Les Leclerc, c’est une famille pas comme les autres. La célèbre enseigne a été créée par le père, Edouard Leclerc, qui a commencé dans la salle à manger de la maison familiale en proposant des galettes bretonnes 30 % moins chères puis d'autres produits dans son hangar dans le Finistère. Aujourd’hui, elle représente 660 magasins en France et 140 000 employés. Pas surprenant donc que le nom de la marque ait de la valeur.
Actuellement, le fils, Michel-Edouard Leclerc, ne dirige pas l’entreprise et ne possède aucun magasin. Il est toutefois le chantre des prix bas et défend le pouvoir d’achat dans les médias. Le “patron préféré des Français” n’en est donc pas un, mais il représente “Leclerc” à plus d’un titre. Mais qui prendra sa relève ? Si certains de ses quatre enfants semblent intéressés, les adhérents ont souhaité protéger l’entreprise avant tout en s’emparant du nom Leclerc.
Selon un article du Monde datant d’août 2024, la famille Leclerc a revendu son nom et ses dérivés pour une jolie somme. L’objectif est de préserver la marque si le groupe venait à être dirigé par un patron extérieur au clan. La vente aurait rapporté pas moins de 120 millions d’euros à “MEL” et à ses deux sœurs. Elle aurait eu lieu dans les années 2000 et leur aurait permis à tous les trois de se constituer, ces dernières années, un beau patrimoine personnel.
Le père avait affronté son propre frère pour ce nom. Edouard Leclerc avait attaqué Michel en justice pour avoir utilisé leur patronyme pour lancer ses propres stations-services. C’est en partie en raison de cette “guerre de l’essence” que MEL a choisi de changer son nom : ne plus s’appeler Michel-Marie mais Michel-Edouard.
Selon le reportage, sa fille aînée Audrey travaille au siège, chargée du dossier de décarbonation. Son fils Olivier est dans l’apprentissage et aurait souhaité reprendre un magasin. Quant à E., qui ne souhaite pas que son nom soit dévoilé, elle est avocate. Et Emmanuelle serait haut fonctionnaire au ministère des affaires étrangères.
Qui succèdera à MEL ? Rien n’est encore certain mais le mari de Natalia, une Russe de 14 ans sa cadette, ne souhaiterait pas encore passer le relais, passionné et déterminé. Il avait d’ailleurs déclaré : “Tant que je peux être utile pour la marque, je continuerai”. Nathalie Bordais, la propriétaire d’un centre Leclerc, avait concédé à nos confrères : “Quand il arrêtera, ce sera une perte incroyable”. La succession ne semble donc pas encore en marche, bien que soient parfois évoquées des aspirations présidentielles de cette figure de la grande distribution.