Révélé au grand public en 2020 lors de sa participation à Koh-Lanta sur TF1, Mathieu Blanchard s'illustre aujourd'hui au sommet de l'ultra-trail mondial. Cette discipline de l'extrême consiste à courir en milieu naturel, souvent sur des terrains montagneux et escarpés, sur des distances qui dépassent largement les 42 kilomètres d'un marathon classique. À 38 ans, le sportif s'est longuement confié sur sa préparation et son hygiène de vie dans une interview accordée au quotidien Le Parisien vendredi 5 juin. Il y revient notamment sur sa découverte de la course en nature, initiée par une volonté de retrouver la forme ."C’est comme ça que tout a commencé : quatre ans après m’être mis à la course sur route, en 2014, afin de reprendre ma santé en main, j’ai découvert le trail, plus puissant, parce qu’il allie aventure et gestion du ravitaillement. Un vrai coup de foudre", explique-t-il au journal.
Pour maintenir un tel niveau de performance et d'endurance, l'ex-aventurier suit une discipline stricte dès le réveil. Admettant au Parisien qu'il se sent parfois "un peu rouillé" le matin, il précise : "Je commence ma journée par une petite heure d'activation musculaire, en m'étirant sur un tapis de yoga, dans mon salon. Cette séance a lieu au saut du lit, et avant mon petit déjeuner, car mes exercices de vacuum [...] me font rentrer le ventre sous les côtes." Cette préparation physique est complétée par une pratique régulière de l'apnée et de respirations géométriques. Ces techniques "sur trois temps, ou carrées, sur quatre [...] permettent de ralentir le rythme cardiaque, m'apaisent et m'aident à me concentrer".
Ce besoin vital d'évoluer en extérieur a logiquement dicté son lieu de résidence. Ancien ingénieur ayant vécu une dizaine d'années à Montréal — une ville pour laquelle il confie être "très attaché" —, Mathieu Blanchard a fait le choix de s'installer il y a deux ans dans la station iséroise des Deux Alpes. Ce camp de base lui permet de pratiquer le ski, le vélo et l'alpinisme au quotidien. Grand amateur de bivouac depuis l'enfance, il affirme au quotidien francilien : "Rien ne me rend plus heureux que l'aventure. Elle fait tomber les masques que l'on porte tous les jours, au boulot, entre amis, en famille...". Cette mentalité, héritée de parents "grands voyageurs", le pousse aujourd'hui à fuir "les lieux à voir absolument et à poster sur Instagram" au profit d'une quête constante d'"authenticité".
Son appétence pour les défis extrêmes est d'ailleurs au cœur du documentaire L'Appel du silence, qui retrace sa redoutable progression de 650 kilomètres dans le Grand Nord canadien lors de la Yukon Arctic Ultra. Ce film sera projeté le 7 juin prochain au Théâtre de la Tour-Eiffel à Paris, dans le cadre de l'événement des Nuits polaires. Lors de ces épreuves interminables, Mathieu Blanchard explique s'isoler grâce à ses écouteurs : "La musique m'aide à entrer dans une sorte d'introspection pendant mes sorties, quand j'ai besoin de créer, de réfléchir", rythmant ses foulées aux sons de Kygo, Paul Kalkbrenner ou encore Worakls (qui signe la bande originale de son film). Enfin, pour nourrir son esprit, le champion écoute régulièrement des podcasts sur l'histoire ou la finance, confiant au Parisien : "J'aime en écouter pour me cultiver et me divertir".
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