Depuis la fin de la saga Harry Potter, Emma Watson a multiplié les rôles marquants, de The Circle à Noé”en passant par The Bling Ring, prouvant qu'elle pouvait exister au cinéma loin d'Hermione Granger. Mais depuis Les filles du docteur March, sorti en 2019, l'actrice britannique de 36 ans, qui partage son temps entre la France et l'Angleterre, a mis sa carrière entre parenthèses. Les plateaux lui manquent, elle ne s'en cache pas : “Ce qui me manque, c'est d'être sur un plateau”, a-t-elle confié au Hollywood Reporter. La promotion des films, en revanche, ne lui manque pas : “J'ai toujours trouvé l'aspect promo de mon métier assez destructeur pour l'âme.”
C'est dans cette période plus discrète qu'elle s'est tournée, avec son frère cadet Alex, vers un projet familial : un gin inspiré du vignoble de Chablis, cette appellation viticole française réputée pour ses vins blancs secs, située dans le département de l'Yonne, en Bourgogne, à une heure et demie de Paris. Interrogée par Paris Match, Emma Watson, qui est née à Paris, revient sur cet héritage transmis par leur père, Christopher Watson, avocat tombé sous le charme de la région : “La vinification du chablis a fait partie de notre éducation. Ce fut notre premier point de contact avec le monde des boissons. Dès l'adolescence, nous en buvions de temps à autre pendant le dîner. En grandissant, nous allions et parfois travaillions dans les vignes.”
La jeune femme, que l'on a récemment vue main dans la main avec le prince William, ajoute : “Notre père a planté ses premières vignes à Chablis il y a plus de trente ans. Il n’a cessé de soutenir et de promouvoir la région, jusqu’à devenir l’un des vingt-trois piliers de la Confrérie chablisienne. Il fut le premier Britannique à obtenir cet honneur. Chablis fait partie de l’histoire de la famille, Alex a, lui aussi, intégré la Confrérie pour poursuivre l’œuvre familiale. Notre famille possède désormais sept parcelles réparties entre Chablis et Irancy, où nous produisons également un vin rouge. Vous pouvez nous y retrouver chaque année lors des fêtes du vin et pour l’assemblage. Chablis et ses habitants occupent une place importante dans l’identité de notre famille”.
Sur l'origine du nom du gin, elle laisse la parole à son frère : “Il s'agit simplement de l'abréviation de 'renaissance'. Faire re-naître les raisins après le processus de vinification en les transformant en quelque chose de beau et durable, voilà la base de notre gin”, explique Alex Watson.
Toujours à Paris Match, Alex Watson détaille la trame aromatique recherchée : “L'idée était d'être au plus près des caractéristiques aromatiques et gustatives des vins de Chablis : les notes agrumées de Renais renvoient à l'acidité de ce vin. Nous utilisons comme ingrédient le calcaire marin du Kimméridgien, issu du sous-sol de Chablis, nous l'enrichissons avec du sel gemme afin de reproduire la minéralité du vin.” Sur la fabrication, il précise : “Pour l'alcool de base, nous utilisons 100 % des rafles et des peaux des raisins de la production familiale, mais pas uniquement.” Quant à la dégustation, chacun a ses habitudes : Alex adore le déguster en dry martini, cela révèle parfaitement sa minéralité et sa pureté. Emma, elle, a créé son propre cocktail, l'Emma Spritz, à base de chablis et de sirop de fleurs de sureau.