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Quand Pascal Nègre raconte les dessous du mythe Johnny Hallyday !

Dans Sans contrefaçon, un livre écrit en collaboration avec Bertrand Dicale, Pascal Nègre revient sur son parcours dans l'industrie musicale. Il commence attaché de presse et prend, en 1994, la direction du label Mercury, puis d'Universal. Son grand défi quand il arrive chez Mercury, c'est redresser la carrière d'un certain Johnny Hallyday.

(R)Allumer le feu !

Le chanteur vient d'enregistrer, en anglais, Rough Town dans une tentative de se faire connaître à l'étranger. Malgré ses 400 000 exemplaires vendus, c'est un échec à l'international. Retour en France avec l'enregistrement de Lorada avec Jean-Jacques Goldman, qui s'écoule à 500 000 exemplaires. Pour apporter "une étincelle, un événement à la dimension de son mythe", comme l'écrit Pascal Nègre, l'idée est lancée du concert à Las Vegas en novembre 1996. Jean-Claude Camus, le producteur de Johnny, monte une formidable opération qui se soldera par un échec : le chanteur est fatigué, le répertoire de Las Vegas ne convient pas, le public est épuisé, la mayonnaise ne prend pas et les retombées médiatiques seront catastrophiques. L'idée était pourtant alléchante.

Le salut viendra d'une chanson, Savoir aimer, écrite par Pascal Obispo pour Florent Pagny : "Je réalise alors qu'Obispo est capable d'écrire pour des gens qui ne lui ressemblent pas." Nègre suggère alors Obispo à Johnny Hallyday, l'idée fera son chemin. Johnny suggère une chanson sur la scène, qui parle du feu. Obispo compose et Zazie écrit les paroles d'Allumer le feu.

L'album sort en 1998, porté par le buzz énorme d'une interview vérité de Johnny dans Le Monde. Nègre reconnaît que cette idée est de Johnny et qu'elle est du tonnerre ! Il y évoque sans détour sa carrière, ses excès, la drogue. "Les retombées son inimaginables, se souvient Nègre. Tous les journaux et toutes les radios reprennent l'interview (...) On dépasse de loin l'impact d'un article de sortie d'album, ce qui est l'idéal." Côté chiffres, l'album dépasse les 750 000 exemplaires, c'est alors que se joue l'incroyable tragédie du premier Stade de France de Johnny.

Johnny plus fort que jamais

Nous sommes le 4 septembre 1998, tout le monde a les yeux rivés vers ce stade où Johnny doit se produire avec orchestre, choristes, feu d'artifice et effets spéciaux. La pluie vient gâcher la fête. Pascal Nègre a vécu la crise de l'intérieur : "Après Las Vegas, Johnny ne peut se permettre de gâcher son grand retour en renonçant à une bonne partie des effets spéciaux et des surprises du spectacle." Jean-Claude Camus vit le pire soir de sa vie de producteur, monte sur la scène et annule : "C'est la mort dans l'âme..." On connaît ces images terribles. Camus s'écroulera en larmes dans les bras de Pascal Nègre, Johnny est parti dès qu'il a compris que jouer ce soir-là... mission impossible. Le lendemain, il ne pleut pas et Johnny offre un spectacle exceptionnel. Ce soir-là, "il ressuscite", écrit Pascal Nègre.

Les années suivantes, Johnny poursuit sa carrière selon la stratégie mise en place avec Pascal Nègre : "Universal ne gagne pas énormément sur les albums en studio de Johnny Hallyday, mais ses concerts constituent une bonne affaire. (...) La politique de la maison repose sur une tournée par album studio et un album live par tournée."

La suite de l'aventure, c'est l'album Sans pour sang composé par David Hallyday, qui s'écoule à 1,7 million d'exemplaires, du jamais vu pour Johnny. Pour remercier les fans, l'idée est lancée d'un concert gratuit : "Énorme succès. Mais la gratuité est toujours financée par quelqu'un. En l'occurrence, ce sera la mairie de Paris et Universal (...) Cependant, en termes d'image, c'est le moment où il devient intouchable. Français moyens, intellectuels, jeunes, vieux, droite, gauche, tout le monde revendique avoir en lui quelque chose de Johnny." Le mythe est de nouveau sur pied, plus puissant que jamais.

Du sang neuf...

L'autre grand chantier de Pascal Nègre, c'est l'éternelle jeunesse de Johnny Hallyday. Après David, Johnny travaille avec Gérald de Palmas, dont l'album Marcher dans le sable vient de sortir. Quand le disque de Johnny sortira, celui de De Palmas aura dépassé le million et demi : "L'idéal étant de dénicher des artistes qui ne sont pas encore installés quand ils commencent à écrire pour lui (...) A contrario, pour son album Ça ne finira jamais en 2008, Christophe Maé arrive trop tard dans son univers : la première vague Maé est passée, le public a l'impression que Johnny a découvert l'artiste après lui, ce qui peut accréditer l'idée qu'il est suiviste." Ce qui est faux. Pascal Nègre n'en est pas responsable. Depuis 2006, Johnny Hallyday n'est plus chez Universal, mais chez Warner.

Pour rajeunir la star, Pascal Nègre utilise la Star Academy. En 2002, les élèves travaillent pendant une semaine le tube Marie composé par De Palmas : "La chanson touche tout un public auquel Johnny n'a plus accès directement depuis des années : les moins de 18 ans (...) Nous ne rêvions pas d'un tel triomphe pour Marie. Ce succès illustre bien la nature de mon travail avec le chanteur : je veux lui apporter un public différent. C'est l'enjeu de la fameuse interview dans le Monde, c'est la raison pour laquelle je fais appel à des artistes sur le point d'éclater, c'est pourquoi j'insiste pour qu'il joue le jeu avec les gamins de la Star Ac' (...) À la Star Ac', il est le seul artiste (non Pascal, ce n'est pas le seul..., NDLR) à passer en faux direct, pour que les duos soient parfaits et pour ne laisser passer aucun plan ni aucune phrase qui pourrait nuire à son image."

Ah que coucou II

Pour Pascal Nègre, "que" restaurer l'image du Taulier n'a pas été de tout repos. En 1994, c'est l'époque de la boîte à coucou et des "ah que..." aux Guignols de l'info. Tout ça à cause d'une publicité pour le café Legal. De fait, Pascal Nègre décide de protéger au mieux l'image du chanteur. Son créneau : "J'obtiens qu'aucune association de l'image de Johnny avec une marque n'entre en interférence avec sa promotion télé pour ses albums. Je concède quelques campagnes pour des parfums, pendant les périodes creuses ou les tournées. On ne peut pas voir le clip de Marie en rotation en même temps qu'une campagne pour un produit de consommation le plus ordinaire."

En 2003 débarquent les premières campagnes Optic 2000 négociées dans le dos d'Universal. En 2004, le chanteur annonce son envie de démissionner alors qu'il vient de signer pour six albums avec Universal. Il n'en livrera qu'un - Ma vérité, en 2005 - et entamera une âpre bataille juridique pour récupérer ses masters. La justice tranchera en sa défaveur en décembre 2006.

Avec Warner, Johnny enregistre Le Coeur d'un homme et ne remporte pas le succès escompté. Pascal Nègre observe qu'à "aucun moment de sa carrière, Johnny n'aura vendu autant de disques" qu'avec lui. Le président d'Universal remarque tristement que Johnny a perdu de son aura ces dernières années. La faute aux campagnes Optic 2000 : "Lorsque Johnny chante le slogan 'oh Optic 2000', il se met au service d'une marque. Non seulement il désacralise sa voix, mais aussi son propre répertoire en revisitant une chanson classique pour chaque nouveau spot." Dernière victime, Retiens la nuit, dans un spot dont Laeticia est la vedette. "Le problème, c'est que désormais, dans les talk-shows, il y a toujours un comique pour chanter 'oh Optic 2000' quand on évoque Johnny. C'est l'effet boîte à coucou qui revient. Soit Hallyday n'en est pas conscient et c'est dommage. Soit il le sait et j'espère qu'il touche une fortune."

Après de graves problèmes de santé, Johnny Hallyday s'apprête à revenir, avec un nouveau producteur, Gilbert Coullier, et un nouvel album. Pour ce disque, il s'est entouré d'un jeune installé, Matthieu Chedid, et d'un jeune qui fait bien son trou, Yodelice.

De son côté, Pascal Nègre avoue dans Paris Match : "Fondamentalement, je n'ai toujours pas compris pourquoi il est parti [d'Universal, ndlr]. Mais il fait les choix qu'il veut, il est majeur après tout."

Tout au long de ce chapitre sur Le Taulier, on sent une vraie tendresse pour l'artiste, pour l'homme de la part de Pascal Nègre. D'ailleurs, il expliquera que la décision de Johnny de quitter Universal, ce n'est pas vraiment la sienne, mais celle d'avocats ou de comptables dans l'entourage de l'idole, qui l'ont mal conseillé.

Sans contrefaçon, de Pascal Nègre, avec la collaboration de Bertrand Dicale, éd.Fayard, 290 p., 19,90 €.

 

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