En l’espace de quelques jours, Laure Manaudou est passée de l’espoir au renoncement. La championne olympique, engagée dans une préparation intensive pour courir le marathon de Valence, a d’abord ressenti les premiers signes d’alerte dès son retour d’un trek éprouvant au Népal. Une semaine plus tard, elle annonce finalement qu’elle devra abandonner l’épreuve. Invitée à revenir sur son séjour et sa préparation, Laure Manaudou ne cache pas que l’expédition népalaise l’a physiquement secouée… Interrogée le 5 novembre dernier sur la fatigue accumulée, elle a répondu en toute transparence : "Vous vous êtes rendu compte que les photos, vous les avez eues qu'au début en tout cas. Après c'était fini, y'avait plus de photos". Malgré l'épuisement, l’aventure a été exceptionnelle comme elle l'a confié : "Ça a été très enrichissant et surtout de voir tous les Népalais là-bas qui n'ont rien et qui sont heureux tout le temps. Donc je pense que c'est une belle leçon de vie qu'on a eu là-bas et puis des paysages de dingue, des porteurs aussi qui chantaient toutes les heures…". Mais physiquement, la note est lourde et l’ancienne nageuse admet avoir été fragilisée…
"Même si j'ai fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de dénivelé et 150 bornes… en marche, la course à pied, ça reste, je pense, un sport très ingrat comme la natation où quand t'arrêtes, en fait, tu mets le double de temps à récupérer", a regretté la soeur de Florent Manaudou. Habituée à suivre précisément un programme, elle n’a pas pu respecter la préparation comme prévu. "Moi j'aime bien suivre au pied de la lettre la prépa et là j'ai pas pu la suivre… donc j'ai eu un petit coup de mou en rentrant, en disant que je savais pas pourquoi je faisais ça et que j'arrivais pas forcément à tenir les allures", a-t-elle expliqué. Puis de tenter alors de relativiser : "Je me dis aussi que c'est une aventure humaine que je veux faire et pas forcément battre une perf ou quoi que ce soit". À ce moment-là, l’idée d’abandonner n’est pas encore formulée, mais le doute était bien là. Puis ce mardi 18 novembre, la sportive a finalement décidé d'écouter son corps. En effet, 13 jours plus tard, la situation se précise et Laure Manaudou doit se rendre à l’évidence… "Mon cœur me dit d'y aller, mais mon corps me dit non", a-t-elle reconnu. Et d'expliquer que les deux semaines clés de préparation n’ont pas été réalisées : "C'était pour faire du kilométrage, chose que je n'ai pas pu faire. Donc, j'ai le regret de dire que mon corps ne sera pas capable de courir 42 kilomètres". "Je suis très frustrée parce que, même si je suis partie au Népal et que j'ai des kilomètres en moins, j'avais mis beaucoup de cœur et d'envie à participer à ce marathon, surtout que c'est le premier et que c'est, entre guillemets, le plus facile aussi, parce qu'il y a l'équipe qui est là", a-t-elle regretté.
Elle a confié vivre tout cela comme un échec personnel : "C'est vrai que c'est compliqué pour moi parce que j'ai l'impression de vivre un peu un échec. Je vais vous suivre et j'espère continuer la course à pied à un rythme moindre (…) et voir ce qui se passera après. Pour Valence, ça me paraît compliqué, en tout cas, d'être en forme…". Laure Manaudou a également estimé qu’une distance plus courte aurait été envisageable comme "un semi-marathon", qu'elle aurait "pu faire en serrant les dents". Elle a aussi tenu à rappeler que sa discipline d’origine n’a rien à voir avec les impacts imposés par la course à pied. "Je n'oublie pas non plus que je suis nageuse et que je n'ai pas l'habitude d'avoir autant d'impact dans mon corps", a-t-elle reconnu. Puis de conclure sur le fait qu'elle va "Essayer de bien récupérer déjà et d'être là pour l'équipe aussi". Ce n'est que partie remise !
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