Il y a quatre ans, Ophélie Meunier (38 ans) traversait une période particulièrement difficile. Après la diffusion d’un numéro de Zone interdite consacré à l’islam radical, l’animatrice de M6 avait été la cible de menaces de mort. Placée sous protection policière, elle avait dû composer avec une situation qu’elle qualifie d’"expérience étrange, particulière".
Avec le recul, Ophélie Meunier ne remet pourtant pas en question son travail. "Je suis convaincue d’avoir fait mon travail", expliquait-elle dans une interview accordée au magazine Elle. La journaliste assure même ne s’être "jamais dit : j’ai déconné". Pour elle, cette affaire a surtout rappelé l’importance du rôle des médias : "Le journalisme touche à des sujets sensibles et nous avons plus que jamais besoin de les explorer."
Face à cette situation, la maman de Joseph et Valentine a également été marquée par les nombreux témoignages de soutien reçus. "J’ai été touchée par les soutiens que j’ai reçus, publiquement ou en privé", confiait-elle. Une solidarité qui lui a permis de mesurer qu’elle n’était pas la première journaliste confrontée à de telles pressions.
Pendant plusieurs semaines, la femme de Mathieu Vergne a dû apprendre à gérer les conséquences de ces menaces. "Je suis passée par des états où il a fallu que j’apprenne en avançant", racontait-elle. Parmi les difficultés, elle évoquait notamment le fait de devoir "digérer la violence des insultes et les menaces". La journaliste a néanmoins pu compter sur son entourage. "J’ai été accompagnée, entourée, protégée", expliquait-elle, avant d’ajouter : "Aujourd’hui, ça va, je n’ai aucune séquelle de tout ça." Avec sa famille, "on a beaucoup communiqué", précisait-elle.
Je ne me suis pas enfermée
Malgré ces événements, Ophélie Meunier avait refusé de se couper du monde. "Les deux mois qui ont suivi la diffusion du reportage n’ont pas été 'normaux'", reconnaissait-elle. Mais "je ne me suis pas empêchée de vivre, je ne me suis pas enfermée". Elle avait notamment "continué à emmener" ses enfants au parc. Aujourd’hui, elle assure ne plus penser à cette période, sauf "sous un angle purement journalistique". Et si elle reconnaît que "personne n’a envie de vivre ça", elle ajoute : "Je ne le souhaite à personne, mais il y a bien plus grave, il faut continuer à aller de l’avant".