EXCLU Sylvie Tellier se réinvente dans la mode trois ans après son départ de Miss France : “L’élégance n’est pas une question de prix…”
Publié le 28 mai 2026 à 17:53
Trois ans après avoir quitté la direction de Miss France, Sylvie Tellier s’est lancée dans une nouvelle aventure : la mode et l’entrepreneuriat. À l’occasion du lancement des sandales Tkees au Bon Marché Rive Gauche, dont elle pilote le développement en France, l’ancienne reine de beauté se confie à Ôde. Son rapport au style, les conseils mode hérités de sa mère, l’influence des Miss France sur son dressing, mais aussi ses doutes, son quotidien de mère de trois enfants : elle nous raconte tout, sans détour.
EXCLU Sylvie Tellier se réinvente dans la mode trois ans après son départ de Miss France : “L’élégance n’est pas une question de prix…”
Sylvie Tellier fête aujourd'hui son 49ème anniversaire.

Sylvie Tellier assiste au lancement de la marque de chaussures TKEES de Sylvie Tellier au Bon Marché à Paris, France. Photo par Jerome Domine/ABACAPRESS.COM Elle a été élue Miss France 2002, puis a dirigé le comité.

Sylvie Tellier lors de la soirée de présentation de Match TV, le 11 décembre 2001. Photo : Agence / Bestimage. Depuis 3 ans, elle a quitté la société miss France et s'est reconvertie dans l'entreprenariat.

Sylvie Tellier assiste au lancement de la marque de chaussures TKEES de Sylvie Tellier au Bon Marché à Paris, France, le 28 mai 2026. Photo par Jerome Domine/ABACAPRESS.COM Elle vient de lancer au Bon Marché Rive Gauche la marque de chaussure Tkees, en compagnie de Maeva Coucke et de Diane Leyre.

Diane Leyre, Sylvie Tellier et Maeva Coucke assistent au lancement de la marque de chaussures TKEES de Sylvie Tellier au Bon Marché à Paris, France, le 28 mai 2026. Photo by Jerome Domine/ABACAPRESS.COM L'occasion d'accorder une interview à Ôde et de nous parler mode...

Sylvie Tellier assiste au tapis rouge d'Armaga Navidad lors du 79ème Festival International du Film de Cannes à Cannes, France, le 19 mai 2026, le film sélectionné en Compétition Officielle. Photo by Laurent Zabulon/ABACAPRESS.COM

En ce jeudi 28 mai au matin, l’effervescence règne au deuxième étage du Bon Marché Rive Gauche, le célèbre grand magasin parisien. Sylvie Tellier, qui fête ce jour ses 49 ans, dévoile un corner consacré à Tkees, la marque de sandales américaine dont elle développe la distribution en France via Maison Tellier, sa plateforme mode.

Entourée de journalistes venus découvrir les différents modèles, mais aussi de deux anciennes reines de beauté, Diane Leyre et Maëva Coucke, celle qui fut sacrée en 2002 avant de prendre, quelques années plus tard, la tête de la Société Miss France enchaîne présentations, échanges et séances photo dans une ambiance chaleureuse.

Ôde n’aurait manqué ce rendez-vous pour rien au monde. L’occasion idéale d’évoquer avec Sylvie Tellier son rapport à la mode, sa nouvelle vie d’entrepreneure, mais aussi son quotidien de mère de trois enfants.

 

Ôde : Comment est née cette aventure autour de la mode et des chaussures ?

Sylvie Tellier : L’histoire, c’est qu’un jour, je suis avec mon mari à New York et j’ai très mal aux pieds. Vous savez qu’on marche énormément là-bas. Je passe devant une boutique de la marque américaine Tkees. Je rentre, je dis à mon mari que je vais acheter la première paire de chaussures plates ou de baskets que je trouve. Et là, je tombe sur une collaboration avec Nili Lotan. Je les mets à mes pieds et je me dis immédiatement : "Mais c’est hyper confortable, hyper moelleux."Mon mari (NDR Laurent Schenten) travaillait depuis des années au Printemps et connaissait le fondateur. Il nous a mis en relation et il m’a proposé de collaborer avec eux pour développer la marque en France. C’est comme ça que tout est né.

J’adorerais dire que c’est ma marque. J’adorerais en être propriétaire. Je serais très riche… mais ce n'est pas le cas ! (Rires.) En revanche, c’est une marque que j’adore vraiment. On l’a d’abord implantée dans le sud, chez Lulli sur la Toile ou encore chez Jacques Loup à Cannes. On a aussi créé des collections capsules avec de grands hôtels comme le Carlton à Cannes ou l’Eden Rock à Saint-Barth. Ils vendent les modèles aux couleurs de l’hôtel dans leurs boutiques. C’est une très jolie aventure.

Et puis il y a aussi un côté très symbolique pour moi : ma maman a vendu des chaussures toute sa vie. Je me suis récemment fait la réflexion que, quelque part, je faisais un peu le métier de ma mère.

 

Sylvie Tellier rend un hommage symbolique à sa propre maman

 

Vous l’aviez beaucoup vue travailler quand vous étiez enfant ?

Bien sûr ! Et je m’étais même dit que je ne ferais jamais ce métier. (Rires.) Elle travaillait dans un magasin de chaussures, elle passait ses journées debout, à monter et descendre les escaliers pour aller à la réserve… C’est un travail très physique. En plus, dans le commerce, on travaille du mardi au samedi. Je ne la voyais quasiment jamais le week-end.

J’ai quitté Miss France il y a trois ans avec l’envie de découvrir autre chose, d’entreprendre. Ça faisait longtemps que j’en avais besoin.

 

Maison Tellier, c’est justement cette nouvelle aventure ?

Oui. Maison Tellier, c’est mon concept store en ligne. Je distribue Tkees mais aussi plein d’autres marques que je découvre au fil de mes voyages ou de mes coups de cœur. Je contacte directement les fondateurs pour leur proposer une exclusivité française.

Le nom vient d’une blague de Laurent Ruquier dans Les Grosses Têtes. Il s’était moqué de moi en faisant référence à La Maison Tellier de Guy de Maupassant. Je ne connaissais pas cette nouvelle ! Quand j’ai compris qu’il s’agissait d’une maison close normande, j’ai immédiatement appelé ma mère en lui demandant si on avait un lien avec ça. (Rires.) Évidemment, pas du tout.

 

Vous aimez cet univers du vêtement depuis longtemps ?

Depuis toujours. J’ai grandi dans une famille monoparentale. Ma mère nous a élevées seule, avec mes deux sœurs. On n’avait pas énormément d’argent mais elle nous faisait tous nos vêtements. Elle cousait, elle tricotait… Je me souviens qu’on allait choisir les tissus au marché puis les patrons à la mercerie du coin ou dans le magazine Prima à l'époque.

Ma mère nous a transmis quelque chose de très important : on peut être élégante sans porter des milliers d’euros sur soi. Je vois parfois des femmes habillées entièrement en marques de luxe, mais avec des associations terribles. Et à l’inverse, une fille qui mélange des pièces Zara, La Redoute et quelques accessoires peut être incroyablement chic. L’élégance n’est pas une question de prix.

 

Les Miss France vous ont aussi influencée sur ce sujet ?

Énormément. Quand je suis arrivée à la direction de Miss France, j’étais beaucoup plus classique. Les Miss m’ont appris plein de choses. Je pense à Clémence Botino, Maëva Coucke ou Diane Leyre. Elles ont un œil incroyable sur les détails, les accessoires, les petites pièces qui modernisent une silhouette.

Elles m’ont aidée à faire le ménage dans ma garde-robe. (Rires.) Moi, j’ai un côté très intemporel, très classique. Elles m’ont appris comment être plus lookée.

 

Vous êtes aussi devenue un phénomène sur les réseaux avec vos vidéos mode…

C’est complètement fou. Je ne suis pas du tout une influenceuse ni une digital native. L’année dernière, j’ai commencé à faire des petits Get Ready With Me dans mon dressing. Je montrais juste comment associer des vêtements, comment accessoiriser une tenue avec deux ou trois pièces. La première vidéo a fait 4,5 millions de vues. Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’il y avait peut-être un vrai besoin. Beaucoup de femmes ont envie de conseils simples, accessibles.

"Pour sortir le chien, je prends parfois le premier truc qui traîne sur la chaise de ma chambre"




Vous pouvez sortir "mal habillée" dans la rue ?

Pour sortir le chien, oui, bien sûr. Comme tout le monde, je prends parfois le premier truc qui traîne sur la chaise de ma chambre. Mais je fais quand même attention. Vous ne me verrez jamais habillée en clown dehors.

Pas maquillée, oui, très souvent. Mais ça ne veut pas dire négligée. Si votre peau est bien hydratée, vos cheveux propres, vous pouvez être très jolie naturellement. Aujourd’hui, on appelle ça la tendance "clean girl", je crois.

 

Vous avez récemment expliquer manquer de confiance en vous. C'est surprenant...

Oui, mais c’est vrai. Quand vous venez d’un concours de beauté et que vous êtes exposée publiquement, surtout à l’époque des réseaux sociaux, vous recevez énormément de critiques. Pourtant, je suis quelqu’un d’assez solide. Je lis les commentaires en me disant que ce n’est pas grave… mais à force d’entendre cinquante fois par jour que vous avez des yeux trop grands ou qu’on vous compare à E.T., ça finit forcément par vous toucher.

Je crois que ce qui compte, ce n’est pas forcément d’avoir confiance en soi. C’est que les autres pensent que vous avez confiance en vous.

 

Comment on fait semblant ?

Je joue un rôle. Je pense qu’on joue tous un rôle dans la vie professionnelle. Aux Grosses Têtes aussi, je joue un rôle. Mais ça m’a beaucoup aidée. Le matin, je me lève et je me répète : "Ça va bien se passer, tu vas y arriver." Même si, au fond de moi, il y a toujours cette petite voix qui dit : "Tu ne seras pas à la hauteur." Il faut lui tordre le cou.

J’ai un côté très américain là-dessus. Si vous me dites que quelque chose est impossible, je vais essayer quand même. Si la porte est fermée, je passerai par la fenêtre. Je ne m’avoue jamais vaincue.

 

"Je suis en plein dans l’adolescence de mes enfants, je trouve cette génération très perdue"

 

Il y a des moments où cet optimisme vacille ?

Oui. Quand ma meilleure amie est morte d’un cancer il y a deux ans. J’étais persuadée qu’on allait s’en sortir. J’arrivais dans sa chambre en lui disant : "On va lui tordre le cou à ce cancer." Et elle est partie quinze jours plus tard.

Là, je me suis dit : "Waouh… malgré toute ma volonté, je n’ai pas réussi."

C’est aussi pour ça que j’ai créé l’association Les Bonnes Fées avec plusieurs anciennes Miss France. On ouvre des maisons dans les centres de cancérologie pour proposer des soins complémentaires aux femmes en chimiothérapie. On essaie d’apporter un peu de douceur.

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Et aujourd’hui, votre plus grande inquiétude ?

Mes enfants. J’en ai trois, de 16, 12 et bientôt 8 ans. Je suis en plein dans l’adolescence et je trouve cette génération très perdue. Le Covid a laissé des traces énormes. Je me retrouve face à des ados qui me demandent : "À quoi ça sert de travailler ? À quoi ça sert de gagner de l’argent si le monde va mal ?"

Parfois, je ne sais pas quoi répondre. Je suis aussi perdue qu’eux. On vit dans une époque d’insécurité permanente : politique, climatique, économique… C’est très anxiogène. J’ai rencontré récemment des jeunes qui me disaient que leur rêve n’était plus d’acheter une maison mais de financer un bunker autonome énergétiquement. Ça m’a sidérée. 

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Par Lucie Gosselin | Rédactrice
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