Après avoir tourné la page de la télévision, Alessandra Sublet poursuit une nouvelle aventure, cette fois-ci dans l’écriture. L’ancienne figure emblématique de M6 puis de France Télévisions, qui a quitté les plateaux en 2022, multiplie désormais les projets personnels. Après la publication de son livre Toi que je n’attendais plus, consacré à son histoire d’amour avec son troisième mari, elle revient aujourd’hui avec un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la famille recomposée.
Sa première bande dessinée, Trois + Deux = Fiiiiive, publiée chez Dargaud, plonge les lecteurs dans le quotidien d’une tribu qui tente de trouver son équilibre après la rencontre de deux parents accompagnés de leurs enfants respectifs. Un thème qui n’a rien d’anodin pour Alessandra Sublet. Maman de Charlie et Alphonse, nés de son union avec le producteur Clément Miserez, elle est également devenue la belle-mère des enfants de son compagnon actuel. Un rôle qu’elle reconnaît avoir abordé avec beaucoup d’appréhension. Invitée dans plusieurs médias lors de la promotion de sa BD, elle n’a pas caché les nombreuses questions qui l’ont traversée au moment de reconstruire sa vie sentimentale.
"Je vais être honnête avec vous, j’avais très peur après mon deuxième divorce (...) de me dire : 'Cette fois-ci, tu as l’âge où tu vas rencontrer quelqu’un qui va avoir des enfants'. Forcément, ça me paraît logique", a-t-elle expliqué lors d’une interview sur C à vous. À travers sa bande dessinée, Alessandra Sublet cherche justement à mettre des mots sur ces émotions souvent passées sous silence. Car derrière les belles photos de familles recomposées se cachent parfois des périodes d’adaptation longues, complexes et parfois même douloureuses pour certains. Elle insiste notamment sur le regard des enfants, souvent oubliés dans les récits d’adultes. Ces derniers doivent eux aussi apprivoiser une nouvelle réalité familiale, avec leurs propres peurs et leurs propres questionnements.
C’est auprès du média Psychologies qu’Alessandra Sublet est revenue sur une idée essentielle : il n’existe pas de mode d’emploi universel pour réussir une famille recomposée. "Il y a plus d’un million de familles recomposées officiellement en France aujourd’hui, moi je pense qu’on est beaucoup plus nombreux", souligne-t-elle. Pour elle, le sujet mérite d’être davantage représenté dans la littérature jeunesse et les ouvrages destinés aux familles. Car malgré l’évolution des modèles familiaux, beaucoup de parents continuent à avancer seuls face à ces problématiques. "Je n’ai aucune recette magique. Ce que je sais c’est que l’amour est fondateur", explique-t-elle.
Mais cet amour ne suffit pas toujours. Il faut également accepter le rythme des enfants, leurs résistances et parfois leurs rejets. Dans sa bande dessinée, le personnage de Leïla illustre justement ces difficultés. Cette mère de famille tente de créer une harmonie avec les deux filles de son compagnon, mais se heurte rapidement aux réalités du quotidien. "Elle tombe face à une ado qui, pardonnez-moi, qui l’envoie vraiment chier", raconte Alessandra Sublet avec humour. Derrière cette scène volontairement légère se cache pourtant une réalité vécue par de nombreux beaux-parents dont elle-même comme elle le confie. Trouver sa place sans empiéter sur celle du parent biologique reste souvent un exercice délicat. "Tu ne peux pas avoir l’autorité d’une mère et il faut que tu composes avec ce truc qui est totalement nouveau."
L’ancienne animatrice insiste également sur l’importance de laisser du temps aux enfants. Selon elle, vouloir imposer trop rapidement une nouvelle harmonie familiale peut parfois produire l’effet inverse. "Les enfants ont aussi leur temps de digestion”, affirme-t-elle. Son objectif n’est pas de présenter une famille idéale, mais plutôt de montrer que les difficultés sont normales et partagées par beaucoup d’autres. "Les enfants ont le droit d’émettre un avis, un jugement et d’essayer de trouver après une certaine harmonie." Et si elle ne prétend pas apporter toutes les réponses, elle espère au moins ouvrir le dialogue. "Cette normalité-là, elle doit transpirer. C’est la raison pour laquelle je fais cette BD aussi, que les parents trouvent des réponses et que les enfants en aient aussi."
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