à longueur de temps." En témoignent les ateliers d'écriture qu'elle a commencé à animer, avec Mathias, son guitariste. "Une envie que j'avais depuis très longtemps. Moi-même, quand j'ai commencé la musique, j'étais dans une maison de quartier (au Mans, NDLR) où ils proposaient des ateliers d'écriture. C'est ça qui m'a donné le goût de l'écriture. On a commencé à développer ça il y a 5 mois, en partenariat avec la mairie d'Aubervilliers, et on va développer ça dans les collèges de France. Ça a commencé doucement en banlieue parisienne, on a eu un super article dans le Parisien. Après on a fait Reims, et puis ça a été les grandes vacances. Et là, on va reprendre... C'était dingue. A Reims, c'était la cohue dans la cour de récré. Les profs étaient là : Nous, on ne vous connaît pas, mais nos élèves sont hyper contents. On a un cahier des charges à respecter : normalement, 20 élèves maximum. Là, je me suis retrouvée avec 35-40 élèves... (...) Il y a aussi un cadeau à la clé : une fois qu'on aura fini tous les ateliers, on prendra le texte le plus touchant et on fera un concert de son collège avec les gamins qui ont participé."

Presque quatre années d'absence : l'accident de parcours

A plusieurs reprises au cours de notre entretien, le business du disque français sera en cause. Il fait même l'objet d'un message subliminal dans les (copieux) remerciements qui figurent sur la pochette de l'album : exprimant sa gratitude à sa famille et sa belle-famille, elle évoque la volonté de "se battre encore". Le combat, c'est celui pour faire de la musique. Rien n'est simple, d'autant moins quand on a connu l'échec, comme ce fut son cas il y a deux ans, avec un album de reprises de tubes des années 80 qui ne vit jamais le jour après une promo pourtant entamée. Difficile pour le public de comprendre ce qu'il s'est passé... Leslie élucide l'incident de parcours : "Je sortais de trois exploitations d'albums chez M6, et ce fameux album des années 1980 devait être un album de transition. Un entre-deux. Je ne pouvais pas partir en proposition, je me suis dit je vais faire une pause. Reprendre des titres, ça m'arrange. M6 n'était pas intéressée. On a signé chez EMI/Capitol. Arrivée chez Capitol, il y a des équipes qui ont sauté. Nous, on voulait le travailler sur deux mois, pour faire comprendre au public que c'était pas un album de compos, et la maison de disques a voulu le travailler comme un album normal, sur une année, avec la promo, le clip, etc. Je crois que ça a été très mal perçu par le public, à juste titre, et quand j'ai vu tout ça, j'ai dit autant arrêter le carnage. Je suis partie de chez Capitol, j'ai signé en indé, maintenant j'ai une configuration indé, et on est reparti sur un album de compos qui m'a pris près de 2 ans." Et donc, au bout du compte, pas loin de 4 années d'absence.

Le cocon de Leslie

Un épisode malheureux qui aura mis en évidence deux choses. La première, c'est qu'il faut se battre pour défendre ses convictions, "par rapport à cette industrie qui est en total déclin" : "Il y a plein de choses contre lesquelles il faut se battre quand on est artiste aujourd'hui. Une rentrée en radio, un patron de radio qui nous apprécie mais ne joue pas notre titre, ce sont des pseudo-claques qu'on ne comprend pas."

La seconde, l'importance d'être bien entourée : "Quand c'est comme ça, on a besoin de se sentir encore dans son cocon familial. C'est la seule chose qui nous donne de la force. Et puis, dans ma carrière, c'était rare que j'ai un projet qui ne voie pas le jour. On le vit comme un échec. Moi, j'ai toujours besoin de cette sécurité de la famille. Me battre... contre tous ces gens du milieu que je n'apprécie pas forcément, en fait. Je me réfugie auprès des gens qui m'aiment, qui apprécient mon travail et qui croient vraiment en mon projet. Si je ne les ai pas, j'arrête tout de suite."

Outre la famille, elle retrouve sur A la recherche du bonheur Sarah Sebaï, sa grande amie, qui lui écrivit Je suis et je resterai. Cette fois, c'est pour le titre à l'épreuve des balles Super Woman, qui témoigne bien, d'ailleurs, de la place faite aux femmes dans cet album (qu'on remarque notamment avec un titre tel qu'Elle s'en ira, sur les grossesses précoces, inspiré de sa mère, d'anciennes camarades de classe et de Juno) : Sarah m'a vue grandir. C'est une amie avant tout, c'est elle qui avait écrit Je suis et je resterai. Elle a une place toute particulière. C'est ma confidente, peut-être la seule femme qui puisse me comprendre parce qu'elle me connaît vraiment. En fait, on était en studio : "Elle est beatmakeur, elle travaille sur des machines, et moi je suis un peu garçon manqué quand je suis en studio, je m'installe sur mes logiciels. On a l'impression qu'on est deux femmes, mais avec une âme de garçon à l'intérieur. Super Woman, c'est ça."

Kore-Leslie, en amour comme en musique, "ça fonctionne" !

"Kore, je travaille avec lui depuis 10 ans, et ça fonctionne bien. Il a sa carrière, j'ai la mienne. En studio, il y a une vraie alchimie. On se comprend, on se fait confiance, il y a une vraie honnêteté. Je suis une grande impatiente. Et puis je suis un peu têtue. Alors parfois, il y a des bons moments en studio, et parfois c'est un peu la cata, parce qu'on est pas d'accord et que je ne lâche pas mes opinions si facilement. On arrive à segmenter : je refuse de devenir le couple d'artistes, moi qui chante chez moi, lui qui fait de la musique à la maison. Ça, c'est un truc insupportable. J'arrive à créer deux univers assez différents, à me dédoubler : à être une femme à la maison, et une artiste en studio. Et lui, pareil. De toute façon, si ça ne fonctionnait pas, on ne l'aurait pas fait." Une alchimie évidente dans le très cinématographique et très amoureux duo West side story...

Le cinéma ? Carrément. C'est un projet.

Dans West side story, outre sa complicité avec Kore, Leslie laisse également sa passion pour le 7e art s'exprimer. Tarantino et Besson ont ses faveurs, pour leur talent à "mettre les femmes dans des situations d'action, des héroïnes sensibles et fortes". Elle aurait rêvé de jouer le rôle tenu par Patricia Arquette dans True Romance (de Tony Scott, sur un scénario de Tarantino), ou celui de Natalie Portman dans Léon : "Je rêvais d'être à la place de Natalie Portman. Et aujourd'hui toujours. Carrément. Le cinéma, je rêverais de jouer un jour. C'est quelque chose qui se fera. C'est un projet, en plus de la musique."


Propos recueillis par Guillaume Joffroy.

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