Il est des lendemains dont on espère qu’ils n’arriveront jamais. Vendredi 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans, le philosophe et sociologue, Edgar Morin est décédé. Cet "universaliste" comme aime le surnommer Charles Berling laisse derrière lui une œuvre immense, mais aussi une romance particulièrement forte avec son épouse, de 37 ans sa cadette, Sabah Abouessalam. Ensemble, ils partageaient leur vie, mais, également, leurs idées et leurs rêves. Ce duo de philosophes travaillait ensemble à l’écriture de nombreux ouvrages. Depuis plusieurs années, Sabah Abouessalam était devenu le double, l’âme soeur d’Edgar Morin. Elle le suivait dans tous ses déplacements. Une vie heureuse passée, dont elle parle dans une déclaration d’amour bouleversante publiée dans La Tribune du Dimanche, le 31 mai 2026.
C’est avec passion que celle qui a partagé la vie d’Edgar Morin est sortie du silence. Elle écrit : “Ils sont des êtres dont la présence dépasse le cercle intime de ceux qui les aiment ; des êtres qui, par leur pensée, leur regard sur le monde et leur humanité, laissent une trace durable dans la vie des autres. Edgar était de ceux-là”. De son histoire avec Edgar Morin, elle ne garde pas que l’histoire d’un mariage, mais le récit d’une vie. “Il n’était pas seulement un époux, un ami ou un compagnon de route, il était une voix qui parlait à l’humanité tout entière”, poursuit-elle.
La philosophe marocaine, née à en 1959, revient également sur leur vie commune, partagée entre Paris et le Maroc, où le couple passait régulièrement les hivers. “Pour moi, il restera avant tout l’homme avec qui j’ai partagé 17 ans de vie, de travail, de voyages, de projets et d’espérance”, écrit-elle encore.
Plus difficilement, Sabah Abouessalam raconte les dernières années du célèbre penseur : “Son corps s’affaiblissait peu à peu, mais son esprit demeurait libre, lumineux et tourné vers l’avenir”. Elle révèle également une phrase qu’Edgar Morin lui répétait lorsque les épreuves devenaient plus difficiles : “Sabah chérie, tu me sauves encore ?” Dans sa période de deuil, Sabah Abouessalam confesse : “Alors je me suis battue pour lui avec toute l’énergie que donne l’amour lorsqu’il devient une part de soi-même”.
“Jamais son désir de vivre ne s’est éteint”, confesse Sabah Abouessalam avec pudeur. Aujourd’hui, bien que son corps ne soit plus, Sabah Abouessalam assure que l’auteur du Paradigme perdu continuera à vivre à travers elle. “Sa pensée continue de résonner, ses paroles continuent de guider et son sourire demeure intact dans mon cœur”, écrit-elle encore. Avant de conclure : “Que chacun de nous, à sa manière, continue de faire vivre ce qu’il incarnait : la bonté, la sagesse et l’amour des autres.”
player2