Décédée le 17 avril 2026 à l’âge de 77 ans, Nathalie Baye s’est éteinte à Paris des suites d’une maladie à corps de Lewy (MCL), une affection neurodégénérative qui touche environ 200 000 personnes en France selon la Fondation Recherche Alzheimer. D’après l’AFP, son état de santé s’était fortement dégradé depuis l’été précédent. Sa disparition a été annoncée par ses proches, dont sa fille Laura Smet, avec la même retenue qui a marqué toute sa vie.
Selon Le Parisien, cette discrétion se retrouvait aussi dans son quotidien parisien, rue Madame, dans le très chic VIe arrondissement. Loin de l’image d’une actrice célébrée, elle y menait une existence presque invisible, dans un quartier pourtant très fréquenté. Peu de riverains avaient conscience de côtoyer une figure majeure du cinéma français.
Le journal décrit une scène révélatrice au lendemain de sa mort : "Nathalie Baye est morte ?! Oh non, je l’aimais beaucoup, je la croisais très souvent. Elle était élégante et discrète", raconte une voisine. Une présence familière mais jamais envahissante, qui se fondait dans le décor de cette célèbre rue calme et cossue.
Dans les commerces alentour, la surprise est parfois totale. "On ne sait pas du tout qui c’est", répondent certaines vendeuses, tandis que d’autres préfèrent rester silencieuses, par respect pour celle qui cultivait justement cette invisibilité. Même le maire du VIe, Jean-Pierre Lecoq, admet avoir été pris de court : "Je sais que sa fille (Laura Smet) habite pas très loin, qu’elle était dans le secteur. Mais je sais aussi que c’était une femme très discrète, j’ai été très surpris par son décès, je pense à Laura que je connais un peu."
À quelques pas du jardin du Luxembourg et de l’église Saint-Sulpice, celle qui possédait également un refuge dans la Creuse avait pourtant ses habitudes. "Elle achetait souvent des petits kouglofs, c’était une cliente comme une autre, souriante", confie une vendeuse. Une cliente ordinaire, fidèle à une image simple et élégante, loin des projecteurs.
Jusqu’au bout, l’actrice aura donc préservé cette forme de retrait. Rue Madame, son passage laisse des traces ténues, presque effacées, à l’image de la vie qu’elle avait choisi de mener : discrète, à l’écart, et profondément libre.