Quand on pense coupe du monde et football, c’est forcément les têtes d’affiche qui reviennent dans les esprits. Du côté des joueurs français, le pays a été très bien loti. Faut-il rappeler que la France a gagné à deux reprises la grande compétition à vingt ans d’écart ? Si on espère tous voir le maillot des Bleus brodé d’une troisième étoile à l’issue de la coupe du monde, c’est sans doute également le cas pour Jean-Pierre Papin. Il n’a certes pas participé aux grandes victoires mais c’est lors de la coupe du monde 1986 que le sportif qu’il était s’est fait remarquer sur les terrains.
Le palmarès de Jean-Pierre Papin est aussi brillant côté football que dans sa vie personnelle. Marié une première fois, Jean-Pierre Papin épouse en secondes noces Florence Bouet qui deviendra la mère de ses 5 enfants. Si l’on ne connaît pas l’identité de tous, deux d’entre eux se démarquent : Christopher qui a suivi les pas de son père dans le monde du football et Emily, l’aînée de la fratrie, “atteinte d’une lésion cérébrale”.
On s’est mis à pleurer à l’arrêt de bus
Dans un long entretien accordé au Monde, Jean-Pierre Papin revient évidemment sur les moments marquants de sa carrière de football mais également sur des instants aussi forts que personnels. Parmi eux, le diagnostic posé sur sa fille Emily alors qu’elle n’était âgée que de quelques mois : “Un pédopsychiatre de la Timone, à Marseille, nous a dit froidement que nous devrions la placer dans un établissement spécialisé, et ne plus la voir que le week-end. C’était notre premier enfant avec Florence, ma seconde épouse. On s’est mis à pleurer à l’arrêt de bus situé devant l’hôpital.”
Le couple finit par faire la rencontre d’un spécialiste américain dont la méthode controversée portera néanmoins ses fruits sur Emily. A l’époque, Jean-Pierre Papin poursuit sa carrière en Allemagne, mais blessé, demande l’autorisation de se rendre aux Etats-Unis en pleine saison pour tenter le coup : “J’ai demandé au club de pouvoir à aller à Philadelphie [Pennsylvanie], d’où nous sommes revenus avec tout un catalogue d’exercices à lui faire faire toute la journée, du matin au soir, et sur tous les plans – physique, mental, psychomoteur, scolaire… A Munich, des familles d’expatriés sont venues nous relayer bénévolement, car la méthode est éreintante pour les parents.”
Comme l’a si bien fait savoir Jean-Pierre Papin, la stimulation multi-sensorielle est très intensive. Mais des “preuves scientifiques solides” n'ont jamais été confirmées. Néanmoins, l'ancien footballeur et son épouse n’ont pu que constater qu’elle fonctionne en faisant l’expérience avec la petite soeur d’Emily, Aurélie : “[Elle] s’y est essayée d’elle-même à travers les exercices de lecture et de maths. Résultat : à 4 ans, elle savait lire et écrire, ce qui lui a valu de sauter deux classes en maternelle.”
Quant à Emily, 36 ans, les progrès sont “considérables” à en croire son père : “Sa vue est encore faible, et elle ne parle pas, mais elle comprend tout ce qu’on lui dit. Nous avons inventé un langage de huit signes pour communiquer avec elle : « j’ai faim », « j’ai soif », « j’ai mal », « je veux regarder la télé »… Elle parvient à courir également, au point de m’accompagner pendant mes footings de 10 kilomètres. [...] Les petites victoires quotidiennes d’Emily sont plus fortes que mes trophées, mes 356 buts et toutes mes papinades réunies.” Avec sa femme Florence, Jean-Pierre Papin a créé l'association 9 de Coeur, venant en aide aux familles dont les enfants sont lésés cérébraux.
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