La vie de château, le rêve. De nombreuses personnalités ont succombé à ce charme historique au fil des années. C'est le cas de Gérard Vivès, propriétaire d'un édifice dans la Nièvre qu'il propose désormais à la location, ou de Luc Besson, qui possède un bien d'exception du même acabit dans un minuscule village de l'Orne. Plus prestigieux encore, le roi du Maroc Mohammed VI détient un château classé au patrimoine ayant appartenu par le passé à la famille princière de Monaco. Pourtant, ce rêve n'est pas l'apanage des célébrités : un couple d'étrangers anonymes a lui aussi franchi le pas.
Lia Timson, journaliste pour le média australien The Age, et son mari Richard sont unis par les liens du mariage depuis 1992. Partageant une passion commune pour la réfection d'appartements, ils ont décidé de réinventer leur quotidien après la crise sanitaire de la Covid-19, séduits par une "attraction inopinée pour la France". Le couple a réussi l'exploit de s'offrir un château "pour le prix d’un studio" à Sydney. Il faut dire que le marché immobilier australien atteint des sommets : selon une étude de Domain Group, le prix médian du mètre carré à Sydney atteint plus de 5000 euros pour un appartement, s'approche des 2000 euros pour une maison avec terrain et dépasse les 15 000 euros dans les quartiers les plus prestigieux, rendant l'investissement dans l'Hexagone particulièrement compétitif. Dans un article repris par Courrier international, Lia Timson s'interroge avec humour sur la portée de leur projet : "Pouvez-vous imaginer à quel point c’est insensé de rénover une immense maison, probablement délabrée, à l’autre bout du monde tout en devant communiquer avec des inconnus dans une langue étrangère ?"
Leur coup de foudre s'est porté sur le château de La Roche-Joubert, situé à Saint-Pantaly-d’Excideuil, petit village de 160 habitants. Bien que la vente leur ait initialement échappé, le destin les a finalement rattrapés trois mois plus tard à la suite d'une transaction avortée : "Nous avions trouvé notre maison de cœur. C’était celle-ci ou rien." Depuis quatre ans, ils consacrent leur énergie à la restauration de l'édifice, commençant par la toiture avant de terminer récemment la cuisine et la buanderie. Leurs amis, venus leur rendre visite, participent activement aux travaux avant de profiter des traditions périgourdines. Pour la journaliste, ce projet audacieux représente leur "seconde vie". Elle conclut avec philosophie qu’une "expérience comme celle-ci se savoure, tout comme la culture locale, les marchés, les foires, les festivals" et les escapades à la découverte de ce "fascinant pays" qu'est la France.