Il a d’abord été qualifié de “professeur de tennis” lorsque l’on parlait de lui. De 1957 à 1981, Jean Balenci a été le chauffeur occasionnel de François Mitterrand et homme à tout faire de la famille. Ce dernier a également été l’amant de Danielle Mitterrand et, comme l’indique Paris Match ce jeudi 26 février, il vivait au domicile officiel de celui qui n’était pas encore président de la République. Le quotidien de Jean Balenci était bien chargé puisqu’il était chargé d’aller acheter les croissants et les journaux avant de prendre le petit-déjeuner avec tout le monde. Le média explique que, pendant vingt-quatre ans, Danielle Mitterrand et Jean Balenci ont eu une belle relation puisqu'il n’était pas seulement son amant mais aussi son confident. Une double vie assumée et que François Mitterrand a fini par accepter.
“Et pourtant, au début, François a été jaloux de Jean”, a confié Gilbert Mitterrand, alors âgé de huit ans lorsque Jean Balenci a fait son arrivée dans le quotidien des Mitterrand. S’il a fini par accepter cette situation, François Mitterrand était d’abord très peiné de voir que son épouse avait franchi le cap de l'infidélité. Avant que ce dernier ne rentre dans le domaine de la politique, il était l’homme dont Danielle Mitterrand avait toujours rêvé. Toutefois, la notoriété a commencé à prendre le dessus et le père de famille a compris que cela impacterait sa vie privée. “L'histoire entre Danielle et Jean, ce n'était ni une réaction ni une vengeance, mais c'était quand même une conséquence de ce qui s'était passé avant”, indique Gilbert Mitterrand, le cadet du couple.
C’est en 1957, au Bar Basque d’Hossegor, que Danielle Mitterrand croise le regard de Jean Balenci. Ce dernier, âgé de 19 ans, a treize ans de moins que l’épouse de l’ancien président. Une fois de retour à Paris, tous deux vont se retrouver aux Deux Magots et c'est à partir de ce moment-là que leur histoire va prendre un autre tournant. En 1959, peu après l’attentat de l'Observatoire, qui visait François Mitterrand et l’a donc fortement impacté, Jean Balenci prend la décision de s’installer au domicile familial. “Jean était comme un grand frère”, assure Gilbert Mitterrand qui ajoute qu’il n’était pas une figure paternelle pour autant.
C’est rue de Bièvre dans le 5ème arrondissement de Paris que les Mitterrand ont emménagé en 1973. La cohabitation était assez facile, comme l’a fait savoir Françoise Lafargue, l’épouse de Gilbert Mitterrand à l'époque. “C'était une maison à plusieurs étages”, explique-t-elle avant de poursuivre : “Il était donc très facile pour chacun d'avoir une vie intime. On se retrouvait dans la salle commune pour manger, mais ensuite, chacun repartait dans son logement.” Concernant la logistique, elle précise que “Jean avait son appartement, Danielle le sien, François et Jean-Christophe le leur.” Avec le recul, Gilbert Mitterrand se demande comment il a fait pour ne pas se poser davantage de questions avant. “Quand je parle de Jean, de ses relations avec François, des relations entre Danielle, François et Anne, je ne suis pas crédible”, a-t-il affirmé.
La relation entre Jean Balenci et Danielle Mitterrand a pris fin au fil des années. “Jean s’est éloigné, non pas parce que Danielle devenait la femme du président de la République, mais parce qu'il y avait du mou dans la corde depuis deux ou trois ans”, explique-t-il, évoquant des faits qui ont débuté en 1981. Toutefois, c’est en 1982 que cette histoire a réellement pris fin. Pour Françoise Lafargue, cela ne fait aucun doute que Danielle Mitterrand était très attachée à Jean Balenci. “A-t-elle pensé à lui aux dernières heures de sa vie ? On ne le saura jamais. Mais lui, au crépuscule de la sienne, on sait qu'il pense de temps en temps à elle”, a-t-elle déclaré. Une histoire qui a profondément marqué les deux protagonistes.
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