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Roberto Alagna intime : La mort de Florence, la passion volcanique avec Angela

Roberto Alagna est un passionné volubile, qui, même s'il aime les pirouettes et cultive sa faconde, n'élude pas pour autant les sujets les plus personnels, avec une sincérité tonique qui l'honore. Cette authenticité concourt sans doute à en faire l'un des artistes lyriques les plus appréciés - d'un large public - en France, et quiconque a rencontré une fois le ténor en privé peut en témoigner, à l'instar du journaliste du Matin suisse Didier Dana, lequel a dernièrement recueilli un fort joli bouquet de confidences de Roberto Alagna, dont un témoignage rare sur le décès de sa première épouse et des déclarations piquantes sur son amour fou avec son alter ego Angela Gheorghiu. Un entretien qui, tour à tour, se fait touchant, spectaculaire, sombre, drôle, chevaleresque, polisson, spirituel... Presque un auto-portrait, en somme.

"Avec Angela, ça a été animal ! Nous sommes le reflet l'un de l'autre. C'est dément, volcanique et ça continue."

D'emblée, le journaliste annonce la couleur, saisi lors de leur rencontre par "l'énergie folle" d'un Alagna qui n'a dormi que deux heures après sa représentation de la veille à Genève : "le ténor français d'origine sicilienne raconte sa vie comme un roman." Effectivement, l'homme a eu jusque-là une vie pittoresque, qui rejaillit dans son oeuvre récent (l'album Sicilien, intime, qui revient à ses racines) et se trouve ouvertement narrée comme un roman via la biographie publiée sur son site officiel, comme elle fut, en plus détaillé, dans l'autobiographie parue en 2007 (Je ne suis pas le fruit du hasard). On trouve aussi sur le site un agenda de dates de concert qui ne désemplit pas, et, dans son message de voeux pour l'année 2012, Roberto décrivait ce "tourbillon" trépidant del fin d'année 2011 : "l'album Pasión [une vraie profession de foi toujours au top des ventes, NDLR], les concerts " Sicilien ", le Cid à Marseille, Faust à Paris, puis à New York, les répétitions de Tosca qui s'enchaînent ces dernières semaines (je passe de Dr Faust à Mario un jour sur l'autre !)... beaucoup de rôles, beaucoup de travail, et beaucoup d'amitié ! Merci à vous tous pour votre présence de chaque instant. Merci aux nouveaux amis que je découvre grâce à Facebook et Twitter ! Merci à toute mon équipe, avec qui nous réalisons de si beaux projets."

Et de s'élancer déjà dans 2012 : "Nous aurons de très beaux rendez-vous ensemble, et notamment une nouvelle Bohème, à Londres [8 dates du 30 avril au 23 juin 2012, NDLR], pour marquer l'anniversaire de ma rencontre avec Angela [la cantatrice roumaine Angela Gheorghiu, son épouse de longue date, NDLR]..." La Bohème, qu'ils chantaient ensemble en 1996 au Met de New York, et qui porte chance à leur mariage, leur deuxième à chacun, magré un parcours qui fut parfois accidenté (des intentions de divorce furent un temps avancées en 2009, balayées par leur réconciliation) : "C'est dément, volcanique et ça continue", affirme au Matin le prince de la passion au sujet de leur relation. Conclusion fougueuse à sa réponse à la question "L'amour pour la première fois, c'était quand et avec qui ?" : "J'ai souvent été amoureux, dit-il. De plusieurs personnes à la fois. Après, comme pour les tremblements de terre, il y a une échelle de Richter (rires). Le plus grand coup de foudre, c'est Angela. Ma première épouse, Florence, j'ai appris à l'aimer. Et, de plus en plus, jusqu'à sa mort [emportée par la maladie, NDLR]. Avec Angela, ça a été animal! Nous sommes le reflet l'un de l'autre. C'est dément, volcanique et ça continue."

"Ma première épouse a été foudroyée par une tumeur au cerveau (...) Depuis, j'essaie d'être heureux, mais jamais à 100%."

Homme au coeur immense, Roberto Alagna, 48 ans, ne peut se retenir d'évoquer Florence, sa défunte première épouse, qui lui a donné une fille, Ornella (née en 1992), avant de succomber en 1993, victime d'une tumeur au cerveau. Sa brutale disparition a été comme un coup de tonnerre dans le monde hyperprotégé de son cocon sicilien : "Avec mon oncle, on se disait: "Dans notre famille personne ne meurt." Mon arrière-grand-mère a vécu jusqu'à mes 20  ans. La mort est venue frapper lorsque j'avais 30 ans. Ma première épouse a été foudroyée par une tumeur au cerveau. A partir de là, j'ai eu peur pour tous ceux que j'aime. Ma fille, mon frère. Maman est à l'hôpital en ce moment. Et j'ai la phobie de cette maladie."

Cette blessure intime, plus pénible que tous ces bobos ("mon corps est souffrance : j'ai quelque chose de cassé aux chevilles, aux genoux, aux jambes, à la tête, au cou") que le ténor-acrobate confesse, est toujours présente aujourd'hui, grain de sable dans la mécanique pourtant bien huilée de son bonheur : "J'ai peur du bonheur. Au moment où ma carrière décollait, j'avais acheté un petit appartement, on venait d'avoir un enfant. Tout allait bien. Je roulais en voiture. J'ai eu l'impression de m'envoler, c'était le nirvana. Le soir même, ma femme me dit qu'elle ne se sent pas bien : les médecins ont diagnostiqué une tumeur et tout s'est effondré. Depuis, j'essaie d'être heureux, mais jamais à 100%. Je sais que, lorsqu'on atteint cet état (ndlr: il claque des doigts), un truc négatif surgit derrière."

"Avec le décès de ma première femme, j'ai réalisé que les biens matériels n'avaient aucune importance."

La mort de Florence a profondément modifié le rapport de Roberto à la vie, qu'il considère comme sacrée. Raison pour laquelle il n'a aucune pudeur particulière à en évoquer les aspects les plus matériels, comme il l'a déjà fait par le passé. Aussi déclare-t-il sans ambages : "Je gagne bien, mais je dépense superbien. Il ne reste rien à la fin. J'ai fait quatre ou cinq productions. Aucun autre chanteur d'opéra n'a dépensé autant que moi. Pour réaliser un opéra en DVD, il faut entre 200 000 et 400 000 euros rien que pour la captation. Ensuite, il faut payer les décors, l'orchestre, le chef... Je fais cela à perte. Dans la vie, je n'ai besoin de rien, je vis ma passion et j'ai ma famille. Avec le décès de ma première femme, j'ai réalisé que les biens matériels n'avaient aucune importance."

Chez tout autre que Roberto Alagna, la simple évocation de cette cicatrice plomberait la suite de l'entretien. Mais pas lui. Toujours dans la rubrique "love", quand Didier Dana ose "Avez-vous payé pour l'amour ?", la réponse est truculente : "Jamais. J'ai pourtant habité dans un bordel. Lorsque je chantais au cabaret, les prostituées de la rue Blanche étaient des fans assidues. Elles me couvraient de fleurs. J'étais devenu leur mascotte. Elles m'invitaient à dormir. Il m'est arrivé d'avoir des aventures (sourire), mais je n'ai jamais payé !" Gentiment polisson, il récidive peu après avec la question de son dernier baiser en date - un baiser d'opéra : "A New York, la semaine passée sur la scène du Metropolitan Opera, pour ma partenaire Patricia Racette, dans "Tosca"." Et de confesser crânement son péché mignon, dans la même veine : Ma femme, Angela, m'a dit: "Tu es bizarre. Tu ne t'intéresses pas aux voitures ni au sport, tu ne joues pas au poker, tu ne bois pas. Tout ce que les hommes font, tu ne le fais pas. Tu n'aimes qu'une seule chose: les femmes!" (Rires.)

Tel est Roberto Alagna. Un insaisissable hédoniste, capable d'une bonne humeur presque potache comme de fulgurances telles que sa vision d'un Luciano Pavarotti dont il regrette de ne pas s'être rapproché : "Il aurait voulu me connaître et je le considérais comme un dieu. C'était Poséidon et Bacchus réunis. Je ne voulais pas qu'il devienne homme." Faut-il prendre pour argent comptant tout ce que raconte un homme qui se met à jouer Zorro devant vous quand il se remémore la première télé noir et blanc de la famille, et qui vous assène qu'il ment tout le temps, clamant que "le mensonge, y a que ça de vrai !" ? N'aurait-il pas hérité de son arrière-grand-mère ce talent pour des "vérités mensongères d'une beauté théâtrale et poétique hors du commun" ? Tout n'est pas nécessairement noir ou blanc. Le monde de Roberto Alagna est simplement plein de couleurs.

 

Interview exceptionnelle à découvrir en intégralité sur le site du Matin .

G.J.
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