Sur le plateau de C à vous, l’émotion était palpable après l’interprétation du dernier morceau de Lio en direct. Face à Mohammed Bouhafsi, Lio est apparue à la fois fragile, souriante et profondément touchante. Venue parler de son actualité musicale et de son album Geoid Party in the Sky, la chanteuse belge a finalement ouvert une porte beaucoup plus émouvante, celle du deuil de son fils Diego.
Plus d’un an après sa disparition survenue en mars 2025, l’artiste continue de composer avec cette absence. Et même si elle tente de garder le sourire, certains mots semblent encore difficiles à prononcer. Sur le plateau, on sent très vite que chaque question autour de cet album réveille quelque chose de profond et de difficile à surmonter. Lorsque Mohammed Bouhafsi lui rappelle que ce disque a pu voir le jour grâce au soutien de son public après une campagne de financement participatif bouclée en seulement neuf jours, Lio répond avec beaucoup de gratitude. "Je n’ai jamais manqué d’amour, ça, il faut vraiment que les gens le sachent", insiste-t-elle d’abord.
"J’ai pris des coups, ça a été dur, c’est dur, mais de l’amour il y en a partout, j’en reçois des tonnes, des tonnes", poursuit-elle avec émotion. Derrière le sourire de façade, on devine pourtant une douleur encore très présente. Car cet album n’est pas un projet comme les autres pour cette maman. Geoid Party in the Sky est profondément lié à Diego. Même son titre cache un hommage bouleversant. "Geoid est l’anagramme de Diego", explique-t-elle doucement avant d’ajouter : "Et c’est aussi la terre en forme de patate… il adorait l’espace et il est parti in the sky j’espère." Alors que Mohammed Bouhafsi remarque immédiatement son émotion, il lui demande pourquoi chanter reste un moment aussi particulier pour elle aujourd’hui.
Avec un léger rire, Lio tente d’abord de désamorcer la situation. "Pas que je chante le Banana Split", plaisante-t-elle avant de reprendre son sérieux presque immédiatement. "Vous savez, c’est il y a pas longtemps Diego… Diego est là", souffle-t-elle. Elle poursuit ensuite avec beaucoup de douceur : "Cette chanson elle est beaucoup pour lui et je suis très heureuse de ça d’ailleurs." Mais ce qui est encore plus bouleversant c’est que l’artiste refuse d’associer systématiquement les larmes au malheur. "Ce n’est pas parce que je suis émue que je suis malheureuse", tient-elle d’ailleurs à préciser immédiatement.
"Je suis triste parce qu’il me manque, mais je suis heureuse", ajoute-t-elle ensuite. Une façon élégante de résumer l’état d’esprit dans lequel elle se trouve aujourd’hui. Elle apprend à continuer à vivre avec le manque, sans pour autant cesser de célébrer son fils. Et Diego n’a pas seulement inspiré cet album, il y a aussi participé concrètement. Lio révèle notamment que la constellation visible sur la pochette du disque a été dessinée par lui. Là encore, sa voix se brise légèrement lorsqu’elle raconte le processus créatif de son fils. "Il est parti d’une madone et puis il a tout bougé, voilà…", explique-t-elle avec tendresse.
Malgré les épreuves, Lio continue d’avancer avec cette sensibilité à fleur de peau qui la caractérise depuis toujours. Longtemps perçue uniquement à travers ses tubes des années 1980 comme Banana Split, la chanteuse semble aujourd’hui toucher une nouvelle génération pour des raisons bien différentes. Elle évoque d’ailleurs avec beaucoup de simplicité sa vision de l’humain et de la bienveillance. "La conscience c’est universel, et la conscience nous dit qu’on doit s’aimer", affirme-t-elle avant de poursuivre : "Notre grandeur c’est de nous aimer." Puis elle ajoute une phrase qui semble résumer toute sa philosophie de vie actuelle : "Et ce n’est pas vrai trop bon trop con, on est jamais trop bon, trop con."
player2
player2
player2
player2
player2
player2