Michel-Édouard Leclerc se projette sans vraiment s’engager. Du moins, pour le moment. Dans un entretien accordé à La Tribune du Dimanche, dévoilé ce dimanche 28 décembre, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc évoque son avenir public et nourrit les spéculations, alors que son nom circule de plus en plus souvent dans la sphère politique.
Selon nos confrères, l’homme d’affaires, élu en tête des personnalités de la société civile avec 35 % des voix, réfute toute ambition présidentielle déclarée, tout en assumant une réflexion personnelle sur son rôle dans la société. Interrogé par le journal : "Vous êtes cité parmi les candidats potentiels à l’élection présidentielle. Vous dites ne pas avoir de 'désir élyséen', mais voir 'en être'. Qu’est-ce que ça signifie ?". Michel-Édouard Leclerc répond : "Au risque d’être prétentieux, je sens les évolutions de la société. Leclerc est le premier groupe de distribution, c’est un formidable observatoire des comportements sociaux des producteurs, des politiques et des consommateurs. Je vois le côté positif des générations qui arrivent et je veux leur être utile."
S’il exclut clairement une carrière parlementaire ou ministérielle, celui qui ne possède aucun magasin revendique une autre manière d’agir. "J’ai tiré un trait sur l’idée d’être parlementaire. Est-ce qu’être ministre aujourd’hui me donnerait une capacité supplémentaire d’agir ? J’ai l’impression que non. Je suis un citoyen engagé, je veux rester. Je regarde plus loin que l’élection de 2027. Mon projet, c’est celui de nos enfants", explique-t-il, avant de préciser : "Mon idée, c’est d’accompagner les forces vives et créatrices. En politique, dans l’économie, ou dans les médias comme chroniqueur… Je me pose la question."
Lucide sur l’état du débat public, il dit préférer l’action concrète aux affrontements partisans. "Quand je vois les politiques engoncés dans des disputes partisanes où le couple exécutif-législatif est paralysé, je me rends compte que c’est sur le terrain que je vais pouvoir aider", confie-t-il à La Tribune du Dimanche. Pour illustrer son propos, Michel-Édouard Leclerc cite l’exemple du groupe qu’il incarne : "Chez Leclerc, la révolution numérique est faite. On n’a plus peur d’Amazon. On a mis en place le drive, on développe le click and collect. C’est une fierté pour d’anciens épiciers."
Sans rien annoncer pour autant, Michel-Édouard Leclerc affirme vouloir continuer à peser dans le débat public. Et cela en s’appuyant sur son expérience d’entrepreneur et en laissant ouverte la possibilité d’un engagement futur. Affaire à suivre.
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