Karl Lagerfeld était une figure emblématique de la mode, reconnaissable autant pour son style personnel que pour son influence créative. Il est considéré comme l’un des plus grands couturiers et son décès, en 2019, a été un profond bouleversement. Toutefois, depuis cette date, ses successeurs (son assistant Sébastien Jondeau, son filleul Hudson Kroenig, les deux mannequins Brad Kroenig et Baptiste Giabiconi… et son chat Choupette) font face à des difficultés concernant son héritage. Comme l’explique le média Glitz ce jeudi 12 février, juste avant les fêtes de fin d’année, Hery Rey, notaire monégasque, les a informés que la justice de la principauté de Monaco avait validé l’inventaire de la succession de Karl Lagerfeld. Toutefois, début 2026, ils ont reçu un courrier indiquant qu’un membre de la famille du couturier contestait le testament. Un plaignant anonyme qui aurait potentiellement le pouvoir de redistribuer les cartes et une partie du patrimoine de Karl Lagerfeld pourrait revenir aux enfants de ses sœurs Christiane et Thea, toutes deux décédées.
Lorsqu’il s'est éteint, Karl Lagerfeld était en plein bras de fer avec l’administration fiscale, notamment à cause de propos tenus quelques années plus tôt. En 2013, il avait qualifié François Hollande, président de la République à ce moment-là, "d’imbécile" dans une interview accordée à un magazine espagnol. La Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) avait alors lancé un contrôle sur ses revenus de 2010 à 2012 et perquisitionné ses appartements parisiens. Une enquête a été ouverte et le fisc a découvert que les ressources de Karl Lagerfeld transitaient par une fondation au Liechtenstein et échappaient au fisc français. Au total, l'administration a évalué à plus de 40 millions d'euros les revenus non déclarés.
Karl Lagerfeld a toujours refusé de payer, invoquant un accord fiscal conclu "près de vingt ans plus tôt avec le ministre de l’Économie d’alors, Dominique Strauss-Kahn", peut-on lire. Les héritiers du couturier ont tenté de faire valoir cet accord prétendument émis, et ce n'est qu’après plusieurs années de recherches et de revers devant le tribunal administratif qu’une copie de cet accord a été exhumée. Toutefois, elle n’a pas suffi à annuler le redressement. Un compromis a finalement été trouvé, ramenant la dette sous la barre des 40 millions d’euros. Une somme considérable qu’il faut désormais rembourser.
Pour éponger cette somme, les administrateurs judiciaires Christian Boisson et Michèle Lebossé ont dû vendre à tour de bras : l'immobilier, les collections d'art de la table, tout y est passé. Des ventes qui, à ce jour, ont rapporté un peu plus de 20 millions d’euros, soit environ la moitié de la dette. Mais cela signifie-t-il que le reste des biens sera également vendu ? La somme accumulée étant encore insuffisante, l’administration fiscale pourrait récupérer l’essentiel de la fortune de Karl Lagerfeld. Cela laisserait ses héritiers sans patrimoine, seulement avec leurs souvenirs passés en compagnie du célèbre créateur de mode.
player2