Interviewé par La Tribune du Dimanche, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, s’est exprimé sans détour sur la question de sa succession. Arrivé en tête des personnalités issues de la société civile, l’homme d’affaires de 73 ans affirme ne pas préparer l’après, et pour cause.
"Je n’en ai pas besoin. Les centres Leclerc sont autogérés depuis neuf ans. Il est possible que l’un ou plusieurs de mes quatre enfants s’impliquent dans le groupe. Mais je ne vais pas parler à leur place. Leclerc n’est pas une entreprise dynastique. Mon père a transmis à ses descendants le fait de ne pas oublier d’où ils viennent. C’est ma ligne directrice", confie-t-il. À ceux qui l’imaginent prêt à tirer sa révérence, Michel-Édouard Leclerc répond avec une pointe de malice : "J’ai pris ma retraite ! Je ne suis plus salarié des centres Leclerc. J’ai créé mon entreprise. Je viens au bureau, mais ça ne me semble pas être du travail."
Régulièrement cité parmi les personnalités pressenties pour une candidature à l’élection présidentielle, il balaie toute ambiguïté et affirme ne pas "avoir de désir élyséen". "Au risque d’être prétentieux, je sens les évolutions de la société. Leclerc est le premier groupe de distribution, c’est un formidable observatoire des comportements sociaux des producteurs, des politiques et des consommateurs. Je vois le côté positif des générations qui arrivent et je veux leur être utile", explique-t-il.
Pour rappel, Michel-Édouard Leclerc est père de quatre enfants issus de son premier mariage. Il est aujourd’hui marié à Natalia Olzoeva, née à Oufa, en Russie.
Enfin, évoquant l’avenir des grandes surfaces, le dirigeant conclut l’entretien en s’arrêtant sur la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, ainsi que sur la flambée des prix de la viande et du lait. "Plus on parle d’abattage et de vaccination, moins on va avoir envie de manger de la viande. Ce n’est pas dans l’intérêt des éleveurs que la méfiance s’installe", alerte-t-il.
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