Il y a encore quelques années, Zinédine Zidane faisait rêver les supporters par son élégance balle au pied. Aujourd'hui, une nouvelle page s'ouvre dans sa carrière : le champion du monde 1998 est devenu le nouveau sélectionneur de l'équipe de France, succédant à Didier Deschamps après quatorze années à la tête des Bleus. Une consécration pour celui qui a toujours attendu ce poste avec patience. Pourtant, enfant, celui que l'on surnomme Zizou ne s'imaginait pas forcément vivre du football. Dans un autre monde, il aurait pu exercer un métier bien différent : chauffeur-livreur.
En juillet 2013, Zinédine Zidane accordait à So Foot le seul grand entretien de sa carrière. L'occasion pour l'ancien meneur de jeu de revenir sur son enfance et de révéler un rêve auquel personne ne s'attendait. "Mais moi, je n’ai rien demandé. Je voulais jouer au foot, avoir une famille… et j’ai joué au foot, et j’ai quatre enfants, j’essaie déjà d’être bon à la maison. (Rires) Je n’ai pas fait du foot pour être connu, je n’ai pas fait ça pour ça ! Moi, je voulais être chauffeur-livreur", a-t-il lancé. Interrogé sur cette étonnante vocation, il en explique l'origine avec simplicité : "Quand j’étais petit, il y avait un mec qui venait livrer les petits magasins à côté de l’endroit où on jouait, et à chaque fois, il nous demandait de l’aide. Certainement parce qu’il avait peur que si on continue à jouer, on casse quelque chose. Bref, à chaque fois, il nous donnait un petit quelque chose. J’aimais bien ces moments-là, j’aimais l’aider et je m’étais dit que, plus grand, je ferais ça. Il y a des mômes qui veulent faire pompier, moi, c’était chauffeur-livreur." Ainsi, si son épouse Véronique se prédestinait à une carrière de danseuse, Zinédine Zidane pensait, lui, devenir chauffeur-livreur !
Au fil de l'entretien, Zidane insiste sur le fait que le succès ne l'a jamais changé. Une affirmation valable même s'il avait finalement exercé le métier qu'il imaginait au départ : "Je serais le même homme aujourd’hui : quelqu’un de réservé, qui préfère être parmi les siens. Je pense d’ailleurs que les gens m’ont aussi apprécié parce que je ne la ramenais pas à chaque fois. En dehors du terrain, je suis Monsieur Tout-le-monde, et même si, bien sûr, je ne le suis plus – j’en ai bien évidemment conscience –, je fais tout pour le rester malgré tout." Et ce père de famille, désormais même devenu grand-père, d'ajouter : "J’ai conscience d’avoir compté dans la vie de certains gamins ; ce que j’ai fait, une Coupe du monde, un championnat d’Europe, une Ligue des champions, ce n’est pas rien naturellement, mais je n’ai jamais pris la grosse tête, j’ai toujours su d’où je venais et qui j’étais. Je suis comme ça, quoi qu’on en pense. Je suis sincèrement humble. Sans faux semblants."
Celui qui est considéré par beaucoup comme le plus grand joueur français de l'histoire refuse pourtant de se présenter comme tel. "J’ai toujours voulu être le meilleur joueur du monde, et j’ai toujours travaillé pour ça. Mais je n’ai pas été le meilleur, c’est tout", a-t-il indiqué. Il poursuit avec une sincérité rare : "Si je n’étais pas Zinédine Zidane, je ne mettrais pas Zinédine Zidane dans ce classement. A la limite, je fais partie des vingt, peut-être. Mais pas des cinq." Une vision de lui-même qui contraste avec son immense palmarès. Désormais à la tête des Bleus, Zidane assure vouloir mettre cette même exigence au service de la sélection. Lors de sa présentation officielle, il a d'ailleurs confié : "J'ai eu des propositions pendant ces quatre ou cinq dernières années, je les ai toutes refusées pour l'équipe de France, car c'est la seule chose que je voulais faire après mon expérience au Real Madrid." Un rêve de plus qui devient réalité.